Hey Satan Est-ce qu'on peut dire que Hey Satan est un jeune groupe de vieux potes ?
C'est exactement ça ! On a commencé à faire du rock en 1993 avec François, le guitariste. Et Laurent nous a rejoint en 2003 dans Houston Swing Engine. Il a tenu la basse durant de nombreuses années, mais pour Hey Satan, il s'est remis à son premier instrument, la guitare. Donc oui, un jeune groupe de vieux potes, c'est une excellente définition.

Donc depuis 2003 vous jouez ensemble...
Oui, le trio que nous formons a commencé en 2003. 14 ans de rock avec ces crétins, c'est absolument insupportable ! (rires) Plus sérieusement, je pense que cette longévité est dû à une profonde amitié, parfois un peu trouble et sensuelle, et c'est peut-être cette tension sexuelle impalpable qui fait que nous avons beaucoup de plaisir à jouer ensemble.

Ca vous gène quand on rabâche toujours le passé et des groupes qui existaient il y a 20 ans ?
Non pas du tout. Eastwood, Shovel, Houston Swing Engine, Songs of Neptune et Bloody Sailor sont des groupes dont nous sommes assez fiers. On a engrangé de l'expérience, fait des erreurs, fait des morceaux beaucoup trop longs, ouvert pour Helmet en 1995 et QOTSA en 2005, fait énormément de kilomètres, bouffé beaucoup trop de sandwichs triangles dégueulasses, joué avec Shovel sur Canal + en 99, quand c'était cool, et surtout beaucoup rigolé.

Se connaître, ça aide quand on démarre un nouveau projet même si le style est différent ?
Oui évidemment. On a des automatismes, qu'on essaie parfois de gommer en tentant de nouvelles choses. Mais pour Hey Satan, on s'est dit qu'il fallait faire ce qu'on savait faire : des gros riffs qui groovent et des chansons courtes et efficaces. Et puis on répète beaucoup moins après 14 ans de vie commune. Une fois par semaine, dans ce local qui sent les pieds, c'est amplement suffisant.

Vous avez mis combien de temps pour composer l'album ?
Ce disque, c'est l'achèvement de toute une vie de dur labeur, un écrin de caca sur lequel nous avons posé nos émotions... voilà ce qu'on dira aux Grammy Awards ! (rires). Non, on a commencé en 2014, le disque était terminé en août 2016, 2 ans c'est pas mal, surtout quand on sait que François n'avait jamais chanté de sa vie avant Hey Satan.

Mettre "Satan" dans un nom groupe n'est-il pas devenu "trop passe-partout" ?
J'ai envie de te répondre : Mettre "Passe-partout" dans un nom de groupe n'est-ce pas devenu trop satanique ? Mais comme je n'ai pas envie d'avoir des problèmes avec le lobby des dwarfs de France, je te répondrais que non, ce n'est pas passe-partout. Si tu regardes ça de plus près, tous les noms de groupes sont idiots. La Femme. Sérieux ? La Femme. C'est pas terrible comme nom de groupe. Les Reines de l'âge de Pierre ? Les Pierres qui roulent ? DJ Serpent ? Peace n Lové ? Je crois que je vais m'arrêter. La Femme quoi.

Pourquoi jouer aujourd'hui dans cette veine stoner après être passé par de nombreux autres genres ?
On a découvert le stoner en 1992 avec François, en achetant par hasard le Welcome to sky valley de Kyuss dans le seul magasin de notre petite ville. Du coup, je pense qu'on a toujours été influencé par les riffs de Josh Homme et le stoner en général. Perso, je vénère Led Zeppelin depuis mes 14 ans et Rage Against the Machine est un groupe qui nous a marqué à nos débuts... et encore maintenant d'ailleurs. Du coup, si tu écoutes tout nos projets, y'a toujours un ou deux riffs influencés par les groupes précités. Et comme on aime les riffs de la mort et les rythmiques qui groovent, tout ça s'est retrouvé assez naturellement dans Hey Satan.

Vous ne l'éviterez pas, à qui voudriez-vous être comparés ?
À Emmanuel Macron, mais aussi QOTSA, et pourquoi pas La Femme (rires). Et Marvin Gaye aussi, parce que Laurent et moi, on groove comme son backing band période What's goin on.

Hey Satan L'artwork est un peu une caricature du stoner un peu psychédélique, c'est pour affirmer le genre dés le visuel ?
Je vois ce que tu veux dire, mais je n'utiliserai pas le mot caricature. C'est plutôt un hommage aux belles pochettes et affiches psyché de la fin des 60's, faites à la main, par de vrais artistes, et pas des graphistes. On voulait un truc chaleureux, qui claque, avec du orange, du noir, des nibards et un petit clin d'œil au triangle utilisé par le 13th Floor Elevator sur leurs pochettes.

Facebook ne vous a pas censuré, vous êtes déçus ?
Évidemment ! D'ailleurs, Mark Zuckerberg, si tu lis W-Fenec, tu n'es qu'un cocksucker motherfuckin pièce of shit and you have une vilaine peau. Voilà. Je vous écrirai depuis Guantanamo.

L'enregistrement s'est fait avec Serge Morattel, c'était un choix évident ?
Oui ! Serge a enregistré un de nos meilleurs albums en 2004 (The tiger flamboyant de Houston Swing Engine). Après avoir enregistré quelques disques en Espagne avec notre pote Santi Garcia, on s'est dit que ce serait bien de revenir vers Serge, qui est : 1) Le mec le plus cool et le plus gentil du monde. 2) Un mec qui n'a pas peur d'essayer des trucs en studio et qui fait des productions monstrueuses. 3) Un mec drôle.

Signer avec Cold Smoke Records, c'est là aussi une histoire d'amitié ?
Oui capitaine ! Marie est une amie de longue date, et on avait vraiment envie de travailler avec des gens passionnés, des gens qui bossent dans la musique par pur plaisir, et pas pour se faire du fric et manger des petits fours aux Swiss Music Awards. Ils font ça bénévolement, et ils le font mieux que beaucoup de professionnels. Et puis aussi on avait pas le choix, y'a quasiment plus aucun label indé en Suisse (rires).

C'est Hummus Booking qui s'occupe de vous trouver des concerts, il y a des dates de prévues ?
Oui, des dates, des figues, on aime les fruits secs. Le vernissage aura lieu le 28 janvier à Cully, ensuite on enchaîne avec deux festivals en Suisse Romande en février et en mars. Et normalement, on devrait se faire des dates cools avec des groupes de Cold Smoke Records. On se réjouit.