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Kinski
LP : Down below it's chaos Label : Sub Pop subpop.com/ Date de sortie : 21/08/2007 |
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Kinski... pas grand chose à voir avec l'acteur fétiche du cinéaste allemand Werner Herzög, quoique, revient à l'été 2007 avec son troisième album : Down below it's chaos, toujours distribué par l'excellent Sub Pop (Band of Horses, Low, Friends of Dean Martinez ou Wolf Parade). Apôtre d'une musique essentiellement rock (post) / krautrock / stoner exigeante, le quartet originaire de Seattle est un groupe au succès confidentiel mais à l'aura assez étonnnate, Kinski a ainsi ouvert pour la machine de guerre Toolienne il y a quelques mois.
Il faut dire que le groupe possède une griffe musicale inimitable et de toutes les façons rarement imitée... S'amusant à déconstruire sauvagement le rock traditionnel, Kinski se plaît à construire des compositions à l'architecture sans cesse changeante. Des guitares grinçantes au fuzz typiquement stoner, des fulgurances noisy et rugueuses façon Jesus and Mary Chain, des riffs frénétiques, des rythmiques mid-tempo qui nous emmènent en apesanteur au-dessus de morceaux sur lesquels la saturation est reine, alors-même que les lignes de grattes s'entremêlent à n'en plus finir ("Boy, was I mad !"). Post-rock arty déjanté, noise brumeuse passionnelle, Kinski touche à tout sans jamais vouloir se poser durablement. On pense à Shellac pour les insaisissables divagations soniques... à Dinosaur Jr. pour la tension éléctrique permanente. La force du groupe est de ne jamais être où on l'attend, de sans cesse proposer des alternatives à ce que l'on a l'habitude d'avoir entre les tympans.
Des compositions étriquées ("Dayroom at Narita international", "Crybaby blowout"), une voix nonchalante et imparfaite, un son volontairement brouillon qui nous renvoie aux free-rock jazzy des 70's, Down below it's chaos ne ressemble à rien de connu et là est tout son intérêt. Entre ambiances intimistes et explosions sonores, Kinski est sans cesse sur le fil du rasoir, jouant les funambules à plusieurs centaines de mètres au-dessus du sol. Les quatre américains sont donc peu connus, qu'à cela ne tienne, ils vont alors en profiter pour exploser les conventions et affirmer haut et fort leur personnalité musicale. Expérimental souvent, vintage par instants, le groupe brûle les étiquettes que l'on tente en vain de lui apposer pour livrer une musique à la fois chaotique et ordonnée, déviante et fulgurante. Le tout pour un un album riche en couleur, éléctrique et turgescent donc on ressort la tête à l'envers, les oreilles bourdonnantes, mais le sourire aux lèvres...
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