Hell Is For Heroes : The neon handshake Bien aidés dans leur tâche par la paire de producteur suédois Pelle Herricson / Eskil Lövstöm (ils étaient derrière The shape of punk to come, album mythique des regrettés Refused), les 5 anglais de Hell Is For Heroes réinventent le rock. Comment ? En jouant tout simplement avec leur tripes, sans se poser de questions, et en usant habilement du contraste calme/sauvage à l'image de titres comme "Out of sight" ou "Three of clubs" où l'alternance de murs de guitares distordus et de passages semi-acoustiques éclairés fait souffler un vent frais sur le Paysage Rock Mondial. Un style rendu également possible par le virtuose Justin Schlossberg dont la voix d'archange maudit fait passer de délicieux frissons dans le dos ("I can climb mountain") en parcourant sans peine toute la gamme des émotions vocales possibles. Rappelant à souhait les Citrouilles Ecrasées ("You drove me to it" aurait pu être écrite par Corgan), rentre dedans sans être véritablement hardcore (l'autobiographique "Five kids go", bien vu), apaisant sans jamais assoupir ("The slow song"), The neon handshake est un de ces disques qui révèle des surprises à chaque écoute, comme ce "Few against many" dont on se plaît à imaginer l'énorme potentiel scénique.
Hell Is For Heroes joue la carte de l'honnêteté, exposant à nu ce que d'autres préfèrent cacher par fausse pudeur... Ici tout est brut, sans fard, à la merci de tous. Il n'y a pas de mystère, en ces temps de musique pré-fabriquée, pré-mâchée et pré-digérée, le son des anglais apparaît comme un contre-pied parfait dont on ne se lasse pas. Bref, si l'enfer est fait pour les héros, on leur souhaite à tous de rôtir dans les flammes.