Headfish : Natural Born Festif Headfish est de retour pour prodiguer son ska rock de bonne tenue avec ce deuxième album sobrement intitulé Natural born festif. Après quelques mois "d'hibernation" en studio, dixit le groupe dans son dossier de presse, voilà que déboule sans crier gare la version 2008 du quintet picard. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que les gaziers ont durci le son, en apportant à sa musique des grattes plus incisives et des cuivres chaleureux. J'ai quelque peu lâché ce style de musique telle qu'en atteste ma discothèque, mais le moins que l'on puisse dire, c'est que Headfish donne envie de se replonger dans ses classiques. Et si Headfish était tout simplement en passe de devenir un classique ? Car à l'écoute de ce disque, on sent que le groupe a pris de la bouteille. Les dizaines de concerts enchaînés ces dernières années et l'expérience du studio ont forgé un sacré caractère aux cinq gaillards. Les compositions font mouches, le son est impeccable, la production bien branlée, et le groupe est aussi à l'aise dans un registre purement ska ("Démission", "Pinocchio") que dans des passages purement punk cuivrés ("ça trash ou ça passe", "Natural born festif", "Zéro pointé"). Alors quand les deux styles sont mélangés ("Quitte ou double", "Kestupréfères ?"), c'est que du bonheur. Les influences sont clairement affichées à l'écoute de ce skeud qui lorgne du coté de La Ruda pour le traitement des cuivres, Marcel et son Orchestre et Ludwig von 88 pour les textes bidonnants et alternatifs, et la Mano Negra pour cette ouverture d'esprit si caractéristique. Et même si les influences sont évidentes, Headfish semble avoir trouvé sa propre marque de fabrique, notamment au niveau du chant qui visite plusieurs registres. Et c'est ça qui fait la différence. En bonus de toute ces réjouissances, une reprise de "C'est toi que je t'aime" des Inconnus. Et voilà, vous savez tout, plus d'excuse pour passer à coté de ce bon disque. Conseillé fortement par votre Gui de Champi préféré.