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Biographie > Kill the young

Kill The Young, c'est une histoire de famille, mais aussi une aventure qui démarre sur les chapeaux de roue. Les frères Gorman, au nombre de 3, sont d'origine irlandaise et ont grandi dans une petite ville, dans les environs de Manchester. On retrouve Tom au chant et à la guitare, Dylan à la basse et Olly à la batterie et au piano. Ils font preuve d'une grande maturité artistique pour leur jeune âge (entre 18 et 23 ans) et revendiquent comme influences les Smashing Pumpkins, Nirvana, New Order, Smiths ... mais le groupe a déjà sa propre identité musicale, et apporte vraiment un nouveau souffle sur la scène rock alternative internationale.
Leur 1er album éponyme a été produit par Dimitri Tikovoi, connu pour avoir travaillé avec Placebo, Goldfrapp, John Cale, Alpinestars et Marc Almond entre autres, mixé par Flood (New Order, DM, U2, NIN, Smashing Pumpkins, PJ Harvey) et masterisé par Howie Weinberg (Nirvana, Beastie Boys, Bjork...). Ils ont été découverts par un label français (Discograph) chez lequel ils ont signé en 2005. Avec déjà plus de 350 concerts à leur actif, le tourbillon KTY continue de faire des ravages sur les scènes françaises et d'outre-Manche.

Kill The Young / Chronique LP > Fingers for guns

Kill the young - Fingers for guns Fingers for guns, toujours aussi décalés, les trois frangins de Kill The Young continuent de jouer avec les images et les sons pour nous embarquer dans leur rock qui allie mélodies et énergie. Quelque part entre Placebo et Nada Surf, les Britanniques délivrent douze titres qui s'écoutent d'une traite et laissent un goût de "c'est pas mal". C'est bien ficelé mais il faut réécouter l'opus pour se faire une idée plus fine et précise, l'entâme marque des points grâce à des refrains accrocheurs ("Bad bones" puis "Gotta move on"), ensuite c'est en voulant être trop catchy que ça fonctionne moins (les choeurs guimauve de "Born in the real world", "Ain't nobody gonna tell me why" ou encore sur l'imbuvable "Love is a lie"). Je préfère largement quand le discours est plus frontal limite punk même sur "Punch drunk", c'est bien plus jouissif quand ça rock ("This town", "Home is where my heart is") quitte à tutoyer les distorsions de Weezer ("Money/power/people") pour procurer un plaisir immédiat. Au final, tu l'auras compris, l'avis est mitigé, le très bon étant contrebalancé par ce que je juge être de mauvaises idées. Dommage.

Kill The Young / Chronique LP > KTY

Kill the Young Ça ne vous est jamais arrivé de flasher sur un titre, un album, ou un groupe parce que vous l'avez découvert au moment où vous étiez le plus réceptifs, et que vous êtes carrément entrés en résonance avec les sons qui défloraient vos oreilles ? Je ne pourrais pas dire que KTY représente un coup de coeur artistique, au sens noble du terme comme ce fut le cas avec NIN, Muse, Depeche Mode ou Lunatic Age, mais c'est exactement ce que j'avais besoin d'entendre à un moment donné. Simple question de timing, ou de feeling sans doute.
Quoi qu'il en soit, la sauce a pris d'emblée et ce groupe m'a profondément surprise, tout simplement parce qu'il dégage une formidable énergie positive, le genre de coup de fouet qui vous secoue et vous booste sans que vous ne vous en rendiez compte. Rien à voir avec d'autres groupes comme Hard-Fi ou We are scientists qui m'ont plutôt laissée de marbre, en dehors d'un ou deux titres accrocheurs. Je n'aime pas faire de comparaisons, mais là, je place KTY sans aucune hésitation un bon cran au-dessus d'eux. Ouais. Définitivement.
Dans cet album éponyme, tout est bon. Rien n'est à jeter. Et c'est vrai en plus : 11 titres rudement bien ficelés, taillés pour la scène, terriblement efficaces, incisifs, qui s'écoutent du début à la fin avec la même intensité, et un plaisir croissant. Les points forts de ce groupe reposent également sur une rythmique entraînante, parfaitement maîtrisée, des guitares énervées qui, avec la batterie, nous martèlent les tympans jusqu'à nous rendre sourds. Parce que j'aime écouter ce groupe, fort, très fort même, pour évacuer ma colère et hurler à tue-tête sur les refrains qui s'impriment relativement facilement dans nos cerveaux malléables. Et ça fait du bien, franchement. D'ailleurs je décerne une mention spéciale pour "No problems", une pépite à mon sens, et pas uniquement à cause de son allusion à 1984 de Georges Orwell.
A force d'écouter en boucle cet album, et de se laisser tantôt caresser, tantôt gifler les oreilles par la voix légèrement éraillée mais chargée d'émotions de Tom, y'a de quoi devenir addicted. Difficile de résister à des rouleaux compresseurs sonores tels que "Origin of illness", "Addiction", "All the world", "No heroes", "Sail away" et "Kill your young" qui termine l'album en apothéose. En effet, on n'a pas le temps de reprendre son souffle que le tourbillon KTY nous a déjà submergés. Les titres "Follow, follow", "Do you notice", "Change the record" et "Fragile" semblent plus calmes au niveau de l'introduction, mais l'énergie reprend très vite ses droits pour nous exploser en pleine gueule dans les refrains, toujours aussi envoûtants.
La jeunesse n'est pas blasée comme on voudrait nous le faire croire. Faut changer de disque, les mecs. Elle a encore des choses à dire, et à défaut d'ébranler le mammouth imperturbable de nos angoisses, elle n'hésitera pas à foutre un grand coup de pied dans la mollesse et la connerie ambiante. Ce sera toujours ça de gagné. On n'a pas besoin de héros, ni de modèles puants et hypocrites. Non, juste des personnes qui ont la volonté de faire bouger les choses, qui n'ont pas peur d'exprimer leurs opinions, et qui agissent avec leurs tripes, leur coeur et leur âme. Quitte à passer pour des schizophrènes paranoïdes, on s'en fout. L'énergie des 3 trublions de KTY est largement communicative et cela doit se ressentir sur scène. Je leur souhaite de faire encore plus d'étincelles, de se déchaîner comme je l'ai fait dans cette chronique, et de toucher les étoiles, eux aussi.
J'adore la pochette de l'album : tout un symbole. La vieillesse décadente en personne, toute fripée, qui n'a même pas eu recours à la chirurgie esthétique, alors qu'elle en a les moyens visiblement. Elle nous regarde de ses petits yeux noirs inquisiteurs, outrageusement maquillée. Elle esquisse ou plutôt grimace un sourire dégoulinant d'hypocrisie, découvrant des fausses dents bien acérées. Et elle fait mine de s'adresser à la jeune génération en disant "Vous reprendrez bien une tasse de thé au cyanure mes agneaux ?". La subjectivité et le cynisme dans toute leur splendeur. J'aime. Pas vous ?

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