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Biographie > histoire d'une métamorphose

Un nom qui emprunte à la littérature, l'influence revendiquée de Pink Floyd et des sons annoncés comme proche de ceux de Mogwai ou de Godspeed You! Black Emperor, sur le papier, difficile de mettre la barre plus haut quand on est un jeune (enfin presque, ils se sont formés en 97 !) groupe clermontois mais Kafka a bien raison de viser haut... Ils n'ont pas eu peur de se frotter sur scène à Aston Villa, Sergent Garcia, Chokebore, Rien, JMPZ, Java... d'aller jouer au Printemps de Bourges 2002 puis de monter en région parisienne pour le tremplin Chorus des Hauts-de-Seine ... qu'ils ont remporté (et rejoignant au palmarés Louise Attaque ou La Grande Sophie !), une victoire qui leur permet de financer cet album éponyme. Les quatre instrumentalistes que sont Guillaume (basse), Rémi (batterie), Clément et Rémi (guitares) ont donc grandi dans l'ombre des grands et leur métamorphose arrive à son terme (ou alors à une nouvelle étape ?) car le 30 septembre 2004, Kafka, leur premier est disponible partout en France.

Kafka / Chronique LP > L'architecte

Kafka - L'architecte Pour décrire la musique de Kafka, j'ai parlé des "ambiances très cinématographiques". Pour le combo pas avare de collaborations et de projets pluridisciplinaires, travailler avec le cinéma est une forme de logique. Mais cet opus intitulé L'architecte n'est pas qu'une musique de film, c'est un vrai travail puisque la musique illustre autant les images que la vidéo vient colorer les concerts de Kafka et le Fonds Régional d'Art Contemporain d'Auvergne, qui chapeaute le projet, a également exposé des dessins de Marc Bauer, l'artiste touche à tout qui se sert du Nosferatu de Murnau comme point de départ pour traiter du totalitarisme. Les ambiances sont donc assez lourdes visuellement, les post-rockers amènent de la clarté par leurs guitares, une myriade de petits sons et des rythmiques bien marquées, la musique ne sert donc pas uniquement d'arrière plan et peut vivre par elle-même (sinon pourquoi en faire un album ?). Je ressens toujours l'influence de Pink Floyd (la chaleur des sons) même si ce qui ressort avant tout, c'est l'idée qu'on suit une histoire avec ses moments de tension ("Flou") et passages plus tendres (le thème de "L'architecte"). Voilà, encore bravo Kafka.

Kafka / Chronique LP > Geografia

Kafka - Geografia O est passé en 2008 au travers des mailles de notre filet, mais en passant du label auvergnat Vintage.corp à Pyromane Records, Kafka nous retrouve pour notre plus grand plaisir. Après une incartade avec Benjamin de la Fuente et avant de travailler sur Akouariom avec Jonathan Pontier, c'est donc seuls qu'ils offrent Geografia. Comment maintenant imaginer qu'un prof de géo fan de Pink Floyd et de post rock puisse écrire le moindre caractère négatif sur un album avec un tel titre proposé par un groupe post rock influencé par Pink Floyd ? Impossible. Ouvrons donc bien grand la boîte des compliments car ils sont tous largement mérités !
Plus doux qu'à leurs débuts, les Kafka livrent des ambiances très cinématographiques dans l'esprit (sans jouer avec des samples comme Microfilm), ils posent de relativement petits mouvements (six morceaux ne dépassent pas les 6 minutes) chargés parfois plus de bruitage que de mélodies ("Rapt", tiens, un titre de film...) où la tension monte et descend (les deux parties de "Rewind"). Dans le choix des sons de la guitare et des cymbales, ça me fait penser par moments à l'insouciance de More mais sur cet album, Kafka s'est affranchi de toutes références pour se rapprocher de sa personnalité, les différents territoires explorés sont donc davantage des ex-terra incognita que des bastions estampillés Pink Floyd ou Mogwai, leur Geografia est personnelle, complexe, difficile à classer et c'est ce qui rend leur planète-bulle si intéressante à découvrir (et à redécouvrir étant donné que chaque écoute apporte son lot de petits détails passés inaperçus jusque là). De toutes les régions amenées jusqu'à nos oreilles, j'ai une petite préférence pour "Spirals", guitares et rythmiques jouent avec nos nerfs et tourbillonnent jusqu'à nous faire perdre pied, un vrai régal.
Certainement trop chaotique pour les amateurs de pop rock structuré, cet opus ravira tous ceux qui ont l'âme aventurière, ceux qui savent qu'au bout de leur chemin, ils toucheront au but, accèderont à un trésor, et ici, le trésor c'est le chemin...

Kafka / Chronique LP > Kafka

kafka Difficile de parler de post-rock pour qualifier le genre de musique produit par Kafka, si c'est intégralement instrumental et que les 5 titres s'étirent en longueur (1h06 au total !), le groupe est difficilement comparable aux Mogwai et autres Godspeed You! Black Emperor, beaucoup plus rock et beaucoup plus psychédélique, Kafka joue avec son poids pour nous faire trembler là où les groupes précités jouent sur une tension plus aérienne, Kafka explore les graves de la basse tandis que les post-rockers préfèrent les notes cristalines des guitares. Voilà pour ce qui est du rapprochement facile avec la "nouvelle scène" (sic), pour ce qui est des influences seventies, elles sont bien présentes ce ne sont que des ... influences justement, le dosage est trés bon, on trouve en effet quelques ambiances dignes du Pink Floyd du début des années 70, là encore, c'est la basse qui fait la différence... Kafka ne joue pas uniquement sur la basse (même si elle est très présente), les rythmes (raaah, ce roulement Toolien sur "Neuf") ont aussi leur importance, sinon Manu (Tryo) ne serait pas venu tapé sur les tablas ("Faiseur de brumes") et les guitares s'en donnent à coeur joie à peu prés tout le temps. Cet album est donc un pur régal pour les amateurs de rock psychédélique instrumental, et malgré ce tiroir barbare où je les range, on ne s'ennuie pas une seconde durant l'heure que l'on passe en leur compagnie.Enregistré par Matthieu Pelletier et mixé par Bertrand Siffert (No One Is Innocent, Young Gods, Y Front...), Kafka est un groupe à part qu'il faut surveiller de prés et certainement aller adorer en concert.