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Biographie > Ils n'aiment pas les lignes droites

De Grand Détour, on ne sait pas grand chose si ce n'est qu'ils adorent les concerts et la découverte de nouveaux lieux, aussi loin possible de leur Var natal (Italie, Espagne, République Tchèque, Allemagne... ils sont prêts à jouer partout). En 2012, ils n'avaient pas encore sorti la moindre galette qu'ils étaient déjà face à un public, avec leur premier EP éponyme, Clément, Jérémie, Pierre et Vincent ont pu acheter d'autres cartes, prendre d'autres routes, installer leur matériel dans d'autres salles. En mai 2015, ils sortent Tripalium, un premier album enregistré et mixé par Olivier Cancellieri (membre d'Appletop) dont les bandes ont voyagé jusque Chicago chez Carl Saff pour leur mastering (Blacklisters, City of Ships, Pigs, ZEUS! et des centaines d'autres !). Si ça leur permet d'embarquer pour de nouveaux trips, c'est aussi à nous de s'envoler en lançant la lecture de cet album.

Grand Détour / Chronique LP > Tripalium

grand detour - tripalium S'envoler depuis une base de lancement appelée "travail" avec un métier à tisser en très joli dessin d'introduction, ça peut créer quelques hésitations. D'autant que le travail dans sa version latine - Tripalium donc - c'est surtout le synonyme de souffrance étant donné que c'est un instrument de torture. Cette torture qu'est le travail, si bon pour la santé, on la retrouve dans d'autres langues, plus vivantes, comme l'espagnol ("Trabajo y arrebato") ou l'allemand ("Arbeit und rhythmus") et même au travers de mots français qui y sont associés ("La pénibilité et la crasse") ou du mixage du nom des deux grands économistes dont les idées se sont affrontés au XXème siècle ("Hayekeynes"). Rien qu'avec des titres et des images, Grand Détour, groupe instrumental, place déjà plus de messages que certains groupes qui ont un chanteur et des textes...

Pas de chant donc mais pas pour autant un post rock classique, tant le groupe ose les détours et les chemins de traverse, empruntant aussi bien au math rock ("Révolte en solde") qu'à une pop contemplative expérimentale ("En bon père de famille"). Dès les premières notes de ce "Demi-chaîne" haché, on sait de toute façon qu'il va falloir s'abandonner aux desiderata du quatuor et se laisser porter où bon leur semble, comme bon leur semble. Il va falloir encaisser les freinages, les virages, les larsens, les saturations, les écarts de conduite, les nids de poule, les accélérations et que le voyage est plus intéressant que la destination. Au final, peu importe où et dans quel état tu te retrouves, tu remonteras faire un tour jugeant que le détour n'aura pas encore été grand.