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Biographie > Sex, accordéon et alcool

Depuis 2000 et leur premier album, Hawaï, les parisiens de Java ont apporté des éléments qui faisaient défauts au rap : une touche de musette et de chanson française avec une pincée de folklore. Fixi (François-Xavier Bossard ) à l'accordéon et au piano, R.Wan (Erwan Seguillon) au chant, Bristol Banto (Alexis Bossard) à la batterie et aux samples et Pépouseman (Jérôme Boivin) à la (contre)basse élaborent une imparable devise : "Sex, accordéon et alcool". La formule fonctionne inévitablement et un an plus tard sort un live intitulé Java sur scène. Alors que "Pèpètes" résonne sur les ondes de Radio Nova, le groupe compose et enregistre, en grande partie au Brésil, son deuxième album Safari croisière en 2003. Trois ans plus tard, les membres de Java mettent de côté le projet. R.Wan sort deux albums en solo tandis que le reste de la troupe collabore sur l'album Paris Rockin' du jamaïcain Winston Mc Anuff. En avril 2009, l'aventure reprend puisque les Parisiens présentent leur troisième effort Maudits français sorti chez Makasound.

Java / Chronique LP > Maudits français

Java - Maudits français Les pères de la devise "Sex, accordéon et alcool" sont de retour depuis un an et après six ans de silence discographique. Enfin, presque. R.Wan s'est évadé en solo avec ses Radio cortex, les autres ont passé un peu de temps avec le reggaeman Winston Mc Anuff et l'impatience suscitée autour de la sortie du troisième album des parigos allait s'estomper progressivement. Et voilà qu'arrive sous l'étiquette Makasound, Maudits français. Une expression tant usitée de l'autre côté de l'Atlantique au sujet des français qui eux-mêmes n'en saisissent pas toujours le sens, ce qui a le mérite de bien faire marrer les gens de la Belle Province quand les cousins débarquent. La démonstration d'R.Wan sur "Mots dits français" est un condensé parfait des quiproquos linguistiques qui peuvent exister entre les deux nations. On pouvait imaginer le sujet prendre une bonne partie du disque mais il n'en est rien. Après une franche rigolade sur ce titre, léger retour en arrière dans la tracklist.
Ce troisième opus démarre sur une intro discrète pour rappeler que Java c'est toujours ces notes d'accordéon qui nous obsèdent depuis leur album-référence, Hawaï. On remet les couverts comme il y a dix ans à base d'accent parigo surjoué sur un "j'me marre" aux cuivres plaisants. Le quatuor n'a pas perdu son "folklore" et le défend plus que tout au monde avec une âme festive mais parfois plus sérieuse à l'image d'un "on" dont le sujet est la peur de l'autre. Et si Java ne tape pas trop dans le rock, c'est parce que "le rock français c'est aussi absurde que faire du vin anglais et la différence entre le rock et le vin est fondamentale : le rock ca vieillit mal et le vin ca vieillit bien". Et ce n'est pas pour nous déplaire lorsque suit un "J'java" faisant la démonstration d'un jazz-manouche super bien ficelé. La poésie d'R.Wan vibre sur un "l'amer à boire" aux effluves d'alcool qu'on sent à l'oreille. Ses textes, assez variés pour ne pas trop se faire chier (c'est important de le signaler vu ce qu'on se tape dans ces genres musicaux), sont un nombre de constats, un récit d'états d'âmes exposés "à la parisienne" avec une touche humoristique ("tête de nœud"), parfois légère ("Ta gueule") ou ironique ("Paris musée"). Ce disque est une vraie réussite musicale, très complet (chanson française, jazz, rock, rap, musette), peut-être plus diversifié et revenant aux charmes d'Hawaï avec un groove plus prononcé. Alors que Safari croisière était mi-figue, mi-raison, Maudits français permet à Java de se remettre en selle en ayant la banane et en distribuant de bonnes pêches.