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Guns Love Stories / Chronique LP > The beauty of irony

Guns Love Stories - The beauty of irony Malgré une bonne presse pour A terrestrial journey (paru en 2013), les Guns Love Stories n'ont pas encore réussi à se faire un nom, il faut dire qu'être surnommé "les Guns", c'est pas évident. Le pop-punk-rock-core n'est pas non plus le style qu'on associe aisément à la Suisse, comme si les mélodies catchy sur des airs chargés de guitare étaient uniquement l'apanage des Scandinaves ou des Ricains... Ça, nos Lucernois s'en moquent et continuent de composer des titres qui font mouche hors des cadres imposés, piochant à droite à gauche des idées (un poil d'emo, un peu de math, une once de punk à roulettes, une pincée de core, une grosse lampée de rock), jouant avec la technique pour faire rebondir les riffs d'une enceinte à l'autre et la rythmique pour faire bondir le public de n'importe laquelle (d'enceinte). Évitant les plans évidents et multipliant les découpages au sein même de ses compositions, Guns Love Stories propose avec The beauty of irony une sorte de mouvement perpétuel où faire du surplace est proscrit, à tel point que les parties plus douces ("Backstabbing", "Defense mode") semblent hachées. Au final, seul "The birds keep you awake" semble écrit du même trait, pour le reste, c'est hautement instable, explosif et assez jouissif.

Guns Love Stories / Chronique LP > A terrestrial journey

Guns Love Stories - A Terrestrial Journey Ceux-là ont tout compris. Définitivement. Un premier album dispo en digital ou exclusivement en CD Deluxe livré dans une petite steelbox bien classe ou comment contenter à la fois le collectionneur ET l'inconditionnel de musique(s) dématérialisée(s) en un seul coup. De maître, en témoigne le contenu que réserve cet A terrestrial journey, soit un détonnant cocktail hardcore-rock hautement fuselé, parfaitement ouvragé et discrètement propulsé par le label de leurs compatriotes suisses Sums Records (remarqué dans les milieux autorisés pour être le refuge d'Archers and Arrows ou Downless et feu-Face the Front pour ne citer qu'eux).

On oublie l'intro et la mise en jambe supposément nécessaire, Guns Love Stories attaque pied au plancher avec un "Liquor injection" qui fait son petit (et éthylique) effet. Le résultat est furieusement rock'n'roll, hargneux voire un peu plus et parsemé d'éclairs hardcore (punk) qui envoient clairement la sauce bien comme il faut. Quelques éléments mélodiques épars parfaitement bien amenés et voici un groupe qui maîtrise son lancement d'album. Mais la suite toute aussi bien, en témoigne l'excellent "Post prime period" et sa rythmique aussi soutenue que son riffing est engagé dans un duel à mort avec un chant aussi fédérateur qu'efficace dans ses parties calmes comme dans les passages les plus enragés. Et même quand il pousse sur la corde émotionnel, le groupe s'en tire un peu mieux qu'avec simplement les honneurs ("Home is where the mothership is", "The first").

Entre indie-rock mélodique et hardcore'n'roll ravageur, les Guns savent clairement y faire mais ne passent par la casse complexe au moment de distiller leur musique, quand bien même A terrestrial journey n'est parfois pas exemple de quelques défauts (certainement inhérents au concept de la "première œuvre") : un peu démonstratif sur "Burning inside out" même si la tentative math-rock est plutôt louable ou en manquant singulièrement de passion/tension/énergie ("Let me go"). Pourtant, on se prend à être surpris de découvrir que les Helvètes parviennent à retourner la situation à leur avantage là où on ne les attendait pas. Transformant ce que l'on pointait précédemment comme des défauts en jolies qualités lorsqu'elles sont mieux employées (l'excellent "Escape", "This is a warning") sinon exacerbées : "Desire of mankind" qui renvoie à ce que peuvent ou ont pu proposer des groupes de la trempe des Glassjaw, Every Time I Die ou Thrice, influences clairement revendiquées par les Suisses.

Un dernier shoot en intraveineuse avec l'intense et terminal "Take me away" puis les Guns Love Stories referment leur A terrestrial journey avec classe. Preuve s'il en fallait encore une de l'incroyable vitalité de la scène rock/hard/metal helvétique. Comme d'hab' en somme.