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Biographie > All star psyche-stoner band


Formation psyché/stoner rock suédoise à géométrie variable, Greenleaf est né en 1999 sous l'impulsion de Tommi Holappa (Dozer) et du batteur Daniel Liden (Demon Cleaner), tous deux rapidement rejoint par le producteur/bassiste Bengt Bäcke (producteur de Dozer). Le trio s'entoure alors d'une flopée de collaborateurs plus ou moins intérimaires qui viennent tous participer au projet Greenleaf quand leurs emplois du temps respectifs le permettent. Ainsi retrouve-t-on des noms connus comme : Fredrik Nordin (Dozer), Daniel Jansson (Stonewall Noise Orchestra) et Peder Bergstrand (Lowrider). En 2001, le groupe sort son premier opus studio : Revolution rock (Molten Universe). L'année suivante, Greenleaf signe chez les américains de Small Stone Records (Dixie Witch, The Glasspack et Dozer) chez qui sort en 2003 : Secrets alphabets. Le groupe est ensuite plus ou moins mis en stand-by le temps que les initiateurs du projets bossent avec leurs groupes respectifs, mais en 2006, Tommi et Bengt se retrouvent avec un peu de temps libre et la ferme volonté de réactiver Greenleaf. Les deux s'entourent alors d'un line-up qui puisse tenir la route avec : Oskar Cedermalm (Truckfighters), Erik Bäckwall (ex-Dozer) et Jocke Åhslund (Payback) avec lesquels ils enregistrent le troisième album du projet. En 2007, Agents of Ahriman débarque dans les bacs via Small Stone.

Greenleaf / Chronique LP > Nest of vipers

Greenleaf - Nest of Vipers Cinq années voire un peu plus se sont écoulées depuis le très solide Agents of Ahriman et les suédois du super-groupe Greenleaf sont de retour aux affaires avec Nest of vipers, toujours distribué par l'une des références en matières de desert-rock/stoner/psyché qu'est Small Stone Records (Abrahma, Acid King, Dozer, Hackman, Lo-Pan, Roadsaw...) et porteur d'un joli contingent de titres power-rock foudroyant et accrocheurs. Back to business.
Neuf titres joyeusement propulsés dans les enceintes en un peu moins de quarante-quatre minutes, une grosse palanquées de riffs furieusement rock'n'roll, des mélodies qui nous arrivent dans les écoutilles bien droites dans leurs bottines et une sacrée envie de cracher du décibel, les scandinaves ont goûté aux joies du désert américain sous un soleil de plomb et y ont pris goût.

Foncièrement rock, au sens le plus strict du terme, inflammables et enflammés, les premiers titres déboulent avec une grosse envie contaminatrice et "Jack Staff", "Case of Fidelity" ou "Lilith" balancent une bonne dose de cool sur la platine. Les morceaux sont drôlement bien fuselées, les mélodies ficelées pour satelliser la concurrence par leur efficacité et Greenleaf se laisse écouter avec un plaisir immédiat, non feint, et là encore communicatif. Mais démontre aussi avec des titres comme "Tree of life" puis "Dreamcatcher" qu'il sait y faire aussi dans une veine plus heavy blues désertique et enfumé façon The Dead Weather, avant de réeclencher les turbines sur "Sunken chips". Dans ce registre-là, la recette des nordiques, qui réunissent désormais des membres de Dozer et Truckfighters de manière à former très officiellement un véritable all-stars band venu froid, a beau être un peu immuable, elle fonctionne encore et toujours aussi bien ("The timeline's history").

Même sur un final psyché et vintage à souhait (l'éponyme "Nest of vipers") pour lequel le groupe s'est attaché les services de l'orgue de l'ex-Opeth Per Wiberg, pour un résultat aussi personnel qu'inspiré. Une bonne manière de boucler un album à qui il ne manque finalement que quelques étincelles pour flirter avec l'excellence. Mais en l'état, du bon boulot bien rock'n'roll solidement ouvragé.

Greenleaf / Chronique LP > Agents of Ahriman

greenleaf_agents_of_ahriman.jpg Intro au groove sidéral, des guitares qui claquent et les amplis qui se mettent à fondre, Agents of Ahriman, la dernière production du all-star band scandinave Greenleaf est d'entrée mise sur orbite avec le très réussi "Highway officier". Pas de doute, dans le genre, rock burné qui te met sur les rotules, les gaziers savent y faire. Ambiances bien soignées, riffing cinglant et mélodies qui viennent se visser dans la tête sans sourciller, le genre est certes balisé, mais le résultat, parfaitement exécuté est d'une efficacité à toute épreuve.

On reconnaît ci et là la griffe des Dozer, Lowrider et Stonewall Noise Orchestra, mais Greenleaf parvient à trouver son style propre à coup de "Treehorn" abrasif ou de "Black tar" entêtant. Soli de gratte acérés, basse saturée à souhait, batterie groovyssime, le groupe n'a pas besoin d'en faire des tonnes pour rallier à sa cause les amateurs du genre. Du stoner 90's taillé à la lame de rasoir mélangé, à du vieux hard rock pur jus légèrement psyché et aussi graisseux que complètement décomplexé, un feeling qui percute et un sens de la mélodie taillée pour le live, le combo envoie du gros son. Des titres tels que "Ride another highway" ou l'éponyme "Agents of Ahriman", évoquent les meilleurs compos des Dozer ou Spiritual Beggars, pendant que quelques plans old-school à la Led Zeppelin ("The lake") nous renvoient directement vingt-cing ans en arrière, pour notre plus grand plaisir.

Le résultat est parfois inégal "Alishan mountain" a déjà été mille fois entendu ailleurs, mais se révèle carrément réjouissant comme sur l'énorme "Sleep paralysis". Un véritable tube heavy/stoner/psyché. Basse volubile, duo guitare/batterie très roots et un refrain obstiné, hanté par les dieux des 70's, Greenleaf livre là un titre intense qui vient incendier nos platines et jouer avec ses influences pour balancer un cocktail rock avec un grand "R" et terriblement addictif. Même constant pour le sulfureux "Stray bullet woman", sorte d'alliage puissamment groovy entre QOTSA, SWNO et le seigneur Sabbath. Des riffs vertigineux qui tombent en cascade, une section rythmique qui balance, les suédois enquillent un dernier tube avant de baisser le rideau sur un album efficace, troussé avec un savoir-faire indéniable et une énergie rock irréprochable. Classe.