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Août 2004, Cheval de Frise se sépare et un an plus tard, Thomas Bonvalet créé son nouveau one-man-band sous l'élégant patronyme de L'Ocelle Mare. Sous cette identité paraîtront un album éponyme en janvier 2007 (chez l'exigeant label Ruminance Records puis réédité par Sickroom Records) puis, début avril 2008, un nouveau disque baptisé Porte d'octobre, cette fois chez Souterrains-refuges.

L'Ocelle Mare / Chronique LP > Porte d'octobre

L'Ocelle Mare - Porte d'octobre Chose assez rare pour être soulignée, il n'aura pas fallu attendre le terme de la toute première écoute de ce disque pour savoir qu'il prendrait place dans nos pages. Et pas seulement parce qu'un collègue s'était déjà occupé de la précédente livraison de L'Ocelle Mare. Pourtant, aucun racolage auditif, rien de standard, rien de radiophonique, pas de paroles et encore moins de couplets, ni aucune convention gravée sur cette Porte d'octobre, si ce n'est celle d'avoir intitulé les morceaux de "Porte d'octobre 1" à "Porte d'octobre 7", en toute simplicité.
Echappant une nouvelle fois à toute norme, L'Ocelle Mare fait de Porte d'octobre un autre laboratoire sonore où s'agglomèrent des prises de sons effectuées, cette fois, dans les méandres de la capitale française (de la gare du Nord à la Sorbonne en passant par le cimetière Montparnasse ou des tunnels) avec un matériel réduit un strict minimum. Seul aux instrus (mais secondé par Adrian Riffo à la technique), Thomas produit aussi bien une noise tourmentée ("Porte d'octobre 5") que des exercices sonores dilués dans l'acide ("Porte d'octobre 4") ou des moments en apparence vides de contenu mais riches en sous-entendus ("Porte d'octobre 7"). Certains instruments font une apparition, furtive, dont on attend un sursaut d'orgueil, en vain. Tandis qu'un le métronome mène une sorte de bal des fous sur la "Porte d'octobre 2".
D'apparence ardue pour les non-initiés, la musique de L'Ocelle Mare, radicale et faussement silencieuse, transmet son lot d'émotions à chaque instant, même lors des plus inattendus. En moins d'une demi-heure d'expérimentations, Porte d'octobre perfore les cerveaux embrumés, provoque de jouissants sursauts, interroge l'auditeur et démontre, pour notre plus grand bonheur, qu'il n'est pas nécessaire d'attendre octobre pour frapper à la bonne porte.

L'Ocelle Mare / Chronique LP > L'ocelle mare

L'Ocelle Mare : L'ocelle mare L'Ocelle Mare est le projet solo de Thomas Bonvalet, guitariste du groupe Cheval de Frise (duo expérimental noise rock jazzy) qui, avec cette nouvelle entité, a décidé poursuivre en solo sa quête d'absolu musical entamé lors de ses précédentes expériences musicales. Un eden estampillé rock mais pour le moins étrange et difficile à cerner pour lequel, le musicien est prêt à tout, sans concession, ni hésitation. En témoigne donc le premier album éponyme de son dernier projet. 16 titres, pour moins d'une demi-heure de musique, L'ocelle mare n'est pas un album de grindcore qui tabasse, ni de thrash qui déboîte (deux sous genres spécialistes des morceaux ultra rapides), mais plutôt un disque qui ne perd pas son temps en préliminaires ennuyeux, pour aller à l'essentiel : la musique, car c'est de cela dont il est question et uniquement de cela.
Ici, peu de considération économique, L'Ocelle Mare est signé chez Ruminance, label à la ligne éditoriale particulièrement exigeante à défaut de rendre ses fondateurs milliardaires (Chevreuil, Okay, Oxes, Passe-Montagne, Get the people...). Plus qu'un album au sens traditionnel du terme, cet effort doit être appréhendé comme une expérience, une sorte de moment musical, à vivre au moins une fois dans sa vie. Usant d'instruments divers et variés (guitare acoustique, harmonica, banjo.), Thomas ne cherche pas la facilité, il veut créer quelque chose de nouveau. Dans sa démarche jusque-boutiste, il ose, se met en danger et extirpe de ses instrument des choses rarement entendues jusqu'à ce jour. Et sa musique se révèle évidemment très personnelle, mais également vivante, unique et intrigante.
Mais pour peu que l'on fasse preuve d'un soupçon d'ouverture d'esprit et que l'on aime la musique au sens large du terme, L'Ocelle mare, c'est un objet musical non-identifié (ou difficilement identifiable), entre post-classique, folk et expérimental, qui ne peut qu'attire l'attention. Car au-delà de la simple curiosité, la musique composé par Thomas Bonvalet est étonnamment classieuse et élégante. Enregistré dans divers lieux insolites (église, grottes, caves...), dans une approche quasiment naturaliste, ce premier album est un disque à l'intégrité artistique rare et qui démontre surtout qu'avec peu de moyens, mais beaucoup d'inventivité (et accessoirement) de talent, on peut encore composer de belles choses.