Idlewild : the remote part Une pochette épurée. Un petit garçon aux faux-airs de Rimbaud sur un fond crème. Et une simple phrase aux accents de profession de foi au verso : support your local poet... tout l'esprit des écossais est là, dans ce romantisme cru en forme de supplique désespéré. Et ça marche, on se pose une seconde, les yeux perdus dans le vague, pensant mélancoliquement à ces trésors musicaux que révèlent les (trop) lointaines contrées irlandaises. Idlewild ou comme son nom l'indique, l'alternance du calme et du sauvage, du chaud et du froid, du brut et du travaillé... parfois les mélodies semblent tailler délicatement par un orfèvre aux mains douces ("You held the World in your arms") puis tout à coup le son se durcit, la batterie s'emballe et le discret ouvrage devient gros bloc tout juste excavé de la montagne ("A modern way of letting go", décrassage d'oreille en boîte), avant que les belles ballades bien troussées "I never wanted" et "Live in a hidding place" nous rappelle qu'avant tout les 4 sont britanniques jusqu'au bout de la mèche ! Néanmoins, si la folie et la justesse de ton de leur premier opus Hope is important semble toujours aussi présente, on sent par endroit des failles dans la machine, des parties de guitares un peu surfaites, des voix un peu trop lyriques : qu'importe, la qualité est au rendez-vous, et on leur pardonne d'autant plus facilement ces petits défauts que l'album tient la route sur la longueur et qu'après quelques écoutes l'impression de déjà-vu s'estompe rapidement. Le son d'Idlewild reste unique, suivant un sillon qui leur est propre et dans lequel se sont depuis engagés les Train et autres Travis... ils seraient juste temps que les écossais aient enfin accès à la popularité de ces derniers, car jamais on ne retrouvera de chardon aussi piquant dans les Highlands.