Joan & the Sailors A la première écoute de "Silly loving lovesong for humble gentleman" (les suivantes aussi cela dit), on pense forcément à Portishead, Beth Gibbons et la scène de Bristol en Angleterre tout ça...(toutes proportions gardées s'entend) puis on creuse un peu, on découvre des morceaux comme "Jailheart" et "Time of no Time" et on se dit que cela ne peut décidément que venir de là. Et pourtant non. Car Joan Seiler, l'âme et la voix de Joan & the Sailors est suissesse et débarque de Lucerne (en Suisse oui...). Egalement guitariste, elle est entourée de Magdalena Bucher (violoncelle, chœurs), Mario Dotta (guitare, chant, percussions), Sergio Cruz-Crespo (guitare, chœurs), Danijel Tolic (basse) et Marc Rambold (batterie) et livre ici un premier album serti de quelques douze compositions oscillant en permanence entre trip-hop, indie-folk et pop-rock à l'anglo-saxonne.
Le programme est alléchant sur le papier : les morceaux se suivent et dévoilent des atmosphères jazzy aux textures presque lascives, des ambiances empreintes d'une poésie désenchantée flirtant entre une mélancolie sulfureuse et une tension bluesy très intimiste. Une tristesse lacrymale, crue et ombrageuse, une personnalité artistique déjà très affirmée mais et c'est là que le bât blesse, il manque ce petit truc en plus qui fait la classe des grands. En l'état Joan & the Sailors est un collectif de musiciens faisant presque tout très bien, effleurant presque les contours de l'excellence... bref, un groupe qui réussit presque son album. Sauf que le "presque" est ce qui sépare souvent les vrais bons disques de ceux que l'on oublie un peu trop vite, et fait de ce Mermaid un recueil de chansons pop/trip-hop/folk qui auraient pu éblouir et bouleverser par sa tristesse poignante et qui finalement se révèle assez fade... et frustrant, avec encore pas mal de chemin à parcourir avant de venir titiller ses glorieux modèles.