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L'histoire de Loading Data débute en 1999 sous l'impulsion de Lo (chant, guitare) qui enregistre un premier essai qui a pour nom Four-track junction, avec à ses côtés, Mr.Stuf et Scot 76 aux postes de batteur et bassiste. Rapidement, le groupe se fait un petit nom sur la scène stoner/rock hexagonale encore balbutiante et sort un EP puis un split avec leurs compatriotes de Low Vibes. En 2002, Loading Data franchi un premier cap en signant avec United Musics Company (Dead Kennedys, Fu Manchu, The Desert Sessions), chez qui les français sortent Frenchman Nevada, leur premier full length. Lo part s'installer aux Etats-Unis et le groupe se sépare pour se "reformer" un peu plus tard avec un nouveau line-up, Adam Keller (batterie) et Mike Shaw (basse) intégrant le désormais trio franco-américain. Sous cette forme, Loading Data sort un deuxième album en 2004 (Disco), avant que Lo retourne en métropole. Désormais, le groupe disposera de deux formations, l'une aux Etats-Unis, l'autre en France où Lo se voit rejoint par deux nouveaux zikos : Pascal Paco et Guiome " Nakat " Ambrosio. En 2006, Loading Data enregistre sous cette forme un nouvel opus, mais le groupe peine à trouver un label. Finalement, début 2007, il signe chez Oui Oui Records, petite structure... argentine qui produit notamment Los Natas et qui distribue donc Rodeo ghettoblaster, le troisième effort des Loading Data.

Loading Data / Chronique LP > Double disco animal style

Loading Data - Double disco animal style Il est enfin là, ce deuxième album de Loading Data, presque six ans après l'excellentissime Rodeo ghettoblaster et pas mal de temps libre, remise en question mais aussi de travail sur une série de compositions explorant les racines d'un stoner-rock pur et dur. Produit par Alan Johannes (Millionaire, Queens of the Stone Age, Them Crooked Vultures...) avec une brouette de guests de luxe dont Adam Keller (Rock City Angels), Hoss Wright (Mondo Generator) ou Nick Oliveri (ex-Kyuss, ex-QOTSA, Mondo Generator, Vista Chino...) et un titre qui à l'image de son morceau inaugural transpire la coolitude : Double disco animal style.

Et dès les premières secondes, les enchaînements sont monstrueux. Et le groove tout aussi mortel, appuyé par des riffs renvoyant à ce que cette scène stoner sait envoyer de mieux dans les écoutilles (Queens of the Stone Age en tête avec une énorme pancarte de référence majeure). "Give that rat a name" et son feeling outrageusement rock, "Teeth and tongue" et son entrée en matière aussi orgasmique que chaloupée, le timbre de voix toujours aussi ténébreux, font des ravages. Tout comme ces petites fantaisies un peu psychées surtout bien hallucinées ("Butterfly shelf", "Round and round") qui viennent magistralement parsemer un album qui transcende le genre qu'il explore ("So high"). Un rock volubile et robotique, des textures typiquement boogie-rock hypnotiques et enfumées nappé de quelques fulgurances hargneuses ("Hanging low"), Loading Data fait du Loading Data et en cela, il est presque une exception au sein de la scène frenchy.

Mais Double disco animal style, sorti chez Deadlight Entertainment (Los Disidentes del Sucio Motel) et A Quick One Records n'est pas que cela. Pas uniquement un album de stoner sous influence (on n'oublie pas que le groupe est quasiment l'un des pionniers du genre dans l'hexagone) mais un vrai disque de rock protéiforme et organique de haute volée ("Mezzoven", "I'm not Gonna Take it") qui, malgré quelques pistes un tantinet répétitives ("Gift", "Alright" pâtissent parfois de cette identité très forte qui peut paradoxalement peiner à se métamorphoser d'elle-même pour évoluer au fil des titres) s'offre quelques moments de bravoure rock de premier choix. Et même quelques virtuosités fantasques absolument exquises ("Midnight situation", "On my heart"). Tant pis si l'attente aura été longue... il fallait au moins cela aux Loading Data pour revenir plus en forme (créative) que jamais. Ou quasi.

Loading Data / Chronique LP > Rodeo ghettoblaster

loading_data_rodeo_ghettoblaster.jpg Il est enfin là ce nouveau Loading Data, un disque que les franco-américains auront pris le temps de confectionner dans leur coin avant de rencontrer mille embûches pour le sortir. Et après moult atermoiements, c'est via un label argentin, celui des excellents Los Natas que Rodeo ghettoblaster a vu le jour au second semestre 2007. "Alarm me" met la plaque sur orbite : guitares puissantes, saturation gorgées en éléctricité, rythmique métronomique, Lo et sa troupe nous déversent dans les esgourdes un condensé de pur stoner rock robotique et caniculaire. Le résultat est à la fois dynamique, mélodique et incisif, si bien qu'on adhère sans le moindre effort. Efficace et racé. Le groupe cite en vrac Kyuss, Soundgarden, Motörhead, Danko Jones ou Alice in Chains dans ses influences, on retrouve effectivement un peu de tout ça dans le cocktail à haute teneur éthylique que nous sert Loading Data. Les Queens of the Stone Age période Rated R également sur l'imposant et entêtant "Do it on the beach". Un riffing monstrueux pour un tube absolu, un groove qui claque dans les enceintes et une mélodie qui crame le tout avec un plaisir évident, Rodeo ghettoblaster et son artwork sexy, on l'aura attendu longtemps mais rien à redire, ça en valait largement la peine.
Parce que le groupe fait parler décibels et ambiances caniculaires ("Daddy'o", "Circus blues"), qu'il varie les styles, passant allègrement du rock métallique et abrasif à un stoner bluesy plus bourdonnant, dominant le tout de quelques fulgurances punk dégénérées qui donnent plus de corps à l'ensemble ("Nakat's drive-in"). "Name it", titre taillé dans le rock de Clutch avec ce groove toujours pesant impressionne, Loading Data livre un morceau compact, mid-tempo, lancinant et heavy qui dépoussière sauvagement les cages à miel. Les franco-américains pourraient jouer la facilité en jouant sur ses qualités intrinsèques mais au lieu de ça, se plaît à changer son fusil d'épaule en aiguisant ses riffs au sons de balles de différent calibre. En variant les genres, le combo passe ainsi d'un rock lourd, spatial et robotique à un stoner alternatif branché sur 10 000 volts, bondissant et aéré comme il se doit. Lascif, hargneux et psychotique : une véritable tuerie. Les influences des QOTSA, des Eagles of Death Metal ou encore Superbutt et Turbonegro reviennent pointer le bout du museau sur le très décalé "Rondo a la Amerikana" ou sur le furieux et narcotique "Cure me". Décidément le groupe a plus d'une corde à son arc et le démontre sur le Kyussien "Dreadlock doll" et ses guitares qui tronçonnent à tout va ou la sympathique version espagnole du terrible "Alarm me". La classe...