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Khôl > Chronique EP / Khôl


khôl Groupe essentiellement de studio pour le moment, Khôl cisaille ses compositions dans les moindres détails et apporte autant d'importance à la musique qu'aux textes. Quand un groupe chante en français, il doit forcément y prêter attention mais bien écrire n'est pas donné à tout le monde. Ils peuvent être poétiques sur le pré-apocalyptique "Une heure avant...", débordant de pessimisme sur "Rien ne respire" (Qu'as-tu à ruminer les ruines ? Rien ne respire, rien ne respire. Le rimel des martyrs a coulé sous la bruine...) ou jouer avec les mots et leurs consonnances sur "Maïa goodbye" qui rime autant avec attirail, grenaille qu'entaille. Aux soins portés à l'écriture, il faut ajouter celui donné aux rythmiques et aux tonalités, les mélodies étant plus ou moins marquées, plus ou moins soutenues, parfois mises en valeur par un deuxième chant sur un autre octave. Khôl n'est pas qu'un chanteur, c'est aussi des musiciens et de grands amateurs de machines, leurs excellents morceaux sont donc constellés de samples plus ou moins pesants. Quel meilleur exemple que le sublime "Une heure avant..." qui dure plus de 3 minutes durant lesquelles une voix de femme nous fait un compte à rebours en anglais de 44 à 1 en anglais, ce fil rouge se surimpose aux rythmes et au chant et nous met terriblement mal à l'aise. Une idée étrange sur le papier mais qui au final s'avère brillante. Quand les échantillonages ne servent que de décor ("Valéria"), Khôl me rappelle Labo et quand ils occupent davantage de place (aux dépens des guitares) et en laissent à d'autres instruments (notamment à cordes) comme sur "Maïa goodbye", on n'ose pas imaginer la difficulté de composer l'ensemble. Les guitares sonnent en retrait, sonnent saturées, elles apparaissent avec les tempos les plus élevés, elles accompagnent le Khôl tendu, énervé, écorché, frénétique, noir ("Corps enfreints", "Malgré l'ombre" ).
Excellant dans l'art du collage, ce combo s'est composé une âme en une vingtaine de minutes, reste à donner vie sur scène à l'oeuvre pour la malmener et la faire évoluer.

Oli
Janvier 2008

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