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rock Rock > Grubby > Chronique EP / Grubby

Grubby : e.p. "Movement" commence son lent mouvement pop, sa lente voix onduleuse, mielleuse, son refrain ententant. Pas d'intro, l'entrée en matière est la matière elle-même; les harmonies se suffisant à elles-mêmes, puisant dans une propriété d'auto-organisation. Le refrain ne propulse pas l'énergie de la voix, continuant sur la même énergie, refrain-couplet; la voix poursuit son introspection mélancolique, puis, déborde, se lâche, divague dans son paysage profond et sombre, là où peut s'aventure, laissant des nuages de guitares parsemer le ciel au-dessus d'elle, variation légère autour du thème par une basse qui ruisselle, tempère et coule sur les méandres lent d'une guitare qui se fait oublier, quelques papillons électroniques voletant de-ci de-là, agrémentant insidieusement la couleur musicale de l'ensemble. "Vibrato" commence plus lentement, l'amorce d'une intro, guitare légère et épurée, un peu trop claire, une basse très sage aussi, le temps s'allonge de plus en plus, puis guitare et synthé viennent densifier l'espace, très glamour dans l'ensemble, très poli, voir assez répétitif, la mayonnaise retombe, jusqu'à ce qu'un solitaire coup de grisou final attire l'oreille, de manière trop succinte. Le spectre harmonique de "Foutain", rajoute de l'intérêt à la galette, plus travaillé, moins abordable, légèrement subtil comme il se doit, avec une guitare crade qui râcle le fond du neurone de base, ébauche d'un sourire, mais un merveilleux son crade. Pop instrumentale, qui transforme son essai en beauté, très intérieure, une deuxième voix lointaine qui éclipse d'une façon inattendu un synthé, très atmosphérique, étouffant parfois. Morceau d'anthologie, celui qui rassemble en son sein, maintes merveilles, nombres d'éclats chatoyants, "Mademoiselle sait tout" à beaucoup de choses à nous apprendre, la guitare se fait plus douce, plus intrigante, donne à l'ambiance toute sa densité. Le synthé trouve ici un morceau où s'exprimer correctement, mélant mélodie et intention avec une guitare régulière. Lorsque la pression temporale s'accélère, une basse ronde aidante, la symbiose s'accentue, se perfectionne, accélère les échanges. Le tempo accélère lentement, la basse assurant toujours la cohésion émotionelle de l'ensemble, le synthé se prend à vibrer, la guitare à claquer doucement, rappelant certains morçeaux de NIN, la saturation se pose en douceur sur des cordes chauffées à blanc, le synthé tire ses dernières cartouches, c'est toute une ambiance, un tableau qui se déroule, une atmosphère qui s'insinue avec assurance, de manière inévitable. Grubby et son post-rock intérieur, un tempo lent qui se déroule, pose là les premières pierres de sa pop ardue.

Pooly
Août 2001

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