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Biographie > Jérôme Mardaga

L'histoire de Jeronimo est une histoire belge pas drôle. Jérôme Mardaga compose tout seul, du côté de Liège, en 2000, ces chansons sont encore anodines, et Radio 21, illustre radio rock wallone, s'empare d'un titre, "Ton éternel petit groupe", la Belgique chavire. Jérôme Mardaga s'entoure d'un bassiste et d'un batteur, Jeronimo est formé, le maxi se place dans les têtes et le petit label Anorak Supersport décide de faire confiance au trio pour un album. Il sort en avril 2002 en Belgique, remporte un franc succés, garantissant au goupe un passage dans toutes les salles et tous les festivals de Wallonie ! Le Québec, l'Espagne, la Suisse et enfin la France se mettent au diapason, c'est Capitol qui décroche le pompom (big up à Radio 21) et nous sort l'album Un monde sans moi à l'automne 2003.
Aprés une grosse tournée, c'est en trio que Jeronimo enregistre 12h33, un album qui sort en France en octobre 2005.

Jeronimo / Chronique LP > 12h33

jeronimo : 12h33 Le monde vit désormais avec Jeronimo qui lui vit désormais avec deux partenaires sur scène et en studio : Sacha Symon à la basse et Thomas Jungblut à la batterie. Et mine de rien, ça fait beaucoup de changement, nous, on compare ce nouvel album à l'ancien, eux l'ont composé ensemble... et aprés une tournée où le côté électrique du trio a pris les devants... On pouvait s'attendre à un 12h33 plus rock, plus "live" qu'Un monde sans moi et on obtient un album très écrit où la finesse des arrangements et la pertinence des textes font mouche. La guitare est toujours là (acoustique sur "Moi je voudrais" ou "Avoir un petit", électrique sur "Les mains qui tremblent", aventureuse sur "Pour partir"...) mais on sent que les titres ont été construits à plusieurs ainsi "Je vais tout plaquer sauf toi" ou "Devant tout le monde" donnent beaucoup de place aux rythmes, la basse se mêle à sa voix sur "De l'autre côté de la mer" et les touches électroniques sont plus discrètes, l'humain est passé avant la machine...
Dans ses textes, Jeronimo est en même temps cynique et drôle ("Je vais tout plaquer sauf toi" : Je vais tout plaquer sauf toi, de l'or massif ça ne se plaque pas, ma mémoire aux machines et mon cerveau à TF1, mes poumons à Marlboro et mon cadavre au médecin...), nous terrorise sans fin avec le superbe "Tous les gens que tu aimes vont mourrir un jour" mais sait aussi nous attendrir avec "La chienne de Baïkonour" ou "Avoir un petit". 12h33 fait apparaître des personnages qui prenent vie le temps d'une chanson (200 secondes environ) et disparaissent avec les mélodies suivantes, dans cette galerie Jeronimo a également disposé quelques miroirs ("De l'autre côté de la mer") pour donner vie à son histoire. C'est réussi et touchant.
En bonus Jeronimo offre le clip de "Les mains qui tremblent", le premier single, un clip assez glauque dont le début et la fin se mordent la queue, de belles images pour illustrer les souvenirs dont on ne peut se défaire. Nous, on aimerait ne jamais perdre ce Jeronimo là...

Jeronimo / Chronique LP > Un monde sans moi

jeronimo : un monde sans moi Les belges ont donc également leur mot à dire en matière de "nouvelle chanson française", de ses illustres prédécesseurs, Jeronimo tient plus d'Arno que de Brel (éternelles références qui valent quand même mieux que Johnny...). Jeronimo est désinvolte, franc, direct, léger, simple. Il parle de la vie, de sa vie, épure les guitares et les rythmes, s'embarasse de quelques loops électroniques qui fendent les atmosphères, donnent du charme en sortant d'on ne sait où. Il électrise les guitares et leur donne autant d'importance que ses textes, des paroles chantées, parlées, parfois chaudes, parfois distantes, Jeronimo n'a pas peu de parler de "gros nibards" ("L'été inoubliable"), de prendre un ton mélancolique pour tailler en pièce la société monégasque ("A Monaco") ou de nous embrumer dans ses rimes ("Le frisson"). On pense à Prohom quand passent entre nos oreilles "Ma femme me trompe" ou "Ton éternel petit groupe", au "Là-bas" de Noir Désir quand arrive "Sarah", mais ces sensations n'occultent pas le ton propre aux liégeois. A toutes ces bonnes choses, il faut ajouter que le trio est couillu, ils adaptent en français un standard de Bowie et offrent donc "J'ai peu des américains", rythmes précis, gros riffs distordus et la vie de Johnny défile (celui qui vit en Amérique, pas notre star "nationale"), j'ai si peur des américains (...) Dieu est un américain et tout d'un coup, ce sont des souvenirs de Virago qui refont surface.
Un monde sans moi est un premier album très réussi, heureusement qu'il est là.