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Biographie > Hitch cock ?

Hitch Band Hitch est depuis quinze ans et des poussières maintenant l'un des fleurons d'une scène rock abrasive qui ne demande qu'à exploser à la face du monde. Après des débuts discographiques où ils collectionné les concerts et les 7'' (depuis Triggerd backwards en 1997), le tout ponctué de trois albums long-formats (Out of the light, into the fire... en 1998 puis Monolith en 2002 et enfin Trails are ablaze ! en 2004), le groupe élargi son auditoire au fil des années et des sets incandescents qui conduisent le groupe à se produire partout où il a l'occasion de faire cramer des amplis (et notamment aux côtés de Cave in, Chokebore, Don Caballero, Millionaire, Oxes ou encore Mudhoney et Tokyo Sex Destruction). En 2004, le groupe jette un coup d'oeil dans le rétroviseur et sort une compilation intitulée A decade of Hitch [1994-2004] en forme de bilan de sa carrière.
Là, c'est généralement le moment où 90% des groupes mettent la clef sous la porte... sauf Hitch qui va progressivement gagner en notoriété, celle-ci dépassant désormais allègrement les frontières de sa Belgique natale. En 2006, l'album We are electric ! sort chez Vlas Vegas Records, jeune label qui n'a alors que quelques mois d'existence et déjà, un disque sous le bras qui s'attirera les faveurs de la critique spécialisée. Décidés à jouer le coup à fond, les Belges enchaînent alors avec un split 7'' partagé avec AmenRa que les collectionneurs s'arrachent désormais en attendant la prochaine offrande de l'un des deux groupes. Alors que les AmenRa ont commis en 2008 un Mass IIII de grande classe, les Hitch patientent encore quelques mois et le premier trimestre 2009 pour livrer Clair.obscur, évidemment chez Vlas Vegas Rcs.

Hitch / Chronique LP > Clair.obscur

Hitch - Clair.obscur Si les chemins qui mènent du rock indé au post-hardcore en passant par la noise sulfurique peuvent se révéler parfois tortueux dans les milieux autorisés, les Hitch n'en ont cure. Eux les sentiers escarpés, ce n'est pas un souci. Depuis We are electric !, on savait déjà qu'en matière de rock qui pèse lourd et de guitares acérées, les Belges savaient méchamment y faire. Avec ce Clair.obscur, c'est confirmé, ils ne donnent pas dans la demi-mesure. Le titre était déjà explicite, entre le clair (entre par là le rock indie noise ardent) et l'obscur (comprendre les relents de post-hardcore inflammable qui parsèment le disque), les Hitch annonçaient la couleur... ils en assument parfaitement cette ambition. En clair, la bande-annonce était alléchante, une fois dans la salle obscure, le film tient la route du début jusqu'à la fin, n'oubliant pas de brouiller les pistes avant de nous offrir un twist scénaristique final qui nous retournera le cerveau. Clair.obscur donc, un disque qui démarre pied au plancher avec "Art nouveau !". Rock dur qui prend d'assaut la platine CD, déversant par là-même des hectolitres de noise incandescente sur les enceintes, Hitch ne fait pas les choses à moitié et au-delà de ça, sait parfaitement ce qu'il faut asséner pour carboniser les amplis. "Carbon wheels" puis "Dirty trixxxxxxx" viendront confirmer cet état de fait. La démonstration est implacable. Limpide...
Production brute de décoffrage, accentuant cette impression de crudité des compos qui transparaît à chaque nouvelle rafale de riffs qui s'acharne à écimer nos tympans, des mélodies qui pratiquent une savante abrasion des cinq sens, Hitch frappe fort avec ce Clair.obscur... très fort même. Guitares incisives, section rythmique qui enfonce les cloisons auditives, chant habité, "We were all wrong" puis "Choking on air" finissent de nous convaincre. Riffing "Fugazien", quelque part à la croisée des chemins entre Revok et Royal McBee Corporation, au détour d'une ruelle sombre, tout près d'une intersection nous emmenant visiter l'univers des Shellac, Menfolk et autres Membrane, les Belges livrent une performance de haute volée, parsemée de quelques moments d'un calme relatif ("This is where it ends") avant de relancer la mécanique sur "Dance dance dance". Montées en pression, math-rock oppressif, noise fulgurante, Hitch passe en mode "hard", crie, frappe, martyrise ses instruments et sature l'atmosphère. "The day kid C bit the dust" aussi dissonant que décalé, "Old Modena" puis "This is where it ends", voient le groupe (par)achever son oeuvre à coups de lignes de grattes salvatrices qui n'en finissent plus de nous faire frémir. A deux morceaux de la fin, on pense avoir tout compris de ce qu'à voulu faire le groupe avec ce Clair.obscur. Sauf que l'on est dans l'erreur et que c'est le moment qu'ont choisi les Hitch pour dégainer "Burn this place" puis "The paper beast". Deux tueries monumentales pour conclure les débats et une redéfinition profonde de ce qu'on pensait alors être la musique des Belges... un Hitch puissance 10 en sommes, corrosif et addictif, qui laisse augurer d'excellentes choses pour la suite. Magistral.