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Biographie > Jenny for ever

Jeniferever voit le jour en 1996 du côté d'Uppsala (Suède) mais ne sort son premier effort discographique qu'en 2001 avec l'EP Chronicles of Omega. Une fois lancé, le groupe enchaîne avec trois nouvelles sorties entre 2002 et 2004 (dont un split). En 2006, alors que le groupe fête déjà ses dix ans d'existence, paraît Choose a bright morning, premier album long format du quartet scandinave. Le succès d'estime est au rendez-vous et le groupe se fait remarqué un peu partout où il passe. Un EP intitulé Nangijala plus tard (2008) et voici que le groupe passe la seconde avec Spring tides, un disque sorti conjointement par Monotreme Records (65Daysofstatic) et Denovali Records (Celeste, Kodiak, Les Fragments de la Nuit...).

Jeniferever / Chronique LP > Silesia

Jeniferever - Silesia Artwork très classe pour le troisième album des suédois de Jeniferever qui, comme à leur habitude, soignent tout particulièrement l'esthétique visuelle de leurs disques pour mieux mettre en relief leur musique. Parce qu'ils ont compris que le disque d'aujourd'hui, ce n'était pas seulement un contenu, mais un objet de désir, que le collectionneur veut profiter réellement de ce qu'il acquiert et qu'on ne peut plus tricher avec lui. Et çe constat, les scandinaves l'ont depuis longtemps à l'esprit, eux qui ont confié la réalisation des très belles éditions vinyles de leurs albums (Choose a bright morning, Spring tides) au label Denovali Records, sans doute la référence du genre sur le vieux continent. Encore faut-il que le contenu soit à la hauteur du contenant. Mais avec eux, il l'est forcément...

Mélange de pop new wave et de rock indie à haute teneur émotionnelle, quelques nappes de post-rock ascensionnel et un soupçon de shoegaze électrique en guise de nappage, l'éponyme "Silesia", ouvre l'album en mettant le groupe sur orbite et l'auditeur avec lui. Dominant la scène européenne du haut des sommets enneigés esquissés sur la pochette de ce troisième effort long-format, les Jeniferever multiplient les offrandes indie-pop aux mélodies savamment ciselées et arrangements scintillants, ces "Waifs and strays", "The beat of our own blood" et autres "A drink to remember" qui résonnent comme autant de pépites aux allures de tubes imparables. Loin des grosses machines made in "majors" calibrées, les nordiques restent dans sphères indépendantes (ils sont signés depuis Spring tides chez l'anglais Monotreme Records) pour affiner la sensibilité de leur songwriting comme l'élégance glacée de leurs instrumentations. Et c'est du reste, assez logiquement, ce qui leur sied le mieux.

Ce qui ressort de l'écoute répétée de morceaux qui, à l'image d'un "Cathedral park" majestueux ou d'"Where the hills fall towards the ocean" tout en retenue pudique et parvient à révéler mille nuances et petites finesses au fil des minutes, suit cette logique. Imparable. On aurait alors pu se dire que, malgré ses qualités d'écriture évidente et un vrai travail d'orfèvre réalisé sur les mélodies, ce Silesia manquait peut-être un peu de nerfs. "Deception pass" vient effacer cette vague impression naissante en laissant s'abattre sur la platine un déluge de décibels, une tornade électrique dense et ravageuse qui emporte tout sur son passage pour mieux imprimer sa marque dans la mémoire de l'auditeur. Une réussite absolue qui permet au groupe de changer de rythme l'instant d'après, pour ne jamais refaire ce qu'il a déjà fait quelques instants plus tôt. On a ainsi droit à la petite ballade bucolique avec "Dover" ou à la magnifique conclusion qu'offre "Hearths" à cet album, sans la moindre fausse note. La grande classe.

Jeniferever / Chronique LP > Spring tides

Jeniferever - Spring Tides LP Après avoir conquis son monde avec son premier album (Choose the bright morning NDR), Jeniferever revient avec ce Spring tides qui s'annonce comme étant porteur d'une responsabilité autrement plus ardue à assumer pour le collectif Suédois. Car auprès avoir séduit, charmé, subjugué, il lui faut maintenant savoir durer, maintenir l'équilibre qui fait naître la magie d'une relation dans le temps. Pour ce faire, les natifs d'Uppsala déposent délicatement sur notre platine, dix nouvelles compositions pour une heure de musique. Mélange de pop-indie et de post-rock, la musique du groupe évite invariablement l'écueil de la mièvrerie de l'une sans pour autant céder aux facilités inutilement démonstrative de l'autre. Le résultat est aussi euphorisant qu'une longue ballade romantique aux abords d'un fjörd scandinave par une douce matinée d'hiver. Une petit soupçon de dream-pop embrassées par des des textures shoegaze elles-mêmes enchevêtrées dans des constructions harmoniques ouvertement post-rock, c'est avec des titres de la trempe de "Green meadow island" ou "Concrete and glass" que Jeniferever tisse sa toile. Avec une aisance hors du commun.
Et lorsqu'ils décident de se sublimer, là, les Suédois semblent intouchables comme lorsqu'ils nous offrent le magnifique "Ox-eye", avant d'enfiler les pépites avec une régularité confondante : "St Gallen", "Nangijala". Clavier enjôleur, cordes délicatement frottées, voix perchées sur les hauteurs, ambiances new-wave, le groupe met tout ses atouts au service d'une musique rêveuse et intimiste, véritable invitation à l'ataraxie émotionnelle. Navigant les yeux fermés au coeur d'une véritable constellation d'astres mélodiques (à l'image de son artwork d'ailleurs), Jeniferever converse avec les cieux et se laisse porter dans la stratosphère par ces nappes ambiantes doucereuses qui viennent envelopper "Lives apart". Un album comme Spring tides a sans doute besoin de quelques tubes pour pouvoir exister par lui-même. Alors le groupe s'exécute et commet sous nos yeux un double hold-hup avec "Sparrow hills" et "The hourglass" enfin de disparaître de la scène, par un habile tour de passe-passe électrique dont lui seul semble avoir le secret ("Ring out the grief"). A l'écoute de cet album, on se dit que Jeniferver est assurément de ces groupes, rares, qui savent faire l'unanimité autours d'eux. Et à ce titre Spring tides n'est sans doute pas loin d'être leur chef d'oeuvre.