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Absorbé dans des influences qui n'ont rien de personnelles avec Radiohead, The Smiths, S-Club, ainsi que du hip-hop et des chansons folkloriques, Jim Moray s'immerge pour les édulcorer et y extraire des folksongs de sa tête. 21 ans à peine, et Jim enregistre et produit lui-même son premier disque, sur son propre label : Niblick Is a Giraffe. Notons au passage, que l'énergumène obtient une maîtrise en musicologie et composition au conservatoire de Birmingham, 4 ans durant lesquelles y participera à plusieurs groupes locaux, tout en apprenant la basse et la guitare. Travaillant jour et nuit, soit à la composition ou à l'enregistrement, Jim Moray fini par se faire remarquer dans le microcosme folk et participe à quelques concours. Son premier album, Sweet England est un recueil folk aux accents électroniques inattendus.

Jim Moray / Chronique EP > Sweet England

Jim Moray : Sweet England Violons langoureux, relents folkloriques, la mélancolie qui se dégage des chansons de Jim Moray est douce et intense, se diffuse lentement comme un brouillard dans le Kent,comme une campagne anglaise qui aurait reçu des influences involontaires, pas forcément des plus avisées, mais néanmoins des influences, prenant de chacunes la pointe de folie qui portent conseil et écumant l'optimisme à la crête de ce plasma musical. "Early one morning/Young collins" et "Lord Bateman" donnent ainsi le ton, une voix chaleureuse, un peu traînante, et, malgré tout l'héritage de la pop anglaise, des samples subtilement encastrés dans l'édifice musical, qui y font leur nid, ainsi qu'une basse omniprésente qui ondule sensuellement.
Les chansons de Jim Moray sont un peu comme des caramels mous, qui fondent dans la bouche, et qui font du bien l'hiver, même si certains titres sont un peu trop 'mellow' justement. Enfin, celà n'enlève aucune des qualités de ce Sweet England, qui s'élève dans le ciel automnale, notamment à l'occasion de ce "Gypsies" merveilleux, craquements de feuilles mortes, pelletés de notes égrainées avec rancoeur, c'est un blues anglais, un Leadbelly perdu dans la forêt de Birmingham, douce voix, guitare mordante, trompette décalée, errante, bohémienne...
Jim Moray exploite son côté folklorique avec un "April morning" flatteur, qui fait la part belle aux violons, mais sans grande originalité, comparé au symphonique "The seeds of love" qui vire côté trip-hop, Tricky à du sang à ce faire, le rythme est lent et chaloupé, l'ensemble bien ficelé, le beat erratique, un vrombissement à la Radiohead qui amplifie la sensation hypnotique du titre. Guitare au son brut, sans fioritures, sans effet, si ce n'est celui de l'attaque du médiator, voix sans excès, qui lentement déroule sa prose, des samples qui surgissent 'from outer space' pour se combiner avec magie à l'ensemble déjà en équilibre, Jim Morray est à l'image cette nouvelle campagne anglaise, une culture pop et folk lentement gagnée par des influences électroniques, jazzy et vintage, comme l'atteste "Gypsies", "The seeds of love" et "Two sisters".