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Etrange trio (dark) rock atmosphérique et psychédélique, Ides of Gemini est le fruit d'une association artistique réunissant la bassiste/vocaliste Sera Timms, connue dans le milieu indé nord-américain pour sa contribution au collectif d'alchimistes dark-psyché de la Cité des Anges Black Math Horseman, d'un journaliste (Decibel, Terrorizer, Revolver, Alternative Press & Thrasher) devenu guitariste (il fait également les choeurs) prénommé J. Bennett, et d'une certaine Kelly Johnston derrière les fûts. Le trio enregistre rapidement une première démo devenu EP officiel (The Disruption Writ, 2010), avant de se faire remarquer par les gens de chez Neurot Recordings (Across Tundras, AmenRa, Neurosis, US Christmas, Ufomammut). Ides of Gemini file alors en studio et passe l'année 2011 à plancher sur un premier album long-format. Celui-ci intitulé Constantinople et précédé par un split LP 12'' avec le groupe Vermapyre paru chez Magic Bullet Records, voit le jour au printemps 2012 chez Neurot.

Ides of Gemini / Chronique LP > Constantinople

Ides of Gemini - Constantinople Chez Neurot Recordings, on est toujours à l'affût de la moindre pépite qui sorte de la norme et du commun. Normal en même temps qu'on on est créé et dirigé par des membres de Neurosis et qu'on a sorti des disques d'Across Tundras, Akimbo, A Storm of Light, Grey Daturas, Made out of Babies, Shrinebuilder ou encore Ufomammut (et évidemment Neurosis...). La dernière découverte en date de l'écurie nord-américaine est comme d'habitude de très grande classe et a pour nom : Ides of Gemini.

Intro enfiévrée, sous tension rampante avant des explosions émotionnelles que l'on devine alors imminentes, "The vessel & the stake", morceau inaugural de Constantinople est déjà saisissant d'intensité. Des vibrations dont se rend essentiellement responsable Sera Timms, divine vocaliste oeuvrant par ailleurs chez Black Math Horseman, ici magnifiquement entourée par un duo de musiciens contribuant à faire d'Ides of Gemini, une entité musicale assez (d)étonnante. Qualifié d'indie-rock, de dark-psyché et de "dream-doom" par les éminents spécialistes de la question indé outre-Atlantique, le trio est rock assurément ("Starless midnight"), habité par les Dieux d'une musique blafarde mais passionnelle ("Slain in spirit"), électrique et surtout dominée par la performance hallucinée de sa chanteuse.

Si de leur côté, les arrangements et le cadencement rythmique donnent tout l'équilibre du trio, c'est surtout l'harmonie créative absolue régnant entre ses membres qui confère à l'ensemble la dimension mélodique que l'on retrouve sur la totalité des titres de l'album ("Resurrectionists" et "Ode to Oneness" en tête), qu'ils soient plus ou moins volcaniques ("Reaping golden") ou au contraire apaisés et cotonneux ("Austrian windows"). Et même si la répétition d'une formule assez particulière a tendance à s'essouffler vers le terme de l'album ("Martyrium", "Old believer"), Constantinople n'en demeure pas moins un disque racé et organique à la beauté intrigante, diaphane... troublante.