Rock > Jellyfish
Biographie > Rock tentaculaire
Oceansize, Radiohead, Tool, A Perfect Circle, Quentin Tarantino et bien sûr Bob l'éponge, autant de références prestigieuses (sic) que cite volontiers Jellyfish dans le press-book chargé de présenter son travail. Sinon à part ça, Jellyfish (pieuvre en anglais) possède cinq tentacules prénommés Ced (chant), Brizio (guitare, trompette), John (guitare), Ben (basse) et Yan (batterie), tous au service d'un art-rock conceptuel, alternatif, original et pour le moins ambitieux. Désireux de se forger une véritable identité artistique, les membres de Jellyfish n'hésitent ainsi pas à user d'artifices aussi bien sonores que visuels (jeux d'ombres chinoises, projections vidéo...) pour accompagner leurs performances live et par là-même permettre le renouvellement constant de leur musique.
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Jellyfish / Chronique EP > Bunkers and cathedrals
Faisant suite à un Shout to no one déjà prometteur pour un premier essai discographique, Bunkers and cathedrals doit confirmer les attentes suscitées par son prédécesseur. A l'heure de poursuivre sa route, Jellyfish a décidé de reprendre les éléments qui faisaient la force du premier EP et de le dynamiser par une production finement soignée et un songwriting inventif. Un "Silent apocalypse" introductif et tortueux en forme d'hommage à peine déguisé au travail d'Oceansize, entre post-rock labyrinthique et noise abrasive, "la pieuvre" livre là un morceau exigeant, puissant et sans concession. Avec Jellyfish, plus de doute, soit on reste collé aux enceintes, soit on passe notre chemin sans regret. Une intro dantesque, des nappes de guitares hypnotiques, "Halfway", troisième titre de ce deuxième EP, se montre plus grandiloquent. Mélodies indie-rock tendues et déchirantes, guitares toujours sur la corde raide, la musique des clermontois évoque celle de Muse dans sa meilleure période mais ne peut s'empêcher d'en faire un peu trop.
Reverb exacerbé, un trait un peu trop forcé, hurlements déchirants, Jellyfish en fait des tonnes pour convaincre, sans pour autant y parvenir complètement. Entre-temps, "Poison" le précède et met son auditeur à genou en quelques secondes à peine. Le "single" de ce Bunkers and cathedrals, disponible dans sa version intégrale et dans une version "radio edit" étant donné qu'il a eu droit aux honneurs radiophoniques, montre le visage le plus efficace de Jellyfish. Des guitares incisives, des mélodies saturées à la violence désespérée toujours sur le fil du rasoir, un chant qui, une fois de plus, évoque celui d'Oceansize, le groupe développe son concept art-rock de manière paroxystique et nous met une belle claque derrière la nuque. Impressionnant. Bunker and cathedrals est l'écrin qui renferme des émotions brutes qui ne demande qu'à être ressenties. A ce titre, elles jaillissent dans les enceintes comme les éruptions de lave incandescentes d'un volcan en fusion. Car, des titres tels que l'excellent "My chaotic field" ou "Shout to no one" qui fait référence au titre du premier essai discographique du troupe, nous envoient leur violence sèche en pleine figure, sans pour autant que le groupe ne puisse être taxé de "hardcore". Toujours dans une veine "indie-rock", Jellyfish brise les conventions d'un genre pour les dépasser, se dépasser et créer une musique aussi dépressive que fulgurante. Salvateur...
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Jellyfish / Chronique EP > Shouting to no one
Maxi 4 titres autoproduit, Shouting to no one ne s'accompagne évidemment pas, lors de son écoute, de tout ce qui fait la particularité des concerts de Jellyfish (voir biographie), la perception du travail du groupe pouvant donc être un peu différente de celle que l'on peut avoir en découvrant le quintet sur scène. Ceci étant précisé, la premier adjectif qui vient à l'esprit à l'écoute de "Alive", c'est "old-school" au niveau du chant et "puissant" du point de vue des instrumentations. Et pour le coup, c'est assez surprenant la première fois, car plutôt éloigné des références citées dans la biographie du groupe. La suite l'est moins (éloignée).
Effectivement, certaines lignes de guitares de "Newlyweds headbanging club" ou "Comedown" peuvent évoquer par instants le travail de Radiohead, mais force est de constater que dans l'ensemble, les références sont loin d'être évidentes, mais c'est sans doute un mieux, trop de groupes ayant déjà usé jusqu'à la corde le concept du "Tool-like" pour épater la galerie. Jellyfish sonnant de toutes les façons assez rock, voir un peu pop à certains moments, les comparaisons peuvent être rangées au placard, la musique du groupe se révèle assez personnelle, travaillées, mais également parfois un peu somnolente.
Comprenez par là qu'il faut être bien réveillé pour tout suivre à moins de piquer du nez dès la fin du second titre. Et si l'organique et tentaculaire "Neuronal", qui boucle cet EP, est par bien des égards plus fascinant et envoûtant que ses prédécesseurs, certains auront sans doute déjà perdu le fil avant d'arriver jusque là. Et ce serait dommage tant cet ultime morceau captive les sens par ses crescendo très post-rock et ses sonorités atmosphériques. Un dernier morceau particulièrement réussi qui met un point final à un maxi à moitié convaincant, tant on se doute fort qu'en live, la musique de la pieuvre Jellyfish prend un tout autre sens.
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