rock Rock > Kid Francescoli

Biographie > Le petit Enzo

Derrière Kid Francescoli, se cache Mathieu Hocine, un marseillais dont on devine assez aisément sa passion pour l'OM, vu qu'un des joueurs emblématiques de ce club de foot s'appelle... Enzo Francescoli. Le Kid, son truc à lui, c'est la musique. En 2000, il décide de monter un groupe de pop-rock avec trois amis dont les influences vont de Air à Ennio Morricone en passant par Ratatat. En 2006, tout s'accélère, il sort chez Les Chroniques Sonores un premier album éponyme puis une tournée française suit en première partie de Sebastien Schuller et Troy Von Balthazar. En 2010, son deuxième album It's happening again débarque mais c'est vers la fin 2013 avec la sortie du clip de "Blow up" que la carrière de Kid Francescoli commence à prendre son envol grâce au relais radio et internet. Ce clip de 7 minutes puis le single "Prince Vince" annonce l'arrivée de son troisième LP, With Julia, en version numérique en avril 2014 sur Microphone Recordings. Ce disque, fruit d'une collaboration avec la chanteuse américaine Julia Minkin, ressort en CD/Vinyle chez Yotanka Productions le 9 mars 2015. A côté de Kid Francescoli, Mathieu Hocine a formé, avec Simon de Nasser et Mathieu de Oh! Tiger Mountain, le groupe Husbands dont le premier album est sorti en mars 2015.

Kid Francescoli / Chronique LP > With Julia

Kid Francescoli - With Julia Ce nom gravite autour de moi depuis plusieurs années, à travers les newsletters pro, les magazines spécialisés print et web, les flyers... Et pourtant, il aura fallu attendre 2015 pour que votre serviteur daigne remarquer enfin ce phénomène electro-pop dont tout le monde parle à droite et à gauche, j'ai nommé Mathieu Hocine aka Kid Francescoli. Découvert de façon hasardeuse lors d'une soirée à travers le titre "Does she ?", le troisième disque du Kid, With Julia, est né de sa rencontre faite à New York en 2009 avec une ravissante américaine nommée Julia Minkin. D'où ce titre d'album.

Pour vous la faire courte, les deux sont présentés par des amis communs, s'entendent à merveille, se découvrent une passion commune pour la musique et certains artistes comme Air. Lui, a déjà deux albums à son actif, elle, chante comme ça, pour le plaisir. Ils finissent par se mettre ensemble tout en commençant à composer des morceaux en commun. L'idée de faire un album à deux fait surface, les échanges d'idées ainsi que les enregistrements se font à distance (certaines voix ont même été capturées par Skype !) car Mathieu est reparti en France et puis, pouf, ils se séparent. Une année difficile pour Kid Francescoli, qui va pas mal jouer sur la tournure finale que prendra With Julia. Le Marseillais décide de terminer ce disque suite à un échange encourageant avec Julia, et fait appel à ses potes Simon Henner de Nasser et Mathieu d'Oh! Tiger Mountain pour produire ces romances pleines de mélancolies qui seront rendues publiques au cours de l'année 2014.

J'en conviens, et ce n'est pas les intéressés qui me contrediront (prenons l'exemple de Björk qui récemment fut dans l'incapacité de jouer en live son Vulnicura, évoquant pour expliquer ses annulations, l'intensité émotionnelle qu'il lui procure), il n'est pas évident du tout de sortir des morceaux très personnels, surtout dans ce cas présent. Il y a toujours cette part de naïveté à l'eau de rose liée aux sentiments forts qu'on reproche à l'artiste, et là, difficile d'y échapper avec ce With Julia. Il y a évidemment beaucoup de tendresse dans cette musique, forcément de la complicité avec les deux chants ("Boom boom", "Mr Knowitall"), une honnêteté résistante à toute épreuve mais ce sont bel et bien les quelques hits qui font (sauvent ?) ce disque : des petits bijoux de la trempe de "My baby", démontrant le talent de chanteuse de Julia, ou l'excellente et sensuelle "Does she", voire l'introductive "Blow up" qui pourtant n'est pas mise en valeur par l'accent anglais défaillant du Marseillais. Cela peut être "cute" pour les anglophones si l'album s'exporte, mais assez vite affreux pour les Français sensibles à la langue de Shakespeare. Pour le reste, certaines chansons déséquilibrent méchamment le disque et font tâche tels que la paresseuse et soporifique "I don't know how", l'agaçante et déjà-vu "Discoqueen" ou même "Dirty blonde" qui coule dans la mignardise.

Si on touche du doigt l'influence évidente d'Air (surtout sur "Italia 90" où là c'est carrément la main), With Julia est surtout un album electro-pop de notre temps, une musique languissante relatant une expérience humaine forte, avec ses bons et mauvais côtés. Loin d'être l'album de l'année, tout en ayant de bons arguments à faire valoir, With Julia aura surement le mérite de parler davantage à ceux qui ont vécu pareille histoire qu'à des mélomanes en manque de trouvailles électro-pop.