Katawumpus - soleil cogne Brouiller les pistes, perdre l'auditeur pour mieux le retrouver par la suite, voilà comment on pourrait définir en gros l'essence de la musique de Katawumpus. Souvent math, foncièrement noise, parfois presque doom dans la pesanteur noise-éabonde, quelques-fois post-rock dans certain moments de grâce, le groupe pioche et assemble, avec pour but absolu la singularité. Et c'est plutôt vachement réussi.
Dès les saccades de la première piste, on sent qu'on va morfler, pauvre petit padawan-noiseux que nous sommes... Non pas que la musique du groupe soit violente comme du Brutal Truth mais la démarche l'est foncièrement, Soleil cogne est un disque qui s'épanouit dans le chaos et les changement de peaux caméléon. Il y a du Sonic Youth dans les voix, du Hella dans les rythmes chiadées et certains riffs, certaines mélodies rappellent les saveurs de l'est de l'Europe, on songe aussi volontiers à Primus durant quelques cavalcades rythmiques... Bref, cette description fera pas avancer ton schmilblick chers lecteurs mais pour mieux cerner le groupe, la solution sera de t'en imprégner.
De "Untitly 489" à "Powerpoint", Katawumpus fait preuve d'une régularité dans la singularité et déballe un tout protéiforme doté d'une mélancolie latente, passionnant à suivre et à découvrir. Il faut toutefois avouer qu'il est difficile de ne pas décrocher à plusieurs reprises, le disque est vraiment conséquent et éprouvant à digérer : les titres sont longs, alambiqués, fourmillent d'idées, sollicitant constamment les neurones de qui daignera s'y plonger. Le groupe semblant ériger en leitmotif la fuite des discours calibrés et autres propos formatés. Il est plutôt conseiller d'en scinder les écoutes pour mieux appréhender ce trip atypique qui nous est proposé. Intriguant ? Même après une bonne tripotée d'écoutes, Soleil cogne reste un disque que l'on a toujours envie de conquérir. A conseiller aux amateurs de bizarreries sonores, les autres prendront la poudre d'escampette au bout d'un titre.