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Biographie > Un groupe qui te bouscule...

Au commencement, il y avait un duo réunissant Phil, alias "One Shot" (basse) et Audrey (batterie), deux musiciens qui "jamaient" dans leur coin en cherchant activement un troisième larron capable de tenir une gratte afin de former un groupe digne de ce nom. Le nom justement, il va être trouvé au début de l'année 2004, lorsqu'Antho, guitariste de son état rejoint le duo. Jostle, conçu pour faire bouger la scène indie-rock de la région marseillaise est alors formé, "la galère peut commencer" dixit le groupe lui-même.
Répétitions, composition, petites scènes locales et lors de la fête de la Musique 2004, à Aubagne, les membres de Jostle font une rencontre déterminante pour la suite de leur jeune carrière : un dénommé Fred devient alors l'ingénieur du son attitré du groupe. C'est lui qui va permettre au trio d'enregistrer sa première démo intitulée Reason my mind, un maxi CD composé de 5 titres qui voit le jour au printemps 2005.

Jostle / Chronique LP > Nine by three

jostle_nine_by_three.jpg Après un Reason my mind encore imparfait mais pas pour autant dépourvu de qualités rock'n rollesques, Jostle remet le couvert deux ans et demi plus tard avec son premier album long format baptisé : Nine by three. Soit neuf titres purement rock/punky déballés par trois jeunes gens qui ont décidé de retourner la citée phocéenne sous les coups de leurs riffs bien rentre-dedans. Le tout pour un disque par conséquent, plus long, plus rock, plus dur et pas coupé... Mais Jostle c'était quoi déjà ? Du "Rock avec un grand R pour te botter le cul" vient bruyamment nous suggérer "S.U.I.T". C'est simple, ça déborde de riffs électriques dans tous les sens, c'est exécuté avec une énergie débordante et surtout ça sent bon le groupe qui n'a pas forcément envie de révolutionner l'histoire du rock mais plutôt de nous servir une bonne rasade de décibels qui dépouillent. Juste pour défouler... "Burn" annonce la couleur : forcément ça va cogner. Et effectivement ça envoie plutôt pas mal, c'est assez punk rock dans l'esprit, un poil old-school sur les bords, le chant est plutôt efficace, les rythmiques bien carrées, mais sur ce second titre, l'ensemble manque un peu de rugosité pour vraiment marquer les esprits. Dans un album de punk-rock efficace et bien troussé, on trouve fréquemment une ou deux ballades, qui trop souvent pêchent par leurs clichés grossiers et leurs mélodies FMisées à souhait. Jostle a su éviter l'écueil et se sort plutôt bien de l'exercice sur "All I want" mais se rate complètement sur "1981". Poussif, mellow, le groupe vient s'enferrer dans des plans largement déjà vus ailleurs. Séance de rattrapage avec le très pêchu "Far gone" puis "Contradiction". A l'énergie, le trio marseillais envoie quelques bon passages de rock efficace, punchy et bien troussé. Un petit peu de légèreté sur le plus déconneur "Feel the cry", un brin alcoolisé, le power trio balance un pur titre post-punk dans les tuyaux auditifs avec "Rock isn't dead" (une référence à The Hellacopters ?). Chant revitalisant, choeurs féminins, soli de gratte bien claqués, mélodies power-pop hi-energy... par rapport au premier EP, il y a du mieux et Jostle parvient à se sortir avec les honneurs de l'épreuve du premier album.

Jostle / Chronique EP > Reason my mind

jostle_reason_my_mind_artwork Power rock indie aux influences (trop ?) punkisantes, le "Reason my mind" introductif, de ce premier effort signé Jostle, brille par son aspect lisse et sans aucune innovation, ce que l'on appelle parfois formatage, surtout lorsque l'on oeuvre dans un genre aussi balisé que celui-ci. Riffs de grattes somme toute très conventionnels, rythmiques enlevées mais déjà cent fois vues ailleurs, chant qui nous fait penser à tout un tas de sous-groupes punk rock américains qui ont déferlés jusqu'à chez nous ces dernières années (sic), on est en terrain connu, trop connu...
On s'attend alors au pire pour la suite de cet EP et là surprise, Jostle nous envoie dans les tympans un "No complex" qui porte plutôt bien son nom. Percutant, énergique et énergisant. Du rock pur et dur que le trio marseillais nous sert sur un plateau et qui rattrape la déception "Reason my mind". Un partout, la balle au centre. Jostle reprend alors l'avantage avec un "Alone" légèrement orienté punk, mais efficace et accrocheur, un titre dont le potentiel de sympathie augmente soudainement avec la petite surprise finale, un sample complètement décalé, extrait d'une des répliques de Marty McFly dans la trilogie des Retour vers le futur. Qu'est-ce que ça vient faire là exactement ? Rien, mais pour le coup, c'est assez amusant et furieusement rock'n roll. D'autant que le groupe ne perd pas le rythme et enchaîne directement avec un "I say" fort sympathique et un peu dans la même veine que les deux titres qui le précède. Pas révolutionnaire loin s'en faut, mais ça doit valoir son pesant de cacahuètes en live. À condition que Jostle fasse l'impasse sur le dernier titre de cet EP, un morceau intitulé "Clara" qui commence d'ailleurs plutôt très bien avant de sombrer complètement et de se commettre dans un sous punk-rock chanté en espagnol. Alors certes, les riffs sont par moments efficaces et le tout se veut encore une fois très énergétique, mais le songwriting frise le zéro absolu et les rythmiques sont téléphonées au possible. Pour faire court, le groupe rate magistralement sa sortie, alors qu'il s'était jusque là bien plutôt bien comporté, malgré une formule un peu toute faite...
Résultat des courses, deux morceaux que l'on qualifiera de très oubliables et trois titres qui tiennent plus qu'honorablement la route, Reason my mind est un EP qui laisse une impression assez mitigée. Un peu comme si le groupe était tout à fait capable de produire des titres et un album de bonne facture, mais avait une fâcheuse tendance à parfois s'égarer un peu en route. A revoir.