rock Rock > Les Gueules de Bois > Chronique LP / Dans le blanc des yeux... dans l'ombre du séant

les GdB : ds le blanc...Hum hum, avec un nom comme le leur, Les Les Gueules de Bois auraient très bien pu me saouler très vite. Mais tel un alcoolique dépendant de sa bouteille, me voilà complètement ivre de ce disque intimiste, entre bonne humeur et réflexions en tout genre sur la vie quotidienne. Forcement, le style chanson guinguette du groupe n'est pas nouveau, mais paradoxalement, ce premier disque des Les Gueules de Bois amènent une certaine fraîcheur, à l'image du Pastis, servi avec des glaçons, toujours désaltérant dont on ne se lasse pas. Merci à eux. Les Gueules de Bois n'usent pas des ficelles "cliché" propre à la chanson française. Ce disque est bien servi, frais à souhait, en vérité, il passe bien. Très bien même. A l'instar de la bière de Mars, cet album est la deuxième bonne cuvée de ce premier mois printanier. Car Les Gueules de Bois ne se cantonnent pas dans un seul style, dieu merci. Le coté "kermesse de quartier" tant agréable pour emballer les jeunes filles au vent est parfois rejoint par le rock 'n' roll version VRP, punkisant à souhait. L'humour est bien là, mais avec une voix et une instrumentalisation qui ne rappelle pas un Marcel et Son Orchestre ou un Amis d'Ta Femme. C'est tout à leur honneur, à ces jeunes hommes. Le disque démarre fort avec "Le portrait d'Hubert G", chanson "triste" interprétée à la manière des Têtes raides, le coté tzigane en plus. Posé, délicat, textes de la vie de tous les jours. Dans un même régime style "bal de village", le beaucoup plus gai "Ha ! Que nos pères" enchaîne avec un thème aussi populaire que son orchestration : l'alcool. Normal pour des Les Gueules de Bois. La touche musique de rue/vie de bohème est elle aussi omniprésente dans ce moment endiablé. Un vrai bonheur. La vraie vie, tout simplement. Mais si Les Gueules de Bois savent aussi faire du rock 'n' roll avec pour moi LA chanson de ce disque, moi amateur de reggae, moi admirateur du ska, moi avide des textes à plusieurs significations. "Legalize banania", cuivré à souhait avec les amis Lyonnais des Babylon Circus, est un hymne au Banania et un pamphlet contre le café, et accessoirement crachant sur les drogues dures, vive la bonne Ganja. C'est drôle, le thème de la dope est amené avec humour et et bon sens, ça le fait ! Assez ri, on se replonge dans l'univers acoustique et poussiéreux pour le bonheur des fanatiques des chansons légères et de toute beauté : "Merdic Christmas" ou un caissier dégoûté des fêtes de Noël, complètement surréaliste et horriblement capitaliste. On ne se lasse pas des rythmes chaloupés et prétexte aux valses de tous genre avec "Inspecteur Lapraline" ou une baston qui termine mal dans un trocson pour un inspecteur polisson vêtu d'un veston. Le jazz n'est pas en reste, et l'essai est concluant surtout quand il se combine à la guinguette version Les Gueules de Bois. Ça donne "Les vraicheurs de Marguerite". Peut-être un peu trop anisé par une répet trop arrosé, les GDB taquinent les bonnes vieilles références cinématographiques à la Spielberg. Non pas Luke sky et Johnny Walker, mais bien l'affreux E.T., deux lettres comme, extra terreste, ou ou comme EThylisme. On ne s'en lasse pas, aux rythmes du punk rock et des thèmes guitaristiques sonnant un peu soviet, c'est un pur régal. Toujours sans prétention, avec pourtant une belle détermination qui n'est pas sans apporter une touche sympathique à nos 5 alcoolythes. Très VRP, "Quand j'serais vieux" est un mélange de guitares manouches et d'accordéon franchouillard. Mais qui a dit que l'instrument cher à Yvette H. était démodé ? Moi je le trouve rock 'n' roll. Rock 'n' roll à l'instar du titre "Jeannine", une bonne paysanne pas farouche avec le village et son mulet (si vous voyez ce que je veux dire) et des "Transactions immobilieres", véritable morceau anticapitaliste et anti urbain, qui débute assez psychédélique version Les Gueules de Bois pour finir dans un ska super super speed, avec un chant qui n'est pas sans rappelé parfois Pierrot de La Ruda version dernier album. Tout au long de cet album, la production est parfaite, le son est chouette, mais il manquait quelque chose pour terminer ce premier disque des GDB. Ouf, "Kleptomane", à l'instar des Ogres de Barback version premier album, nous délivre une chanson très rythmé orienté Carpates avec un son vieille radio diffusant un vinyl. Et, là, on ferme les yeux, et comme après une bon apéro, on apprécie, on se fait plaisir, et comme après une bonne teuf bien chargée, on se remet ça mais sans jamais être malade !
Bel effort de ces GDB qui donnent une dimension toute particulière à ce disque sur scène. Il me reste donc à vérifier tout ça. Si le groupe passe dans votre ville, soyez curieux, prenez votre ticket pour un bon litre... de larme consécutive à l'émotion et au rire. A consommez sans modération, assurément. Bonne dégustation.

guidechampi
Mars 2002

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