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Biographie > L'armée des 12 singes

Gorillaz - Band Gorillaz, c'est une entité musicale à la fois réelle et virtuelle. Le véritable groupe est composé de deux membres principaux, le prolifique Damon Albarn (Blur, Mali Music, The Good, The Bad and The Queen, l'opéra Monkey : Journey to the West) et Jamie Hewlett, dessinateur de la BD Tank girl et responsable de l'aspect visuel du projet. Gorillaz, c'est également de nombreux musiciens prestigieux qui changent au gré des albums. Pour le premier album éponyme sorti en 2001 : Dan the Automator, Miho Hatori de Cibo Matto, Del tha funkee homosapien, Ibrahim Ferrer du Buena Vista Social Club. Pour le second album studio Demon days qui a vu le jour en 2005 : Neneh Cherry, l'acteur Dennis Hopper, Martina Topley Bird, Ike Turner, De la soul, Roots Manuva, Danger Mouse et MF Doom. Le groupe est friand d'invités mais il l'est également de remixes en tout genre via 3 albums de remixes et autres faces B sorti de manière dispersée : G-sides en 2002, Laika come home la même année et D-sides en en 2007.
Du coté du groupe virtuel, Gorillaz est composé de 2-D (chant, clavier), Murdoc Niccals (basse), Noodle (guitare, voix), Russel Hobbs (batterie, percussions) et son "fantôme" rappeur Del. C'est ce groupe qui est mis en scène dans les clips ainsi que les lives de Gorillaz. C'est évidemment Damon Albarn qui incarne 2-D lors des lives tandis que les autres rôles sont à géométrie variable. Alors que l'on pensait plus ou moins officiellement le groupe enterré après la sortie de D-sides, Albarn annonce à l'été 2008 qu'un nouvel album de Gorillaz serait actuellement en préparation avec des personnages virtuels remodelés. Wait and see.

Gorillaz / Chronique LP > The singles collection : 2001 - 2011

Gorillaz - The Singles Collection Quand l'un des groupes supposément "mainstream" les plus cools des quinze dernières années livre un best-of, on a tendance à se dire qu'il a définitivement cédé aux sirènes des majors tentant à tout prix de sortir le plus de trucs "bankables" possible pour satisfaire les actionnaires. Pourtant quand on y réfléchi bien, Gorillaz a quand même toujours réussi à conserver une forme d'indépendance de ton, d'esprit, qui au-delà de son concept à l'inventivité fun, est parvenu à régulièrement créer de jolies surprises tout en étant largement rentable. Une certaine idée de ce que peut-doit devenir la musique du XXIe siècle sans doute.

The singles collection : 2001 - 2011 donc, un titre on ne peut plus clair et fatalement LA collection de singles parmi les plus "puissants" de la dernière décennie. Les tubes interplanétaires sont logiquement de sortie : "Clint Eastwood", "19-2000", "Feel Good Inc." et rappellent combien Gorillaz a sorti l'écriture britpop d'un enfermement créatif sclérosé en initiant un songwriting hip-hop/pop/trip-hop sinon révolutionnaire au moins d'une effervescence inventive de tous les instants ("Dirty Harry", "Kids with guns"). Parce que pour lâcher ne serait-ce que trois titres de cette trempe, faut quand même avoir ce petit truc en plus qui fait l'apanage des grands, des inventeurs qui marquent un art de leur empreinte.

10 ans d'une putain de classe, de singles aussi originaux qu'efficaces et des looks visuels à la coolitude assumée, nul ne sait trop ce qu'il adviendra de Gorillaz, ce jouet que Damon Albarn, architecte et maître d'oeuvre du projet aime enterrer et déterrer selon ses humeurs (certains oseraient "caprices créatifs") pour se défouler et se libérer de son trop-plein d'énergie créatrice ("Stylo", "On melancholy"), mais ce dont est sûr, c'est qu'on a rarement fait aussi léger mais intelligent comme pur divertissement musical, malgré quelques prises de risques parfois outrancières et deux/trois choix artistiques un peu douteux (''Superfast Jellyfish", "Doncamatic"). Pour le reste, rien à redire, cette compilation de singles en atteste même s'il n'en n'avait pas réellement besoin : Gorillaz, ça reste comme même une sorte d'ovni commercial, un "truc" un peu hors-normes et quoi qu'on en dise définitivement à part.

Gorillaz / Chronique LP > The fall

Gorillaz - The fall Il l'a fait et rien que pour ça, c'est un génie. Damon Albarn l'un des musiciens/compositeurs polymorphes les plus inventifs des vingt dernières années a réussi l'impensable : trouver une utilité quelconque à l'iPad, le fumeux gadget inventé par la célèbre marque à la pomme et accessoirement coup marketing génialissime à la hauteur de la maestria de tonton Steve. Mais là n'est pas le sujet. The fall donc, est le premier album de l'histoire du disque à avoir été entièrement conçu, produit et mixé sur un iPad, depuis la chambre d'hôtel de Damon, alors en tournée avec Gorillaz. Composer et enregistrer un album en même temps que l'on défend le précédent sur scène et qu'on cogite aux dix projets parallèles suivants et qu'on réactive le groupe qui l'a rendu culte (Blur), une semaine normal pour le père Albarn. Et donc ? Ben rien, mais fallait que ce soit dit, d'autant que du coup, l'album présentement chroniqué n'a donc rien coûté. Enfin si, entre 4 et 500 euros sur l'Apple Store. Et sinon musicalement ?

On ne va pas se cacher, lorsque l'on commence l'album par son... commencement, à savoir "Phoner to Arizona", on se rend compte qu'au-delà de la simple idée amusante évoquée plus haut et de la notion de "buzz" qui l'accompagne, faire un album sur un iPad, ce n'est peut-être pas une si bonne inspiration que ça. Beats lancinants mais répétitifs, un ersatz de trame mélodique par-dessus, une petite variation de rythme au milieu et puis... bah rien, ça dure comme ça quelques 4'15'' et après 2'30, on s'emmerde ferme. Mais avec Damon Albarn ou Gorillaz, ou les deux, on peut toujours s'attendre à tout. Et après un titre inaugural clairement ennuyeux, l'anglais nous livre la première pépite de l'album "Revolving doors". Un modèle de tube électro-pop à la nonchalance enivrante, au groove narcotique et au feeling inimitable. Putain de talent. Surtout quand il enchaîne avec l'inspiré et dub/synthétique "HillBilly man". La classe et ça, c'était pour calmer les plus exigeants. Sauf que pour deux/trois excellents titres ("Shy-town"), on a droit à une flopée de pistes assez peu intéressantes artistiquement parlant, des morceaux aux bricolages électroniques certes sortant de la norme mais qui rappellent que la simple originalité ne fait pas tout ("Detroit", "Little pink plastic bag"). Bof.

Et même dans l'intimité de sa chambre d'hôtel, la tête pensante de Gorillaz pouvait quand faire mieux que le paresseux "The Joplin spider", ou ce "The parish of space dust" qui vire un peu au grand n'importe quoi. Electronique, bizarre et finalement déroutant. Même après quinze écoute. C'est toujours le même problème avec les génies de ce trempe, surtout quand ils sont aussi prolifiques. Mike Patton, Justin Broadrick, Merzbow et d'autres, ont toujours, régulièrement même, des éclairs de génie qui tiennent plus ou moins la durée d'un album ou de la discographie entière d'un projet, mais à trop en faire, finissent fatalement par se rater un jour ou l'autre. Sur ce The fall, Albarn qui a tout composé et enregistré seul (comprendre sans le concours de l'autre moitié du projet Jamie Hewlett), passe ainsi d'un titre complètement abscons ("The speak it mountains") à une petite merveille pop ténébreuse et envoûtante ("Amarillo"), de l'insipide "Aspen forest" à l'étrangeté fascinante de "California and the slipping of the sun", avant d'inviter le soulman Bobby Womack sur "Bobby in Phoenix" et de finir sur "Seattle yodel" dans un délire dont il a seul le secret et que lui seul comprend. A l'image de l'album et plus globalement de son oeuvre, traversée par des fulgurances brillantissimes mais également par des "trucs" assez curieux, insaisissables et surtout bien décevants (on se souvient encore de son trip égotique qu'est l'opéra Monkey : Journey to the West). Dommage et en même temps tant mieux. L'anticonformisme constant et la créativité débordante sont certainement à ce prix.

PS : Apple n'a évidemment pas sponsorisé cette chronique mais les dons de quelque forme que ce soit sont évidemment acceptés. La chronique "pay what you want", ou l'avenir du webzinat 2.0.

Gorillaz / Chronique LP > Plastic beach

Gorillaz - Plastic Beach Plastic Beach de Gorillaz n'était pas envisagé. Il y a trois ans, Damon Albarn et Jamie Hewlett avaient annoncé l'arrêt "définitif" de leur projet à succès prétextant être arrivé au bout de son idée. Il s'agissait d'un double succès d'ailleurs, à la fois commercial et artistique. Gorillaz est sans doute le projet à géométrie variable qui a acquis une véritable notoriété planétaire, le tout caché sous les traits des personnages animés que l'on connait. Au point que quand on pense à Gorillaz, on s'imagine plus facilement les visages cartoonesques que les réels acteurs de ce projet.

Il y a de ça un an, alors que tout le monde attendait un nouvel album de Blur, Damon Albarn a annoncé s'être remis au travail pour Gorillaz. Quelques rumeurs de collaborations excitantes avaient filtré et cet album était annoncé comme le meilleur de depuis les débuts du projet. Alors qu'en est-il de Plastic Beach le dernier méfait de 2D, Murdock, Noodles et Russel ? L'artwork est toujours aussi soigné et agréable mais en regardant le tracklisting des 16 (!) titres on se dit, qu'au vu des nombreux featurings (Lou Reed, Snoop Dog, Paul Simon...), les musiciens ont du se faire plaisir. Mais ont-ils bien pensé au nôtre ? L'album s'ouvre sur une intro symphonique plus que dispensable et on rentre dans le vif du sujet dès la deuxième piste avec un "Welcome to the World of the Plastic Beach" dont le titre a le mérite d'être on ne peut plus clair. Ce qui en ressort est un morceau étrange nappé de synthés qui arrivent après une longue introduction. Le morceau devient plus intéressant dans sa moitié une fois le flow de Snoop Dogg lancé. Une instru que n'aurait pas renié Duran Duran ou plus récemment le français Tepr. On ne trouve que peu de traces de véritables refrains ou couplets, bref on est loin de la traditionnelle structure pop. On se demande alors au fil de l'écoute si c'est à cette sauce là qu'on va être mangé pendant tout le reste de l'album car comme entrée en matière on a fait plus efficace. D'autant plus que le titre suivant est dans la même lignée, un orchestre oriental en plus. Il faut attendre "Rhinestone eyes" pour retrouver Damon Albarn et son timbre désenchanté prononcé du bout des lèvres. Sous ses aspects pop ce titre est tout sauf simple avec son ambiance ambiance très cool, très apéro sur la plage. Le single "Stylo" ne me convainc pas beaucoup malgré un beat plus qu'addictif.

Et c'est là que le reste de l'album s'enchaîne à vitesse grand V avec du bon Gorillaz. J'entends par là une véritable poignée de bonnes chansons à l'ambiance très agréable ("On Melancholy Hill", "Glitter Freeze","Empire Ants","Superfast Jellyfish"). Jusqu'à la meilleure chanson de ce Plastic Beach : "Some Kind of Nature" avec Lou Reed himself. Une chanson superbe où l'ancien chanteur du Velvet Underground arriverait presque à faire mieux qu'Albarn dans le coté blasé en chantant. Un vrai tube. Léger, dansant aussi bon fort que à bas volume. Une belle rencontre musicale dirait Nagui. Trop tard, Gorillaz nous tient. Les titres s'enchaînent alors avec une belle facilité sans pour autant qu'on en retienne toutes les subtilités, lesquelles se feront plus évidentes au bout de quelques écoutes. Au final, il s'agit d'un bon album animé par la même volonté des débuts, celle de se démarquer tout en s'amusant. Gorillaz étant un projet expérimental bénéficiant d'une large couverture médiatique il n'est pas inutile de le signaler. Sans pour autant être révolutionnaire (ce qui à mon sens n'est pas le but de ce projet), il s'agit d'une approche pop de la musique (un peu) expérimentale. Alors pour une fois que les majors ne nous vendent pas de la soupe, ne nous en plaignons pas. D'un point de vue personnel, Plastic Beach me paraît être la bande son idéale pour un long voyage en bagnole entre potes, pendant la petite heure où personne de dit rien, chacun étant bercé par cette musique electro/funk/hip hop. On en retient une certaine impression de bordel, avouons le. Alors, oui, cet album est moins immédiatement efficace que Demon days. Oui, il moins addictif dans ses titres pris individuellement (sauf une ou deux perles) mais sur la longueur il est plus homogène ce qui est positif à mon sens. On pourra reprocher que les titres sont très compartimentés les uns par rapport aux autres dans le sens où une fois la chanson lancée, on écoute un beat se répéter pendant plusieurs minutes avant de passer à la chanson suivante. Mais, mis bout à bout, l'ensemble est une véritable réussite. En définitive, un bel album plus planant que surprenant. Continuez Monsieur Albarn, mais n'oubliez pas Blur pour autant.

Gorillaz / Chronique DVD > Bananaz

Gorillaz - Bananaz Gorillaz en DVD live ? en DVD retraçant une tournée ? Non, Gorillaz en docu. Un rockumentaire dévoilant l'envers du décors de l'un des projets musicaux les plus innovants des 15 dernières années, une sorte de Gorillaz : le film+le making of réalisé par Ceri Levy et retraçant l'étrange épopée cartoon-pop qu'est cette entité emmenée par ses deux fondateurs un brin allumés mais complètement surdoués : Damon Albarn et Jamie Hewlett. On le sait le premier s'occupe de l'écriture et des arrangements, quand le second élabore tout le look visuel de Gorillaz. Ce que l'on sait moins, c'est que le duo a enfanté du projet en réaction, quasi épidermique, à toute la génération MTV.
Bananaz (oui faut le reconnaître, le titre est vraiment naz(e)), c'est donc ça : une plongée dans l'univers d'un "groupe" à l'identité artistique aussi affirmée sur le fond que sur la forme, un duo dont l'ambition était première était avant tout de manier les notions d'éclectisme et d'inventivité afin de créer une entité musicale sortant de l'ordinaire. Dès les premières minutes, Bananaz lève donc le voile sur les origines de Gorillaz, depuis les premiers coups de crayons et riffs de guitare jusqu'à Demon days. Le film s'attarde ainsi assez longuement sur la conception du look visuel, le design des personnages, tout le travail de graphisme qui a été, depuis le début, l'une des composantes de base du projet. Mais surtout, Bananaz s'attarde sur le duo Albarn/Hewlett, sa complémentarité artistique, sur le bouillonnement d'idées permanent qui en découle et qui les emmène jusque dans le studio, où en s'amusant comme deux gamins à peine sortis de la puberté, ils se retrouve à l'origine de l'un des projets musicaux parmis les plus excitants des années 2000.
Hyper-créatifs l'un et l'autre, les deux têtes pensantes de Gorillaz s'entourent de ce qui se fait de mieux comme créateurs de sons (Dan the Automator, Danger Mouse entre autres), multiplient les tentatives les plus originales, pour aboutir aux albums, maxi et compilations de faces-B qui ont fait la renommé du "groupe". L'ensemble est ici entrecoupé d'extraits vidéos et d'un peu de musique (ça reste un DVD musical on le rappelle), quelques bouts de live également, l'image a pas mal de grain, on sent bien que c'est filmé à la Super 8, mais ça accentue le côté "naturel" du film. "En immersion dans l'univers de Gorillaz" aurait pu d'ailleurs être le sous-titre de Bananaz. Pas besoin d'être un inconditionnel du groupe pour apprécier le film, à la limite, il suffit juste d'être curieux d'appréhender le processus de création artistique et cela suffit. Classe...

Gorillaz / Chronique LP > Gorillaz

Gorillaz - Gorillaz Blur (celui gavé à la scène indie rock américaine) qui serait tombé dans une marmite de bouillon électronique trip-hop/hip-hop, en l'occurrence celui du sorcier Dan the Automator : c'est une définition que l'on pourrait donner de Gorillaz. Sauf que Gorillaz, c'est sûrement un peu de ça mais ce n'est pas que ça..
Un beat irrégulier accouplé à une guitare acoustique entêtante, la voix de Damon Albarn (pardon 2-D) flottante et paresseuse, saupoudrée d'interventions féminines, des sons synthétiques à foison en veux-tu en voila. Les bases du son Gorillaz sont jetées sur "Re-hash" et "5/4" reprend un peu le même schéma tout en appliquant une concision et un rythme qui fait penser à un vieux tubes des années 90 (remember Fine young cannibals, "She drives me crazy"). Deux titres qui emboîtent le pas à la mélancolie brumeuse des apaisés "Tomorrow never comes" et "New genious" : noyées dans un alliage sonore easy-listening savoureux pour les oreilles, certaines sonorités rappellent indubitablement l'œuvre d'Ennio Morricone pour le Bon, la brute et le truand. Une référence confirmée sur la piste suivante qui est d'ailleurs nommée en hommage à l'un des acteurs qui a évolué dans ce film : rythme presque tribal et voix mi-désinvolte mi-apathique s'alternant avec un flow hip-hop ample à la manière de Chuck D (Public Enemy) signé Del tha funkee homosapien (aka Russel) et des samples qui viennent donner de la profondeur auditive à un titre génial. "Clint Eastwood" est un de ces grands moment de la musique mainstream dont on ne se lassera décidément jamais. Ecouter un disque de Gorillaz, c'est comme un visiteur impromptu qui tape à votre porte, on ne sait jamais à qui on va avoir affaire : un ami, un voisin casse-pied, un témoin de Jeovah qui vient éveiller votre conscience embrumée ou un vendeur de casseroles made in Singapour. Un disque de Gorillaz, c'est pareil. Toc toc ! C'est "Man research" et ses arrangements kitch totalement assumés, ou encore "Punk" ou le gorille se "manimalise" en l'iguane Iggy Pop, "Sound check" débride les tympans avec son apesanteur martienne et enfin "Double bass" donne une occasion à Gorillaz de s'exprimer sur un terrain qui laisse la qualité de l'instrumentale au centre des attentions. Chaque apparitions de Del tha funkee homosapien est l'occasion d'excellentes parties de hip-hop, "Rock the house" ne dérogera pas à cette habitude : débit de paroles chaloupé, une mélodie leitmotiv qui dérape à la flûte (comme au collège pendant les cours de musique) et une cool attitude contagieuse, remède à la morosité ambiante. Un atout que possède également "19-2000" et son duo masculin/féminin, ode à l'insouciance qui invite à mettre votre journal déprimant, annonciateur de tempêtes diverses, à la poubelle et à enfiler votre plus joli bermuda à fleur : pourquoi pas sur une plage mexicaine ? Le morceau suivant "Latin Simone" en sera une bande-son approprié au travers de sa teinture hispanisante.
"Chassez le naturel, il revient au galop" : cela pourrait être le résumé de ce premier album éponyme de Gorillaz. Une lutte entre la forte personnalité musicale de Damon Albarn et celle de ses invités qui essayent de se faire une place tant bien que mal dans l'identité musicale du groupe. Des titres comme "Starshine", "Slow country" et "M1A1" sont symboliques de ces rapports de forces déséquilibrés et n'auraient sans doute pas dépareillé sur un album du groupe principal du prolifique leader. Il faut surligner l'apport plus que positif de Dan the Automator à ce projet : écoutez cet album au casque et vous serez convaincu de sa qualité. Il se révèle d'une richesse alors totalement insoupçonnée et démonstratrice du talent d'un personnage avec qui des musiciens renommés ont collaboré (de Mike Patton à Daryl Palumbo en passant par Russel Simmins du Jon Spencer Blues Explosion). Pour un premier essai, le résultat est à la hauteur du casting prestigieux : riche, bigarré et touche à tout. Il est à évidemment à conseiller aux mordus de Blur puisqu'il en contient de fortes réminiscences. Attention tout de même, ce Gorillaz s'aventure sur des terrains bien moins balisés que le groupe sous-cité : il s'adresse donc aux plus ouverts d'entre vous.