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Kill the young
LP : Kill the young Label : Discograph discograph.com/ Style : Pop rock Date de sortie : 30/11/2004 |
Ça ne vous est jamais arrivé de flasher sur un titre, un album, ou un groupe parce que vous l'avez découvert au moment où vous étiez le plus réceptifs, et que vous êtes carrément entrés en résonance avec les sons qui défloraient vos oreilles ? Je ne pourrais pas dire que KTY représente un coup de coeur artistique, au sens noble du terme comme ce fut le cas avec NIN, Muse, Depeche Mode ou Lunatic Age, mais c'est exactement ce que j'avais besoin d'entendre à un moment donné. Simple question de timing, ou de feeling sans doute.
Quoi qu'il en soit, la sauce a pris d'emblée et ce groupe m'a profondément surprise, tout simplement parce qu'il dégage une formidable énergie positive, le genre de coup de fouet qui vous secoue et vous booste sans que vous ne vous en rendiez compte. Rien à voir avec d'autres groupes comme Hard-Fi ou We are scientists qui m'ont plutôt laissée de marbre, en dehors d'un ou deux titres accrocheurs. Je n'aime pas faire de comparaisons, mais là, je place KTY sans aucune hésitation un bon cran au-dessus d'eux. Ouais. Définitivement.
Dans cet album éponyme, tout est bon. Rien n'est à jeter. Et c'est vrai en plus : 11 titres rudement bien ficelés, taillés pour la scène, terriblement efficaces, incisifs, qui s'écoutent du début à la fin avec la même intensité, et un plaisir croissant. Les points forts de ce groupe reposent également sur une rythmique entraînante, parfaitement maîtrisée, des guitares énervées qui, avec la batterie, nous martèlent les tympans jusqu'à nous rendre sourds. Parce que j'aime écouter ce groupe, fort, très fort même, pour évacuer ma colère et hurler à tue-tête sur les refrains qui s'impriment relativement facilement dans nos cerveaux malléables. Et ça fait du bien, franchement. D'ailleurs je décerne une mention spéciale pour "No problems", une pépite à mon sens, et pas uniquement à cause de son allusion à 1984 de Georges Orwell.
A force d'écouter en boucle cet album, et de se laisser tantôt caresser, tantôt gifler les oreilles par la voix légèrement éraillée mais chargée d'émotions de Tom, y'a de quoi devenir addicted. Difficile de résister à des rouleaux compresseurs sonores tels que "Origin of illness", "Addiction", "All the world", "No heroes", "Sail away" et "Kill your young" qui termine l'album en apothéose. En effet, on n'a pas le temps de reprendre son souffle que le tourbillon KTY nous a déjà submergés. Les titres "Follow, follow", "Do you notice", "Change the record" et "Fragile" semblent plus calmes au niveau de l'introduction, mais l'énergie reprend très vite ses droits pour nous exploser en pleine gueule dans les refrains, toujours aussi envoûtants.
La jeunesse n'est pas blasée comme on voudrait nous le faire croire. Faut changer de disque, les mecs. Elle a encore des choses à dire, et à défaut d'ébranler le mammouth imperturbable de nos angoisses, elle n'hésitera pas à foutre un grand coup de pied dans la mollesse et la connerie ambiante. Ce sera toujours ça de gagné. On n'a pas besoin de héros, ni de modèles puants et hypocrites. Non, juste des personnes qui ont la volonté de faire bouger les choses, qui n'ont pas peur d'exprimer leurs opinions, et qui agissent avec leurs tripes, leur coeur et leur âme. Quitte à passer pour des schizophrènes paranoïdes, on s'en fout. L'énergie des 3 trublions de KTY est largement communicative et cela doit se ressentir sur scène. Je leur souhaite de faire encore plus d'étincelles, de se déchaîner comme je l'ai fait dans cette chronique, et de toucher les étoiles, eux aussi.
J'adore la pochette de l'album : tout un symbole. La vieillesse décadente en personne, toute fripée, qui n'a même pas eu recours à la chirurgie esthétique, alors qu'elle en a les moyens visiblement. Elle nous regarde de ses petits yeux noirs inquisiteurs, outrageusement maquillée. Elle esquisse ou plutôt grimace un sourire dégoulinant d'hypocrisie, découvrant des fausses dents bien acérées. Et elle fait mine de s'adresser à la jeune génération en disant "Vous reprendrez bien une tasse de thé au cyanure mes agneaux ?". La subjectivité et le cynisme dans toute leur splendeur. J'aime. Pas vous ?
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