rock Rock > Justin(e)

Biographie > La petite se fait re-belle

Justin(e) est un groupe punk rock tout droit venu de Nantes. Formé en 2002, le quintet devenu depuis 2007 quatuor balance un punk efficace influencé aussi bien par des pointures ricaines (Rancid, NoFx,...) que par nos gloires françaises comme les Rats ou PKRK. Le groupe enchaine les concerts (son terrain de prédilection), enregistre quelques démos, et une rencontre décisive avec Guerilla Poubelle va sceller l'avenir du groupe. Le groupe parisien branche les canaris pour enregistrer un premier album via Guerilla Asso et Crash Disques :

Du pareil au même est mis en boîte du coté de Nantes en décembre 2005. Depuis, les concerts s'enchaînent pour Justin(e) qui vient d'accoucher d'un deuxième disque qui sera dans les bacs en septembre prochain. Chouette...

Justin(e) / Chronique LP > d+/m-

d+/m- Putain, ce n'est pas trop tôt. Mais vous étiez où les gars ? Oh, je vous vois venir ! Des tournées (dont une avortée au bout de deux dates en Europe de l'Est à cause d'un sanglier qui taquine votre pare-choc), un concert baston au Hellfest en 2013, un split 10' avec vos potes de Santa Cruz, des projets annexes à foison (Maladroit, Poésie Zéro, Ultra Vomit), un studio à mettre en place par Fab (bassiste). Et alors ? Est-ce que cela mérite une absence discographique de trois longues années ?

Et maintenant, vous vous rendez compte dans quelle situation indélicate vous me mettez, Messieurs les Justin(e) ? Ce n'est pas que j'ai perdu la main (et l'oreille) avec votre discographie qui tient une belle place dans ma grande étagère, mais disons que j'avais un peu oublié, faute de nouveauté, que vous étiez terriblement efficace. Oh, on arrête de se marrer ! Vous savez très bien que dans le créneau du punk rock étiqueté Guerilla Asso chanté en français, c'est bien vous les meilleurs, et ce n'est pas nouveau. Et même si vous ne voulez pas froisser le patron, je n'ai que ça à dire : les boss, c'est vous ! Fallait pas nous coller D+/m- dans les mains (et donc les oreilles), bande de gros malins. Quinze titres aussi intelligents que divertissants, quinze titres toujours aussi efficaces et rentre dedans à la manière des gars de Treillières que vous êtes. Bon, si je peux me permettre, la production est un chouilla en dessous ce que vous avez pu nous proposer avec vos deux derniers albums, mais fallait bien que je trouve un truc à dire, sinon vous allez penser que je suis un fan. Quoi ? Je suis un fan ? Et alors ?

Et toi, Alexandre, tu n'en as donc pas fini de nous pondre des textes non dénués de sens et qui appellent à la réflexion ? Oh, les trois zicos, pas la peine de sourire, car je vais m'occuper de votre cas maintenant. Votre basse batterie est toujours aussi destructeur (Fab, tes lignes de basse, je les adore), et vos guitares n'en font pas des tonnes, jouant toujours à l'essentiel pour l'intérêt de l'ensemble. Mais non, ne rougissez pas, je pense vraiment à ce que je dis. Tous vos morceaux tiennent parfaitement la route, qu'ils soient dans un registre politico/sociétaire (« Le septième titre », « Au plaisir de vous décevoir ») et qu'ils empruntent un registre musicalement plus fun (« Deux ou trois rhinocéros », « Article 3 » ,« Viva World Cup » aux accentsUncommonmenfrommarsiens). Et vous me demandez si j'ai capté que ce disque se veut plus violent et plus direct que vos précédents disques ? Mais c'est qu'ils me prennent pour un abruti, ces Justin(e). Bien sûr, et ce n'est pas pour ça qu'il est moins bien, même si j'ai toujours aimé votre légèreté et votre magnifique sens de la dérision (que vous n'avez bien sur pas perdu). Alors, même si en colère, votre disque, je l'adore.

C'est pas tout ça, mais maintenant que vous avez fait les malins avec cet excellent D+/m-, il va falloir mettre un peu de gasoil dans votre van, remplir les flightcases, ressortir votre vieille carte Michelin ou votre GPS que vous n'avez pas mis à jour (vous ferez gaffe, les services de l'équipement ont construit un nouveau rond point juste après Paray-le-Monial sur la N79) et défendre ce disque en tournée. Ça vous apprendra !

Justin(e) / Chronique LP > Treillères über alles

Justin(e) - Treillères über alles Alors que l'enthousiasme du célébrissime Gui de Champi m'avait tout autant enveloppé lors de la découverte de Justin(e) et Du pareil au même, il faut avouer que j'ai eu du mal à le partager (l'enthousiasme, pas Gui de Champi, quoi que...) concernant l'Accident N°7, malgré des écoutes suivies, répétées plus que de raison, enfoncées au burin, martelées lourdement. Rien n'y faisait, cela tenait à un je ne sais quoi d'inexpliquable par les lois raisonnées de la physique mais la sortie de route semblait belle et bien réelle à mes oreilles.

C'est donc avec une certaine nonchalance accouplée à la vision des premiers flocons s'échouant sur le vélux de mon logis et redoublée du sentiment de ne pas trop y croire que l'index appuie sur "Play" après avoir laissé patienter le disque quelques heures dans la platine, plusieurs semaines après l'avoir récolté sur une distro d'une soirée bisontine, plus d'un an après sa sortie via l'improbable agrégation de Can I Say? Records, Guerilla Asso, Des Ciseaux Et Une Photocopieuse et le groupe lui-même via son asso.
Mais, instantanément les doutes partent en fumée, se volatilisent, bref, se désintègrent. En un éclair, on sait que c'est bon, très bon et même mieux : ultime. Voilà que les Nantais, à défaut de réinventer l'efficace recette de son punk-rock de base (mais pas basique) nous refont Du pareil au même mais en pas pareil, en mieux et en urgent, le tout sans incartade, toujours sur l'accélérateur, jamais sur le frein. Un tempo toujours à fond de cale, une salvatrice nervosité, une textuelle à la fois surréaliste, poétique, un brin anar' et dotée de second degré, la gestuelle précise et la manivelle à portée de main pour en découdre envers des supporters trop peu fervents. Ils évitent systématiquement la situation de hors-jeu, enchaînent boulets de canon sur tirs cadrés, donnent des leçons de fair-play à qui veut l'entendre, jouent de virtuosité à en faire pâlir Pelé et font entonner à leur public des refrains imparables. Tu auras sans nul doute compris que Justin(e) est toujours au sommet de son art et, faute de prolongation, qu'il n'y a absolument plus aucun moment à perdre avant de mettre la main sur Treillères über alles.

Justin(e) / Chronique LP > Accident n°7

Justin(e) - Accident n°7 Après l'excellente surprise suscitée par la sortie de leur premier album Du pareil au même, les coquines de Justin(e) se devaient de franchir une étape aussi importante que périlleuse : confirmer. Après une bonne tournée qui leur a fait visiter du pays, et une partie de chaise musicale (dixit ou plutôt exit Mr Jack),les Justin(e) ont repris les chemins du Drudenhaus Studio de Nantes pour mettre en boite Accident N°7. Et là, waaaaohhh, pouahhhh, grosse baffe ! Grosse grosse baffe !! Grosse grosse grosse baffe !!! Je pourrais continuer comme ça pendant longtemps, mais ça n'apporterait rien à cette chronique, et à coup sur, ça vous gonflerait. Tout ça pour dire, vous l'aurez compris, que ce deuxième album de Justin(e) est excellent. Pas seulement parce que les gaziers font référence au football ("Jean-Claude Suaudeau", l'excellent "Affreux, sales et méchants" et sa référence à Chris Waddle et Tony Vairelles, allez lens allez !). Pas juste en raison du livret ultra soigné du skeud. Non non non. Mais surtout parce que Justin(e) envoie le punk rock avec une grande classe. Pas de chichis, ça bourre, ça dénonce, ça cultive le bon goût, ça développe de vrais morceaux, bref, ça entretien le bon goût. Le premier album posait sur sillon les prémisses d'un groupe plein d'avenir, Accident N°7 marque un chapitre important dans l'histoire du punk rock français. Rien que ça. Car vous l'aurez compris, il va falloir sérieusement se carrer dans un bon coin du crâne l'idée qu'il va falloir désormais compter avec le quatuor Nantais qui, mine de rien, signe un disque plaisant, remuant, et sacrement intelligent. Intelligent dans sa façon de composer des morceaux dont le terme efficace prend toute sa valeur, des morceaux fichtrement bien foutus qui font remuer du popotin. Intelligent aussi dans les textes en français écrits en grande majorité par Alexandre qui font réfléchir avec un humour grinçant et des bon mots pour de sales maux, et ce sans tomber dans ce putain de piège de la démagogie. Rien à jeter dans ce disque qui, durant un peu plus de trente minutes, enfonce le clou et consacre ce putain de groupe.Mais Justin(e) s'en branle, ni gloire, ni fierté, rien à foutre, Justin(e) suit sa petite bonne femme de chemin et se place dans la belle famille du punk rock frenchy. Et s'il ne fallait n'en retenir qu'une, cruel dilemme, je citerais, sans chauvinisme aucun, "Vie de merde" avec la participation de Batbat des Vosgiens Diego Pallavas. Justin(e) n'a pas à rougir, elle va faire chavirer nos coeurs de rockers, la demoiselle va faire des ravages dans le pit et en complexer plus d'une. Bien fait !

Justin(e) / Chronique LP > Du pareil au même

Du pareil au même Autant vous le dire tout de suite, cette chronique de ce premier album de Justin(e) aurait dû figurer dans ces pages depuis quelques mois. Ok, cette galette n'est pas toute neuve, mais mieux vaut tard que jamais (on se rassure comme on peut, hein ?). Et pourtant, ça ne veut pas dire que je viens de me mettre entre les écoutilles ce disque punk rock qui déboite sévère. C'était pourtant mal barré. Quand j'ai reçu Du pareil au même, le nom de Justin(e) évoquait pour moi les petits protégés de Guerilla Poubelle, sensation dans le microcosme français du punk rock. Je ne suis pas un grand fanatique de GxP, alors tout de suite, un a priori aurait pu s'installer. Mais non, j'ai vite envoyé le skeud dans ma haute fidélité, et franchement, grosse baffe. Grosse grosse baffe. Chant en français, compos bétons, refrains efficaces, Justin(e), dès son premier effort longue durée, a déjà tout compris. Quatorze titres scandés totalement dans la langue de Molière, et une ribambelle de tubes. Le quatuor Nantais recycle avec un son moderne la grande tradition du punk rock français des années 80. L'esprit des groupes contestataires de la "grande époque" associé au chant à la limite de la saturation rend l'ensemble très attrayant, surtout que Justin(e) joue avec son temps bénéficiant d'une production des plus actuelles ; en ayant su digérer ses influences tant ricaines que frenchies. Le son est massif, les mélodies sont imparables et les textes largement compréhensibles à la première écoute (et ça, c'est vraiment un plus) oscillent entre sujets plus ou moins graves et cynisme à outrance presque hilarant. Justin(e) en veut, les quatre frappent un grand coup avec ce disque qui mérite une oreille (et un coup d'œil à l'artwork du livret impeccable.) Franchement, Justin(e) vient de foutre un sacré coup de pied dans la fourmilière et ce qui est sûr, c'est qu'il va falloir compter avec eux dans l'avenir. Putain, mais quel con, pourquoi avoir tant attendu avant de vous parler d'eux ? Vive le rock burné, vive le punk rock efficace, vive les mélodies, vive les morceaux bien faits, vive Justin(e) !!!