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Combo complètement atypique, par sa composition, deux basses dans un groupe de rock, il faut avouer que l'affaire n'est pas courante. Deux basses et pas l'impression qu'il ne manque une guitare, vu que l'une des basses tient justement ce rôle d'une manière magistrale, un peu à la façon de Cornu. La musique d'Ipecacuana est également un peu décalée, étrange, avec un petit grain de folie qui s'exprime dans les angles, une saturation aérienne qui s'enroule autour du manche. Influences diverses pour Ipecacuana, qui enchaîne avec fracas des références diverses, de Cornu à Notorious et Ed Mudshi, en passant par des piquants hardcore.

Ipecacuana / Chronique EP > Lucides

Ipécacuana : Lucides En anglais, double-bass pourrait qualifier Ipecacuana à merveille, mais finalement Contrebasse à beaucoup moins d'impact... C'est bien dommage, mais c'est pas grave, restons Lucides, Ipecacuana a donc remis le couvert avec ses deux quatres cordes, Lucides est un six titres bien balancé. Six titres, comme un pack de bières, c'est bien vu, c'est un format qui marche bien au rayon liquide et, après réflexion, au rayon sonore c'est également un bon plan : pas trop, ni trop peu. Une pochette qui fait légèrement penser à une affiche de 1984 ou une affiche vintage de la RAF, Ipecacuana fait effectivement rugir ses moteurs à hélice avec un "Ausländer" corrosif qui gratouille derrière l'oreille, l'intro décolle vite pour délivrer des tirs de saturation granuleux, avec quand même un accent un peu fatiguant sur la dernière syllable de chaque vers.
Avec 20 minutes de saturation insidieuse, Ipecacuana séduit par ses chansons tantôt abrupte, tantôt douce, la transition entre "Inside Me" et "Lucide" en étant la parfaite illustration; d'une saturation à un chorus "Lucide" change de registre, un peu plus hip-hop, surement plus hardcore, mais toujours avec ce petit chorus enjôleur. Au changement de cap Ipecacuana se fait plus enchanteur, "Tuer nos peurs" prend de la vitesse, le pilote manie le manche avec habilité, plus rapide, plus mélodieux, on passe au dessus des nuages sur des choeurs se donnant à coeur joie. Société industrielle déshumanisée, fourmillière d'homme en gris, "Chez moi" dénonce cette individualisme mécanique sous les assauts répétés d'une trompette fantomatique. Finissant dans l'oeil du cyclone, "Twister" part sur une bonne idée mais s'emporte un peu trop, ranime les vieux souvenirs aux couleurs un peu passées -Come on let's twist again-... Soit. Sur six titres, la moyenne reste bonne, la batterie matraque, le chant attaque, les basses soutiennent et les idées restent Lucides.

Ipecacuana / Chronique LP > Efforts

Ipecacuana : Efforts La recette Ipecacuana fait encore mouche avec ce Efforts qui continue dans l'optique particulière du groupe. Toujours pas de guitares (fort heuresement), et un éventail instrumental plus étendu que sur leur précédente démo Ipecacuana : didjeridoo, violoncelle, violon, et toujours une ferveur musicale assez particulière.
Des influences toujours plus insaisissable, pourquoi pas Cure, les très inconnus Pink Grease ou Les Ogres de Barback. Un battement binaire régulier, balancement hypnotique mettant en valeur ce chant corrosif, ou une ambiance très cold-wave mise en valeur par un synthé, les morceaux de Efforts sont éclectiques, voir parfois hétérogènes et manque quelque fois d'un peu de relief.
Avalanche saturée, l'absence de guitares n'empêche pas Ipecacuana d'offrir un son massif comme sur "Mégalo", au son compact qui s'enroule autour des tympans, sans détour, -je connais le processus pour manipuler vos esprits-, "Carrie" donne également le ton, oscillement binaire violent, -Carrie en a envie- surgit comme une hydre à deux têtes, réaction en chaîne et explosion de son.
Ipecacuana en profite également pour peaufiner son côté soft, ses lyrics, "B.attitude" surfe sur le flow, sans s'enflammer outre mesure, "Chienne" exploite le côté cold d'Ipecacuana, un écho sur la voix, une rythmique électro, l'effet est impécable et le refrain destructeur, nappes de basses saturées contrastant sans pitié avec les couplets en voie de cristallisation, le mélange est épicé et suave. Basse a bout de souffle, un arrière goût de Sepultura, mais Ipecacuana reprends le dessus, "Coma" est un peu bancal, stoppe et s'arrête brusquement, pour repartir sur une base étrange. Heuresement "Morphée" fait oublier ce mauvais souvenir, chant mélodique, lent qui s'appuie sur une basse sautillante, des accords plaqués derrière une mélodie, les cordes apportent une dimension supplémentaire au titre, le propulsant sur une autre planète, où la bande sonore des songes est signée Ipecacuana.

Ipecacuana / Chronique EP > Ipecacuana

Enregistrée live dans le studio des Toxitoys, l'ambiance sonore de Ipecacuana est toute particulière entre Bossa, Mariachi de cirque pour "Paix", au Ragga déluré de "Electrica ragga arena", Ipecacuana allie les rythmes, les sonorités, les timbres de voix, pour un mélange, une saveur particulière. Intro hypnotique, échouant sur une basse latente, qui se métamorphose en chancelement éthylique, le chant chaloupé devient excité, s'enflamme, crache ses souhaits, mais pas comme Louise Attaque, grognements que ne renierait pas System Of A Down, l'atmosphère se densifie, se détend, la voix emplie le registre des possiblités, le groupe prend un train d'enfer. Batterie économe, basse scintillante, un écho ralenti, déphasage mirifique, le chant part sur son ton ragga, un peu méditérannéen, volubilité contrôlée, un synthé épice l'espace sonore avec douceur et inquiétude, -J'aime pas tellement quand tu mens-, le chant s'enfonce sur des limbes saturés, basse aux accords saturés, -A chaque fois c'est pareil-, passage feutré, un synthé qui mantient la pression, le chant affirmant sa présence, ses accents télluriques, le riff devient entêtant, la basse hypnotique, le son pénétrant, le tout bien secoué et éclectique, voir poétique.-My legs are broken-, début avec un léger hardcore saturé excessif, merveilleux, petite saveur sucré pour débuter et mettre dans l'ambiance d'une façon subtile, avant d'enchaîner sur un chant magnifique, mélodique, limite langoureux, saturé, le leitmotiv du morceau scandé avec rage et puissance, c'est brut, simple et efficace, un morceau qui touche au but, et en moins d'une minute. Arène électrique, intro limite électronique épuré au maximum, une basse indulgente qui s'écoule avec calme, s'insérant dans l'économie rythmique avec douceur, sans transition, aucune, presque brutal, ragga roots au possible, l'enchaînement est violent, la basse contrasté, et on rentre de plein fouet dans un refrain puissant, qui manque un peu de relief, mais qui se fait doubler avec beauté dans un ragga groovy, une basse rythmée, qui ondule, stridule, qui explore des contrée intéressante, étrange, sans oublié de rester puissance, ipecacuana enchaîne avec fracas, accélération légère, surréxcitée, la granulation s'accentue, la saturation aussi, la fin en crescendo est mémorable.