lddsm_room_159.jpg Cinq titres hyper-énergiques, stoner rock bluesy, nerveux et incisifs, c'est tout ce qu'il faut aux Los Disidentes del Sucio Motel pour mettre sur les rotules tout bon amateur de rock aux influences stoner et relents punk qui se respecte. Car, LDDSM, ça envoie du riff en pleine face, ça déverse sa rage sans le moindre complexe et ça se paie une bonne tranche de rock pur et dur à foutre dans les enceintes. Une rythmique et un riffing qui évoquera les QOTSA période Songs for the deaf, quelques hurlements rageurs, et un résultat sévèrement burné, entre stoner acéré et metal crasseux, "Run or die" est à l'image de son titre. Brûlant, speedé et sans concession. Idéal pour tailler la route dans une ambiance 70's accompagné de quelques de riffs de gratte carrément incandescents. Des basses qui vrombissent, une énergie salvatrice et quelques mélodies stoner grunge, lancés à pleine allure à travers le désert américain, Los Disidentes del Sucio Motel n'inventent pas grand chose, marchent même sur quelques plate-bandes, mais le résultat est ultra-efficace et furieusement jouissif.
D'une part parce que c'est foutrement bien gaulé et d'autre part parce que si le groupe ne révolutionne pas le genre, il a su prendre l'essence de ce qui faisait sa force pour la réacommoder à sa sauce. Et celle-ci est plutôt épicée façon Eagles of Death Metal en ce qui concerne le combo strasbourgeois ("Ride with the devil"). Troisième titre de ce premier EP, "Lea" évoque une douloureuse déception amoureuse en forçant un peu trop le trait. Après cette légère sortie de route, Los Disidentes del Sucio Motel reprennent du poil de la bête avec un "Drinking whiskey" qui rentre directement dans le lard façon Clutch mais qui se termine assez curieusement comme une ballade power rock désenchantée. Curieux mais plutôt sympathique, le groupe se gardant bien de plagier ses modèles pour au contraire se faire une toute petite place au milieu de ses prestigieuses références. Complètement en roue libre, le groupe se permet quelques incartades fortement alcoolisées mais parvient toujours à éviter la collision in extremis. L'ombre des déconnards Eagles of Death Metal pilotés par l'inénarrable duo Jesse Hughes/ Josh Homme qui plane sur le projet LDDSM sans aucun doute. Le tout avec un petit zeste de Fu Manchu sous acide... le groupe a bien bossé ses gammes et nous offrent en guise de final un "Dirty love" qui nous termine la bouteille de whisky au goulot cul sec s'il vous plaît pour se conclure sur une "private joke" dont les Queens of the Stone Age ont le secret. Classe, primaire et décérébré, donc furieusement cool.