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Rock
La Phaze
Biographie > Le réveil des masses
L'Angevin Arnaud -ancien de Hint- (guitare-cuivres) et le Nantais Damny Baluteau (claviers-machines et chant) créent La Phaze en 1999 ; ils sont rejoints par DJ Mouf aux platines en 2000. Après s'être fait une solide réputation sur scène, la sortie de leur album Pungle roads leur ouvre les portes du label Small Axe après Jarring Effects. Trio engagé, c'est lors du rassemblement au Larzac en 2004 que le groupe a rencontré Manu Chao, qui l'a emmené avec lui pour une dizaine de dates au Brésil en 2005, notamment à l'occasion du forum social de Porto Alegre. En 2005, le groupe sort Fin de cycle.
Le groupe perd son homme aux machines et est ensuite rejoint par Guillaume (ex-salarié chez Superbus) à la batterie, ils sortent un EP Peine de vie peu avant le nouvel album au début du mois mai 2008 : Miracle.
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Review Concert : La Phaze, Miracle à Brainans (avril 2008)
La Phaze / Chronique LP > Miracle
Non, contrairement aux apparences, La Phaze ne s'est pas dénaturé(e) avec le temps. Le combo, évoluant maintenant en trio, a fait fructifier ses savoir-faire et évite soigneusement de sombrer dans une quelconque redite, déjà (ré)entendue.
Les thématiques du groupe demeurent des messages censés, ô combien louables. Des priorités malheureusement pas évidentes pour tout le monde. Du taillage de costard en bonne et due forme de la Sarkophilie ("Miracle") à l'avenir (écologique) de notre bonne vieille planète bleue ("Climax") en passant par l'industrie du disque ("La cause") et ses valets, les vers de Damny ne font qu'une bouchée. Si les slogans à y laisser ses tripes font force le long de l'album (C'est à croire qu'on a tous pécho la rage, c'est le chant des bombes pour les âmes en sursis, Immigration sélective, la fièvre de l'exil, pour les sans-voix, on ouvre les hauts-parleurs ...), il est aussi bon de souligner des passages en équilibre, plus virtuoses (consommation, c'est le piège à cons / tout est saccage, saccage et destruction à l'entrée de "Climax", c'est la langue qui traîne, c'est l'argot du XI°, c'est la main du mendiant qui réclame la tienne, sur "La langue", morceau tout en retenue). Et pour donner résonance à ses textes, La Phaze s'incruste volontiers sur un terrain rock'n'roll, un rock salvateur, véritable exutoire à toute ces dénonciations ("Le chant des bombes", "Peine de vie"), quitte à les formuler en anglais ("Devil game", "Roof on fire"). Mais Damny et les siens n'ont pas pour autant enterré leurs envies de métissage. C'est ainsi que des clins d'oeil "punglistiques" voient le jour aux détours d'un clavier ("Devil game") ou que le groupe ose l'harmonica ("Peine de vie", "Roof on fire"). Aussi, La Phaze en appelle au reggae pour soigner son groove ("Little face"), la proximité avec Tagada Jones ("Ensemble", "Colère noire" en chanson et en soirée-manifeste) produit "A table", une claque pour fortes têtes et projette "No backyard", brûlot punk d'une quarantaine de secondes ! Jamais rassasié de rencontres et d'innovations, le groupe offre un micro à des invités de choix : Keny Arkana vient poser son tonique flow hip-hop sur "La cause" et Eugène (Gogol Bordello) assure une présence remarquée lors de "Fièvre de l'exil (we comin' rougher)".
Après Pungle roads, album-révélation et une Fin de cycle marquant un tournant dans sa carrière, La Phaze signe un album suintant le Rock tout en conservant ses intentions premières. Un vrai Miracle !
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La Phaze / Chronique LP > Fin de cycle
La Phaze, c'est avant tout une rage. Rage de dire la détresse des uns, la colère des autres, le mépris des nantis et les incohérences d'un système rongé de l'intérieur par l'argent et le pouvoir.
"Il est sous amphèt ?", me demande un festivalier pendant leur concert vitaminé donné aux alentours de deux heures du matin aux Eurockéennes l'été dernier. Non, il crie bien fort sa colère, son envie de voir les choses changer. La catharsis grecque trouve un nouvel écho dans l'énergie déployée par ce petit bonhomme tout en nerfs qui délivre sur scène son message de révolte dans un phrasé rap et ragga.
Appel au rassemblement et aux manifestations contre le gouvernement et les dérives ("Nouveau défi", "Assaut final"), manifeste contre l'argent facile et la télévision ("Réalité à chaud"), histoires de cités, de drogue : La Phaze revendique pleinement son rôle d'éveil des masses, de contre-pouvoir. Même les morceaux instrumentaux sont l'expression délibérée d'un engagement politique fort. En témoigne "Développement durable (pour chômeurs de longue durée)".
Porté par l'énergie et la force de "Nouveau défi" et d' "Assaut final", le "pungle" (formé de jungle et punk) de La Phaze se nourrit d'influences rock, free jazz, ragga, rap et d'n'b. Pour preuve, le groupe s'offre une escapade avec Mouss et Hakim (de Zebda) sur "Dangerous". Si leur style métissé peut dérouter à la première écoute, message et détermination portent d'un bout à l'autre cette Fin de cycle, qui si elle aimerait présager un changement radical à venir, ne permet d'envisager que le meilleur concernant l'avenir de ces trois furieux.
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