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Biographie > Heavy blues maestros

Et bien oui, encore un groupe inspiré par les Black Sabbath, Kyuss et autres Soundgarden, un de plus. Honcho ne fait pas vraiment dans ce que l'on pourrait appeler l'originalité biographique. Et pourtant, ce combo norvégien formé en 1998 donne dans un heavy rock bluesy teinté de stoner caniculaire, avec pour résultat un cocktail rock'n roll qui défouraille sévère... La Norvège, ses hivers plongés dans les nuits nordiques, ses fjörds enneigés que l'on imaginent propices à l'apaisement absolu et donc son groupe de heavy rock qui déboîte une épaule, on voit le truc, ne reste plus qu'à l'écouter. Honcho fait ses premiers pas discographiques en enregistrant quelques titres qui paraissent sur diverses compils rock et notamment Water Dragon Records greatest hits volume 1, une compilation éditée par le label français Water Dragon (devenu depuis Longfellow Deeds Records et qui permettra au groupe de signer chez les frenchies.
S'ensuit alors un premier album (Corporate rock en 2002) et des échos plus que positifs de la part des éminents spécialistes de la question stoner. Le quintet scandinave trouve sa place sur l'échiquier de la scène européenne (en très bonne place aux côtés de Dozer) et c'est tout naturellement que les norvégiens remettent le couvert deux ans plus tard en passant la vitesse supérieure avec Burning in water, drowning in fire. Dès lors, Honcho enchaîne les concerts, tourne encore et toujours jusqu'à plus soif, écumant les salles de concert aux côtés des Rite, Sparzanza et autres Monkey3, (en clair, la crème de la scène heavy/stoner/desert rock continentale) et se retrouve finalement avec assez de matériel audio et vidéo pour sortir son premier DVD à l'automne 2006 Live in Paris, 2005 (toujours via Longfellow Deeds)...

Interview : Honcho, Honcho dans le viseur (Nov.2006)

Honcho / Chronique DVD > Live in Paris, France

honcho_live_dvd.jpg A l'heure où les formats haute définition et Blue Ray vont faire leur apparition dans les prochaines semaines et révolutionner quelque peu le petit monde de la vidéo cinéma et musicale, le support DVD est à la mode chez nombre de groupes désireux de diversifier leurs sources de revenus. Alors que le marché du CD se prend veste sur veste, celui du DVD musical tente désormais de percer... Et là, comme souvent on trouve tout et n'importe quoi, du simple objet marketé à but exclusivement promotionnel (Stereophonics, Nonpoint...), à la galette qui fait turbiner le lecteur pour se révèle instantanément culte (le 15.597_making noises de Sleeppers ou le récent The Sweet and easy of brief happiness d'Hermano). Simple opportunité lucrative ou très intéressante alternative au support CD, de plus en plus de groupes y passent dont certains n'ont pourtant pas encore la reconnaissance qu'ils mériteraient. Honcho est sans aucun doute de ceux-là. Courageuse initiative donc que celle des gens de chez Longfellow Deeds Records (Rite, Sparzanza...) de filmer un DVD live des auteurs de l'excellentissime Burning in water, drowning in fire, avec relativement peu de moyen mais beaucoup d'envie et de professionnalisme. Et le résultat, quasiment "fait maison" mérite le détour. Le théâtre des hostilités de ce DVD live : le Batofar, les circonstances : la tournée européenne des norvégiens volants qui passait par l'hexagone (label français oblige). L'objectif, simple et limpide : donner un maximum de rock et de décibels aux amateurs de heavy stoner blues venus zoner du côté du Batofar ce soir là. Et pour les coups, les connaisseurs présents ce soir là et nous par la même occasion en avons pour notre argent. Car il faut le reconnaître, la douzaine d'uppercuts rock que nous assènent les norvégiens a de quoi en laisser plus d'un sur le carreau. Extraits pour la très grande majorité d'entre eux du deuxième album du groupe (en l'occurence Burning in water...), ces titres exécutés avec un feeling étourdissant et une énergie communicatrice sont autant de rafales heavy et bluesy que l'on prend en pleine face. Avec en bonus, deux covers de Kiss et Los Lobos ("Watching you" et "Viking") et un making-of promo sympathique, ce Live in Paris, France est un objet franchement fun et sans prétention, un DVD live très "roots", réalisé avec les moyens du bord et surtout des wagons de riffs éléctriques destinés à un public plutôt réceptif. Comme quoi, Honcho rien qu'vec le son ça poutrait déjà pas mal, mais là en plus avec les images, on prend une belle rouste heavy rock'n roll.

Honcho / Chronique LP > Burning in water, drowning in fire

honcho_burning_in_water.jpg Après un Corporate rock qui n'était pourtant pas vraiment mou du genou, les rockeurs vikings d'Honcho reviennent avec un deuxième album véritablement taillé pour défoncer des cloisons. A cette occasion, exit l'artwork sexy des débuts et bienvenue à une pochette plus sombre, moins portée sur la déconne et qui veut faire passer le message comme quoi le groupe va passer aux choses sérieuses. Et dans ce cas, on préfère s'asseoir confortablement, décapsuler sa binouze et se préparer tranquillement au choc frontal, à la collision auditive. L'impact ne se fera pas attendre bien longtemps, Honcho déboule sur la platine avec un "Some say" paradoxalement pas si remuant qu'attendu. On a plutôt l'impression de ce trouver face à un titre de rock 70's mais drôlement plus heavy que d'ordinaire et avec en bonus, un petit quelque chose évoquant les Queens of the Stone Age. Sympathique mise en bouche en attendant la première fournée de plats principaux. Laquelle vient avec l'énormissime "Seeing red", un titre massif et bétonné dans tous les sens, avec des guitares omniprésentes et cette impression de plus en plus latente que l'on fait un voyage dans le temps en compagnies de ces norvégiens volants. Alliant à merveille les segments purement heavy rock avec les passages plus bluesy et psyché, Honcho commet là l'un des meilleurs titres de sa discographie. Verdict : 6 minutes 12 secondes de must absolu. La grande classe. Rien à redire, le gang scandinave a passé la vitesse supérieure, maîtrisant toujours plus son sujet pour livrer des compos largement au-dessus de la moyenne. Dopé par la performance de tout premier ordre de son chanteur, le groupe distille alors son rock dense et cette fois influencé par les grands noms de 90's (Down et Alice in Chains en tête) au travers de titres plutôt inspirés et de soli de gratte absolument dantesques ("Hangover blues", "Through"), sans jamais oublier cette petite dose de blues caniculaire qui fait également tout l'intérêt de la griffe Honcho. On passe à la suite du festin heavy rock proposé par nos hôtes musicaux et l'impression d'aisance absolue dégagée par le groupe se révèle de plus en plus troublante. D'autant que les cinq scandinaves ont gagné en matûrité depuis Corporate rock. Et de se rendre alors compte que ce Burning in water, drowning in fire est comme on l'attendait largement plus abouti que son prédecesseur ; ce qui n'était pas pour autant une mince affaire, mais assez prévisible au regard du potentiel intrinsèque des norvégiens. Car, ce deuxième album est mélange habile de doom massif, de rock psychédélique ("Holy") et de stoner gorgé d'éléctricité..., un subtil cocktail à haute teneur rock'n roll qui se permet de nous offrir comme dessert puis léger digestif, deux titres ("Falling behind" et "Lost and there") sévèrement burnés et donc de la trempe de leur prédécesseur. Un seul mot : jouissif.

Honcho / Chronique LP > Corporate rock

honcho_corporate_rock.jpg Avec un premier titre baptisé "Grebo mentor", on se doute bien que les premiers riffs d'Honcho vont tapisser les enceintes. Et c'est effectivement le cas, car au rayon heavy rock qui tabasse, les norvégiens en tiennent une bonne couche. Leur rock explosif et guerrier claquant dans les enceintes à la manière d'une rafale de M16, le groupe l'assume et le maîtrise parfaitement. Chant complètement possédé, section rythmique ravageuse et riffs stoner rock massifs, le groupe démarre fort, très fort. Et ne s'arrête pas en si bon chemin puisque lorsque "In the wood" ou "Frontside disaster" viennent prendre la place du premier titre sur la platine, on comprend que ce premier titre complètement jubilatoire n'était pas un feu de paille, ni un effet de manche de la part des rockeurs scandinaves. Non, Honcho a vraisemblablement la capacité d'enchaîner les quilles à un rythme effrené et une précision diabolique. Son rock tâche mais n'en met jamais à côté. Chirurgical. Corporate rock est un premier album, soit. Sa production est pourtant irréprochable et n'en déplaise à ceux qui se plaignent toujours du manque d'argent dont ils disposent pour enregistrer leur album, le premier effort d'Honcho a coûté la modique somme de 3000 euros et des poussières...
Le quintet norvégiens distille ses riffs avec une régularité métronomique effarante, mais n'en oublie pas l'aspect mélodique de sa musique. Véritable machine à tubes heavy stoner rock, le groupe ne se laisse jamais aller, livrant à la suite un "Peyote" viking et branché sur courant alternatif ou un "Industrial lane" à la lourdeur caniculaire qui n'a absolument rien d'industrielle. Ici, il s'agit plutôt d'errer de longues heures durant dans le désert californien ou les fjörds norvégiens (pour les non-frileux), à la recherche du riff qui tue, de la mélodie qui se vissera dans les mémoires dès la première écoute. Et que ce soit avec un "Loco team" lancé à pleine vapeur avec ses lignes de gratte à headbanger comme un damné, ou "Dark tunnel of love", titre final qui boucle la boucle de ce Corporate rock en insufflant un peu de psychédélisme hypnotique à une musique qui avait jusque là marquée les esprits par sa lourdeur ou sa capacité à délivrer des compos gorgées d'éléctricité jouissive. Cette fois, la messe est dite,hormis quelques rares exceptions (QOTSA, Hermano, Clutch)) les combos venus du Nord de l'Europe ont définitivement la mainmise sur la scène stoner rock internationale et avec Honcho, celle-ci tient l'un de ses plus gros fers de lance.