green day - Greatest-Hits Ce numéro anniversaire est un numéro où tu dois retrouver un peu de la nostalgie qui nous a touché en replongeant dans 20 ans de souvenirs et même un peu plus loin quand il a fallu fouiller notre mémoire pour comprendre comment on en est arrivé là... Et parmi les groupes qui ont marqué ma jeunesse rock, Green Day prend une sacrée place ! J'ai 16 ans à la sortie de Dookie et des heavy rotations de "Basket case", avec The Offspring ou Bad Religion, c'est le fleuron du renouveau punk à la ricaine, symbole d'une musique capable de squatter les charts malgré la distorsion, Nirvana a permis au rock au sens large de s'exposer partout, des tas de groupes en profitent, des tas d'ados en sont fans. J'en connais même un qui fabriquera son propre étendard en dessinant l'artwork de Kerplunk sur un t-shirt blanc. Si t'as vu ce mec aux Eurocks en 1995, c'était moi.

Le trio a déjà sorti un best of en 2001 avec International superHits !, c'était juste après Warning: et si Green Day bénéficiait déjà d'une belle popularité, ce n'était pas encore l'énorme machine qu'il est devenu. Une machine à tubes qui fait plier les radios et qui réussit à faire fredonner ses airs à ta belle-mère, un groupe renié par la plupart de ses vieux fans puisqu'en partie tombé dans la facilité mais un groupe qui continue d'assurer des shows énormes et à ne pas trop se prendre la tête. Il s'agit toujours et encore de passer du bon temps et de pas mal déconner, en témoigne le titre de cette compil (un running gag depuis 2005) et le vitrail de ses prêtres pongistes qui jouent avec les codes et leur histoire.

Personnellement, j'ai lâché l'affaire il y a environ 10 ans, je connais donc les quinze premiers titres par cœur. Bravo au label qui est allé chercher "2000 light years away" sur Kerplunk même si d'autres titres plus anciens auraient également leur place ("Going to Pasalacqua", "Road to acceptance", "Paper lanterns"...), outre un éventuel problème de droits, c'est surtout le son de la prod' qui est difficile d'aligner avec le reste. La version de "Welcome to paradise" chopée pour cette collection est d'ailleurs celle de Dookie qui se taille la part du lion avec 5 titres indémodables. Insomniac, taillé en pièce à l'époque soit parce que trop punk soit parce que trop typé Green Day regorge de bons morceaux mais on a ici que "Brain stew", à choisir, j'aurais plutôt mis "Stuck with me" ou "Geek stink breath" mais les mecs ne m'ont pas posé la question... Surtout qu'on a "Hitchin' a ride" extrait de Nimrod et "Warning" de l'éponyme qui ne sont pas indispensables. Après les quatre gros morceaux de American idiot, il est temps pour moi d'analyser ma relation avec le combo. L'ultra prévisible "Know your enemy" (que j'ai déjà entendu) et le larmoyant bien chiant "21 guns" ne me donne pas envie d'aller écouter le Green Day de 2009. Même constat sur "Oh love", c'est du rock ennuyeux dénué du moindre intérêt. C'était vraiment le meilleur titre de ¡Uno! ? Dieu kiffe vraiment ça ? Lucide, le combo n'a pas mis de morceaux extraits de ¡Dos! ou de ¡Tré!. "Bang bang" est bien plus excitant, j'avoue n'avoir même pas laissé traîner une oreille sur Revolution radio et j'ai certainement raté un truc même si "Still breathing" est plus quelconque. Restent les deux titres qui sont là pour faire parler du disque, les deux inédits de service. Une version country de "Ordinary world" avec Miranda Lambert qui ne restera pas dans les annales et un "Back in the USA" assez sympatoche.

21 titres qui couvrent presque toute la carrière du groupe, un livret avec plein de photos et les paroles, Greatest hits : God's favorite band est une compilation réussie puisque la plupart des choix réalisés ne sont pas discutables. Alors, oui, on peut toujours pinailler mais si tu veux te plonger dans 25 ans de carrière en 1h15, on peut difficilement faire mieux.