rock Rock > La Phaze

Biographie > Le réveil des masses

L'Angevin Arnaud -ancien de Hint- (guitare-cuivres) et le Nantais Damny Baluteau (claviers-machines et chant) créent La Phaze en 1999 ; ils sont rejoints par DJ Mouf aux platines en 2000. Après s'être fait une solide réputation sur scène, la sortie de leur album Pungle roads leur ouvre les portes du label Small Axe après Jarring Effects. Trio engagé, c'est lors du rassemblement au Larzac en 2004 que le groupe a rencontré Manu Chao, qui l'a emmené avec lui pour une dizaine de dates au Brésil en 2005, notamment à l'occasion du forum social de Porto Alegre. En 2005, le groupe sort Fin de cycle.
Le groupe perd son homme aux machines et est ensuite rejoint par Guillaume (ex-salarié chez Superbus) à la batterie, ils sortent un EP Peine de vie peu avant le nouvel album au début du mois mai 2008 : Miracle.
Damny s'exerce en solo avant de revenir aux affaires du groupe en avril 2011 avec Psalms and revolution.

Review Concert : La Phaze, La Phaze fait jumper La Maroquinerie (avril 2011)

Review Concert : La Phaze, Un Cylindre en phaZe (nov. 2008)

Review Concert : La Phaze, Dunkerque en Phaze (avril 2008)

Review Concert : La Phaze, Miracle à Brainans (avril 2008)

Chronique Compil : La Phaze, In the spirit of total resistance

La Phaze / Chronique LP > Psalms and revolution

La Phaze - Psalms and revolution Après une incartade plutôt calme et réussie en solo, Damny retrouve ses deux comparses pour remettre le feu aux dance-floors pungle avec Psalms and revolution. Le très bel artwork met les thèmes chers au trio à l'honneur au travers de quelques images symboliques (CRS grecs, haut-parleur, oeil divin, horloge, ouvrière, buildings, arme à feu...), le passé, le présent, un futur imaginaire s'entrechoquent sous nos yeux et bientôt dans nos oreilles avec les 10 titres de l'opus.
A chaud, on fait rapidement deux constatations : ça parle beaucoup moins français que sur Miracle (Damny aurait-il "trop" écrit dans notre langue pour son album solo ?) et les mélodies sont moins évidentes : alors qu'il ne fallait que quelques écoutes pour chantonner "La cause", "La langue", "Le chant des bombes", "Peine de vie", "A table", bon ok, presque tous les titres de Miracle même les "Devil game" ou "Little face"... ici, le charme est moins immédiat, le refrain moins facile, les harmonies plus tortueuses et pour la plupart, l'anglais est plus complexe à assimiler. Ce qui est assez étrange c'est qu'un des titres qui m'avait le plus accroché "à chaud" à savoir "Temps de chien", me semble avec davantage de recul moins intéressant que d'autres, le rythme y est binaire, c'est un morceau sans prise de risques (si ce n'est le thème...) qui a moins de pouvoir sur moi que l'envoutant "Saints", l'électro-dub-truc "Control panel" ou l'efficace "Searching for you", malgré son synthé un peu criard.
La Phaze a fourni un gros travail (encore une fois) sur les sons, les ambiances, l'amalgame guitare/machine, l'habillage des compositions avec un tas de petits samples et de gadgets sonores qui font toute la magie du trio capable de nous faire bouger dans tous les sens en quelques secondes grâce à leur sens du groove hors norme ("The battle", "Psalms and revolution", "Secure world"...).
Moins immédiatement parlant (et chantant), plus fins et riches dans leurs constructions, les compositions de Psalms and revolution ne décevront pas les amateurs de pungle et de fusion des genres, il faut néanmoins accepter de prendre le temps de s'en imprégner, de se faire malmener par les riffs avant de pouvoir les apprivoiser pour mieux en profiter.

La Phaze / Chronique LP > Miracle

la_phaze_miracle.jpg Non, contrairement aux apparences, La Phaze ne s'est pas dénaturé(e) avec le temps. Le combo, évoluant maintenant en trio, a fait fructifier ses savoir-faire et évite soigneusement de sombrer dans une quelconque redite, déjà (ré)entendue.
Les thématiques du groupe demeurent des messages censés, ô combien louables. Des priorités malheureusement pas évidentes pour tout le monde. Du taillage de costard en bonne et due forme de la Sarkophilie ("Miracle") à l'avenir (écologique) de notre bonne vieille planète bleue ("Climax") en passant par l'industrie du disque ("La cause") et ses valets, les vers de Damny ne font qu'une bouchée. Si les slogans à y laisser ses tripes font force le long de l'album (C'est à croire qu'on a tous pécho la rage, c'est le chant des bombes pour les âmes en sursis, Immigration sélective, la fièvre de l'exil, pour les sans-voix, on ouvre les hauts-parleurs ...), il est aussi bon de souligner des passages en équilibre, plus virtuoses (consommation, c'est le piège à cons / tout est saccage, saccage et destruction à l'entrée de "Climax", c'est la langue qui traîne, c'est l'argot du XI°, c'est la main du mendiant qui réclame la tienne, sur "La langue", morceau tout en retenue). Et pour donner résonance à ses textes, La Phaze s'incruste volontiers sur un terrain rock'n'roll, un rock salvateur, véritable exutoire à toute ces dénonciations ("Le chant des bombes", "Peine de vie"), quitte à les formuler en anglais ("Devil game", "Roof on fire"). Mais Damny et les siens n'ont pas pour autant enterré leurs envies de métissage. C'est ainsi que des clins d'oeil "punglistiques" voient le jour aux détours d'un clavier ("Devil game") ou que le groupe ose l'harmonica ("Peine de vie", "Roof on fire"). Aussi, La Phaze en appelle au reggae pour soigner son groove ("Little face"), la proximité avec Tagada Jones ("Ensemble", "Colère noire" en chanson et en soirée-manifeste) produit "A table", une claque pour fortes têtes et projette "No backyard", brûlot punk d'une quarantaine de secondes ! Jamais rassasié de rencontres et d'innovations, le groupe offre un micro à des invités de choix : Keny Arkana vient poser son tonique flow hip-hop sur "La cause" et Eugène (Gogol Bordello) assure une présence remarquée lors de "Fièvre de l'exil (we comin' rougher)".
Après Pungle roads, album-révélation et une Fin de cycle marquant un tournant dans sa carrière, La Phaze signe un album suintant le Rock tout en conservant ses intentions premières. Un vrai Miracle !

La Phaze / Chronique LP > Fin de cycle

La Phaze : Fin de cycle La Phaze, c'est avant tout une rage. Rage de dire la détresse des uns, la colère des autres, le mépris des nantis et les incohérences d'un système rongé de l'intérieur par l'argent et le pouvoir.
"Il est sous amphèt ?", me demande un festivalier pendant leur concert vitaminé donné aux alentours de deux heures du matin aux Eurockéennes l'été dernier. Non, il crie bien fort sa colère, son envie de voir les choses changer. La catharsis grecque trouve un nouvel écho dans l'énergie déployée par ce petit bonhomme tout en nerfs qui délivre sur scène son message de révolte dans un phrasé rap et ragga.
Appel au rassemblement et aux manifestations contre le gouvernement et les dérives ("Nouveau défi", "Assaut final"), manifeste contre l'argent facile et la télévision ("Réalité à chaud"), histoires de cités, de drogue : La Phaze revendique pleinement son rôle d'éveil des masses, de contre-pouvoir. Même les morceaux instrumentaux sont l'expression délibérée d'un engagement politique fort. En témoigne "Développement durable (pour chômeurs de longue durée)".
Porté par l'énergie et la force de "Nouveau défi" et d' "Assaut final", le "pungle" (formé de jungle et punk) de La Phaze se nourrit d'influences rock, free jazz, ragga, rap et d'n'b. Pour preuve, le groupe s'offre une escapade avec Mouss et Hakim (de Zebda) sur "Dangerous". Si leur style métissé peut dérouter à la première écoute, message et détermination portent d'un bout à l'autre cette Fin de cycle, qui si elle aimerait présager un changement radical à venir, ne permet d'envisager que le meilleur concernant l'avenir de ces trois furieux.