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Joe4 / Chronique LP > Njegov Sin

Joe4 - Njegov Sin Les Croates de Joe4 passent au format album après un EP sur-convaincant intitulé Enola gay sorti sur Whosbrain records (Adolina, Io Monade Stanca, The Glad Husbands, Filiamotsa...) en 2011. Et pour se faire, le groupe a fait venir Steve Albini (Nirvana, Neurosis, The Breeders...) en Italie, même s'il semble qu'ils soient plutôt déçus de l'expérience avec le gourou du son indé. (cf : Le message sur leur bandcamp : "Steve Albini played Scrabble on Facebook almost the entire time we were recording. We don't know if he remembers what our album sounds like").

Par contre, de notre coté, pas de déception à l'horizon tant dès les premières écoutes, la musique de bonhomme de Joe4 te saute à la gorge pour ne plus te lâcher, à l'image de la pochette qui affiche déjà les intentions carnassières. Rien de rutilant ici, juste des compositions d'obédience noise qui lorgnent toujours autant du coté d'Unsane et Big'N pour un résultat puissant qui captive immédiatement. Même si le tout peut paraître assez rustre durant les premières prises de contact, on est bien vite capable de discerner le boulot de bûcheron qui se cache derrière ces 10 titres compacts as fuck et la foultitude de nerfs qui pullulent dans un tout décharné mais pas dénué d'âme, loin s'en faut.
D'autant que le groupe sait ménager l'auditeur avec un songwriting qui décline merveilleusement le mot "boucherie" en musique. Et sans faiblir un seul instant, la fin de l'album recèle d'ailleurs un des sommets avec "Almost a boy", un titre qui commence tout doucement pour ensuite conjuguer tout ce qu'on aime chez Joe4 : des vocalises arrachées, de la testostérone par palettes et un propos toujours galvanisant au possible.

On n'en finit pas de leur lécher les bottes mais encore une excellente sortie pour Whosbrain records, un label dont on ne parlera jamais assez au vu de la profusion des sorties de qualité dont ils font preuve depuis quelques mois. Mention excellent.

Joe4 / Chronique EP > Enola gay

Joe - Enola gay La scène musicale en Croatie, j'y connais que dalle et voilà, avec cette chronique d'Enola gay de Joe4, un moyen de faiblement amoindrir mon ignorance sur la question. Oui, ils sont croates (de Zagreb plus exactement) et ont juste parfaitement digéré l'héritage noise de Chicago et New York : Big'N, Shellac, Unsane et consorts, avec pour preuve ces 5 titres ravageurs. Le son est parfait (signé Carl Saff, le même gars que le dernier Shub, Fuck My luck), on a l'impression que les musiciens jouent dans notre salon et niveau composition, c'est parfait et millimétré au poil de barbe près.
"Pigman", le premier titre de cet EP, est une sacrée entrée en matière et reste probablement le sommet de cet effort, un de ces titres noise décharnées qui met les poils des bras au garde à vous : riff vénéneux, gorge déployée, section rythmique solide et hargneuse... C'est du grand art comme on aimerait en bouffer plus souvent. Et d'ailleurs, si "Pigman" te pète les genoux en deux façon Bruce Lee vs Kareem Abdul Jabbar, le second et le troisième titre, soit "Postman" et "Pop is", c'est littéralement le coup du lapin : bim, bam, boum, mange ça ! Le menu est sensiblement le même, destiné à te mettre K.O dès les premières salves. Avec "Johnny" et "His profile", ça calme sensiblement le jeu, la puissance de feu est plus nuancée en gardant ce propos rêche, livrant quelques petits espaces de respirations à l'auditeur mais ça reste toujours du high-level. Excellentissime découverte. Et, dernière chose, ils ont l'air d'avoir un merchandising super classe à base de T-shirt floqué avec un dessin de sanglier. Si tu veux avoir la top méga classe pour aller à la chasse à la poulette indé' durant les prochains concerts, ça me semble pas négligeable...

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