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Karma To Burn à Roubaix Karma To Burn à Roubaix Qu'on se le dise, le petit monde du rock est un univers impitoyable, celui-ci charriant ainsi toute une cohorte de formations maudites aussi talentueuses qu'éphémères. autant de groupes au destin musical parsemés d'embûches. En ce qui concerne les Karma to Burn, on ne parlera même plus d'embûches, mais plutôt de bons gros troncs d'arbres, savamment placés en travers de leur route. Formé en 1994, le groupe fait ses premières armes en tant que trio, composé de Will Mecum (guitare), Rich Mullins (basse) et Rob Oswald (batterie), des débuts convaincants semble-t-il puisque KTB est signé dès l'année suivante par Roadrunner Records, le poids lourd du genre catégorie "label qui signe tout ce qui est susceptible de cartonner". Et c'est là que les ennuis commencent.

Vous l'aurez peut-être remarqué à l'énoncé du line-up de Karma to Burn, il n'y avait pas de chanteur lors de la formation du groupe. Petit détail qui a son importance, le deal signé avec Roadrunner stipule que le groupe doit trouver un vocaliste pour enregistrer son premier album. Les trois membres de KTB vont alors se mettre en quête d'un chanteur, auditionnant d'ailleurs l'icône du stoner : John Garcia himself (Kyuss, Unida, Hermano), sans succès. Mais devant la pression insistante du label néerlandais, les Karma to Burn, vont céder et embaucher dans l'urgence un certain Jason Jarosz au micro. Sauf que. ce-dernier n'est pas vraiment chanteur, même si cela n'a au final que peu d'importance sachant que pour la majorité des labels, un groupe de rock instrumental a un potentiel commercial frisant le zéro absolu. Au final, les vocaux sont retravaillés, des choeurs ajoutés pour faire passer le tout et KTB peut sortir son premier véritable album. Etonamment une véritable réussite artistique d'ailleurs, essentiellement instrumentale soit dit en passant, tant le chant est (logiquement) le point faible de l'album. Un succès artistique, mais pas commercial, du moins aux yeux de Roadrunner qui indique poliment la porte de sortie au groupe. Le point positif dans tout cela, c'est que les Karma to Burn ont retrouvé leur liberté et qu'ils peuvent désormais enfin composer les albums qu'ils ont toujours eu à l'esprit : Wild wonderful purgatory et Almost heathen.

Deux albums qui auraient pu marquer les débuts d'une belle carrière pour le groupe mais qui resteront sans suite. A croire que KTB eut le malheur d'avoir dix ans d'avance sur la vague du rock/ metal instrumental qui sévit aujourd'hui. Après plusieurs projets avortés, dont un avec John Garcia, le groupe n'a progressivement plus donné le moindre signe de vie, sinon le départ de son bassiste Rich Mullins chez Speedeeler. Les précurseurs n'ont que très rarement la carrière que leur potentiel laissait initialement supposer. Depuis la disparition du groupe, Mullins a trouvé refuge au sein de Long Year Disaster, Rob Oswald a intégré Nebula au poste de batteur, alors que Will Mecum tient la gratte au sein du groupe Treasure Cat.

Review Concert : Karma to Burn, Karma To Burn+Glowsun+Human Jail à Roubaix (déc. 2009)

Karma to Burn / Chronique LP > V

Karma to Burn - V Ah tiens un nouveau Karma to Burn => réflexe pavlovien : voilà qui va envoyer du riffs bien fuzzy par palettes. Oui et c'est le cas. Et c'est tout. La chronique pourrait s'arrêter là, on aurait déjà quasiment tout dit sur cet album qui relève plus du livre de recettes stoner-rock sagement assimilé que d'un véritable album digne de l'aura que possède le groupe sur la scène stoner-rock planétaire. Surtout sur les titres instrumentaux (cinq quand même) pour lesquels le groupe n'a pas daigné donner de nom mais uniquement des numéros, dans le désordre... si bien qu'entre un morceau avec des riffs qui butinent mais sans vraiment d'âme et un autre titre avec des riffs qui poinçonne sans pour autant parvenir à exciter le palpitant, il n'y a plus grande différence. On exagère ? Oui, un peu... mais pas beaucoup non plus.
Parce que certes sur "48", KTB arrive à se sortir de l'implacable mécanique qu'il s'est imposée tout seul, celle-là même où il empile les plans de guitares aux textures stoner parfaitement assumées mais sans pour autant arriver à en faire quelque chose, mais ça ne suffit pas longtemps. Un peu stérile donc, sauf quand il parvient, par intermittence, à proposer quelque chose d'autre qu'une "simple" démonstration formelle du sujet. On se répète, comme le font un peu trop souvent les auteurs des pourtant très cultes Almost heathen et Wild wonderful purgatory, V tourne un peu trop rapidement en rond, quand bien même le groove est, le temps de quelques fulgurances, tout aussi implacable que par le passé. Bref, balancer du riff qui turbine, ça c'est pas nouveau, les Karma to Burn savent faire. Le problème c'est que ça ne suffit pas à faire un (très) bon album. Et ce n'est que quand le chant fait son apparition (3 titres) que ce V-là devient parfois excitant (on pense à "The cynic" notamment, un peu moins à "Never say die"... et encore moins à "Jimmy D"). Clairement insuffisant pour nous faire grimper au plafond.

Karma to Burn / Chronique LP > Almost heathen

karma_to_burn_almost_heathen Il faut reconnaître une chose aux détracteurs du stoner rock, ce que les artworks des albums naviguent très souvent entre le ridicule et l'immonde. Evidemment, certains ne manqueront pas de dire que les pochettes des albums de Kyuss étaient plutôt sympathiques, on objectera quand même qu'on fait a difficilement pire que l'artwork de Blast tyrant de Clutch ou celui de Saved by magic de Brant Bjork and the Bros. Malheureusement, Karma to Burn n'échappe pas vraiment à la règle. Là où celui de Wild wonderful purgatory était soit une dénonciation peu évidente d'un conservatisme old-school douteux ou d'un américanisme forcené et primaire, l'artwork d'Almost heathen est particulièrement. comment dire. très laid et franchement de mauvais goût. Résultat des courses, après un album relativement décevant, difficile de se jeter sur ce nouvel opus, encore une fois, entièrement instrumental. A tort.
Parce que pour le coup, Karma to Burn nous sert un album à la mécanique en béton. De la précision d'horlogerie suisse et surtout une maîtrise formelle de tous les instants. Evidemment, les réfractaires au rock instrumental peuvent se rhabiller, cet album n'est sans doute pas pour eux. Quoique. Les riffs de gratte en imposent tellement qu'il est difficile de rester de marbre devant de telles pièces d'orfèvres du rock. Instrumental ou pas. Rythmiques ultra carrées, breaks inventifs, ambiances caniculaires, KTB nous sert sur un plateau d'argent 10 titres (désignés par leur numéro de piste) structurés, puissants, inspirés et furieusement stoner. Les instruments s'imbriquent l'un dans l'autre, se complètent à la perfection, Almost heathen est le théâtre de l'affrontement entre l'instrumentation basique et le riff complexe et à l'efficacité diabolique, pour le plus grand plaisir de l'auditeur. Un groove étourdissant, un manifeste desert rock technique pour une véritable claque instrumentale. On attendait un album de gros calibre de la part de Karma to Burn, là le groupe nous sort l'artillerie lourde et nous jette en patûre un disque massif et d'une précision chirurgicale. Impressionnant.

Karma to Burn / Chronique LP > Wild wonderful purgatory

karma_to_burn_wild_wonderful_purgatory Dire que le parcours de KTB au sein de l'industrie du disque a été semé d'embûches est plus qu'une innocente lapalissade, c'est une triste vérité. A leur décharge, rares sont les majors voire même les gros labels indépendants à miser sur un combo de stoner/ heavy rock exclusivement instrumental. Paraîtrait que ce serait difficile à placer en tête de gondole. Dommage, ça commence à être tendance de nos jours, comme quoi, les précurseurs sont toujours mal payés. Quoiqu'il en soit, suite aux défections successives (c'était pas une mauvaise chose d'ailleurs lorsque l'on y réfléchi bien.) de leurs chanteurs, loin de toutes les considérations commerciales susceptibles de pervertir leur musique, les Karma to Burn sont redevenus ce qu'ils étaient, rappelons-le, à leurs débuts : un groupe instrumental. Un retour aux sources baptisé Wild wonderful purgatory, débarqué dans les bacs en 1999, sans doute une manière comme une autre de se racheter une virginité. Peut-être même un peu plus d'ailleurs, tant le premier titre de cet album claque à la face de l'auditeur avec ses riffs brûlants et sa rythmique carrée au possible. Petit hic, Karma to Burn se loupe royalement sur le second titre avant de se rattraper haut la main avec le troisième. Et là, c'est le drame, on recommence avec le 4e, un titre sans âme, sans inventivité. Voilà en gros le problème du rock instrumental : sans chant, quand ce n'est pas vraiment passionnant au début, ça devient rapidement d'un ennui mortel. D'autant qu'ici, KTB semble rater (ou réussir, c'est au choix, selon que l'on est d'humeur indulgente ou pas) un titre sur deux.
Verdict identique sur le reste des titres de Wild wonderful purgatory, qui ressemblent par moment au purgatoire du titre, un état de fait d'autant plus rageant lorsque l'on découvre que ce n'est autre que l'innénarable Neil Fallon (Clutch) qui devait initialement poser son flow sur les titres de cet album. En clair, une déception (relative) en douze mouvements au regard de ce dont semble être capable le groupe. et si quelques titres sortent évidemment du lot (les pistes 9 et 12 notamment) on était en droit d'attendre un peu plus de Karma to Burn. Séance de rattrapage au prochain numéro.