La Blanche : Disque d'or Mais qu'est-ce que fabricote La Blanche ? De l'électro-folk ? De la chanson réaliste ? Du rock binaire ponctué de tendres éclaircies ? A vrai dire, Disque d'or est un peu tout cela à la fois. La Blanche manie de diverses manières l'approche d'un chant exclusivement en langue française, quitte à déconcerter l'auditoire.
Si un petit coté "Debout Sur Le Zinc / Les Hurlements D'Léo crew" se dégage des parties à cordes veloutées, l'assemblage du violoncelle avec des rythmes syncopés provoque un curieux effet. Curieux mais original et kitsch, aussi, il faut le dire. Malheureusement, parfois, la recette est faiblarde, comme sur "Adélaïde", où les textes ne viennent pas vraiment au secours des instrus. Mais d'autres titres font oublier ce passage à vide de mi-parcours. Dans cette même approche de chant servi sur du "boum-boum-violoncelle à guitares", on notera le Miossecien "Alcoolique" ou "Tout est parfait", deux titres électriques de bout en bout.
Le groupe prend une option plus posée, entre chanson et folk sur "Le bocal" (qui ouvre l'album), "La mienne" dont Pierre Perret aurait été fier d'accoucher ou "La croisée" qui fait figure d'épopée en clôturant l'album durant 7 minutes. "Le martien à grosse tête", disjoncté, s'emballe un peu plus, tout comme "La mort à Johnny", morceau futuriste, anticipant la disparition de Johnny Hallyday et décrivant avec justesse l'ambiance qui règnera ce jour-là. A contrario, un brin de nostalgie s'échappe du très soigné "Allongé dans un pré en automne".
Maniant textes drôles ou plus noirs, livrés avec leur lot de rimes bien emballées, chantés sur un assemblage original d'instruments, La Blanche s'offre le luxe d'obtenir "un disque d'or une fois dans leur vie" (dixit la bio officielle) en osant franchir des clivages tout en se constituant une propre identité.