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Jeronimo > Chronique LP / Un monde sans moi
Les belges ont donc également leur mot à dire en matière de "nouvelle chanson française", de ses illustres prédécesseurs, Jeronimo tient plus d'Arno que de Brel (éternelles références qui valent quand même mieux que Johnny...). Jeronimo est désinvolte, franc, direct, léger, simple. Il parle de la vie, de sa vie, épure les guitares et les rythmes, s'embarasse de quelques loops électroniques qui fendent les atmosphères, donnent du charme en sortant d'on ne sait où. Il électrise les guitares et leur donne autant d'importance que ses textes, des paroles chantées, parlées, parfois chaudes, parfois distantes, Jeronimo n'a pas peu de parler de "gros nibards" ("L'été inoubliable"), de prendre un ton mélancolique pour tailler en pièce la société monégasque ("A Monaco") ou de nous embrumer dans ses rimes ("Le frisson"). On pense à Prohom quand passent entre nos oreilles "Ma femme me trompe" ou "Ton éternel petit groupe", au "Là-bas" de Noir Désir quand arrive "Sarah", mais ces sensations n'occultent pas le ton propre aux liégeois. A toutes ces bonnes choses, il faut ajouter que le trio est couillu, ils adaptent en français un standard de Bowie et offrent donc "J'ai peu des américains", rythmes précis, gros riffs distordus et la vie de Johnny défile (celui qui vit en Amérique, pas notre star "nationale"), j'ai si peur des américains (...) Dieu est un américain et tout d'un coup, ce sont des souvenirs de Virago qui refont surface.
Un monde sans moi est un premier album très réussi, heureusement qu'il est là.
Note :
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