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Duo basse/batterie né des cendres encore chaudes des cultissimes Second Rate, Generic voit le jour début 2005. Forcément, l'annonce titille l'épiderme des amateurs de gros son bien velu. Et comme attendu, les premières compos sont aussi brûlantes qu'efficaces et, après une bonne série de concerts à travers toute la France, le groupe sort un premier maxi 4 titres qui suscite rapidement l'intérêt de plusieurs structures indé hexagonales. Le groupe participe à l'Emo Glam Connection et se fend d'une cover du "Blue print" de Fugazi sur la compil EmoGlam 666. Le groupe s'attire alors les faveurs du label Kicking Records (Flying Donuts, Hellbats, Lost Cowboy Heroes, Second Rate, The Black Zombie Procession) et participe au tribute aux Sheriff (Génération sheriff) qui sort durant l'été 2007 avec une reprise du titre "Aucune importance". Quelques semaines plus tard, Generic s'enferme en studio pour coucher sur galette les 14 titres qui composeront Open city leur premier album long-format. Novembre 2007, le CD des franc-comtois débarque dans toutes les bonnes crêmeries, la légende est en marche...
En remportant le tremplin régional en décembre 2008, le duo décroche son ticket pour participer au Printemps de Bourges à la fin du mois d'avril 2009. Alors en pleine élaboration de son deuxième album, Generic édite, avec le soutien de Découvert Autorisé, un maxi promotionnel (non destiné au public) limité à 500 exemplaires qui augure d'excellentes choses pour l'avenir du combo...

Review Concert : Generic, Generic fait coup double (fév. 2011)

Review Concert : Generic, Generic chez Monsieur +, acte II (oct. 2010)

Review Concert : Generic, Generic chez Monsieur + (nov. 2009)

Review Festival : Generic, Méline rock festival 2009

Review Festival : Generic, Kicking Festival #2 (juin 2009)

Review Concert : Generic, 25 ans de Bastion au Cylindre (mai 2009)

Review Concert : Generic, Brainans à Bourges 2009 (déc. 2008)

Review Concert : Generic, A GeneYip (nov. 2008)

Review Festival : Generic, Eurocks 2008

Interview : Generic, Une interview générique ? (mai 2009)

Generic / Chronique LP > II

Generic - II Par quel bout empoigner ce nouvel album de Generic ? L'exercice est d'autant plus difficile qu'il s'agit là de ma dernière (si, si, pour de vrai cette fois) irruption 100% officielle et prévue de longue date sur le webzine aux grandes oreilles même si je ne fais plus du tout partie de l'équipe (si, si, pour de vrai cette fois - bis) et même si quelques escarmouches ne sont néanmoins pas totalement impossibles à l'avenir, histoire de continuer à cultiver le paradoxe. Gui de Champi aurait obligatoirement sorti tous les dossiers poussiéreux (et bien plus encore) autour de Second Rate, Cactus poursuivant son idylle avec son homologue végétal et Aurelio étant trop préoccupé à décortiquer le huitième album de Celeste (Suicide intégral & névrose intense) dans une étude comparative et raisonnée de 64 pages, c'est donc à votre serviteur que revient de s'atteler à la tâche, que dis-je, à l'Oeuvre. En plus du fait que le groupe me l'ait demandé si gentiment lors de notre dernière rencontre (cf Generic chez Monsieur +, acte II (oct. 2010)) en me fournissant le magnifique objet vinylique judicieusement accompagné d'une copie de son contenu sonore sur CD à l'issue de l'avant-première mondiale d'un duo sublimement métamorphosé en trio.
Impossible de garder la tête froide au déballage de l'objet bleuté (au passage, chapeau à TheGlint et à Bertrand Béal pour les photos et le concept de la ligne graphique), puisque l'histoire d'amour entre Generic et moi dure de date en date depuis plus de deux ans, un délai qui peut sembler court mais pourtant suffisamment long et intense pour savoir que cela n'est pas terminé entre nous. A ce sujet, je vous renverrai à la fournée de concerts reviewés dans nos pages, même si au final il n'a été très peu question de musique... La venue au monde il y a plusieurs semaines de II est l'occasion de remettre les pendules à l'heure, un service minimum au pays de l'horlogerie.
Après avoir usé et abusé durant plusieurs semaines de l'offre "triple-play" de Generic (écoute du 33 tours chez moi, du CD dans la voiture et, après leur conversion en horribles MP3, des fichiers dans un antique baladeur numérique), c'est la gorge serrée, des fourmis dans les doigts et une petite boule au ventre que je vais tenter de te faire adorer la nouvelle prouesse musicale des bisontins, présentée sur scène au fil des derniers mois de façon aussi diverse que variée. Action.

Coté similitudes, on est franchement à la peine d'en dénicher puisque Generic, une fois n'est pas coutume, semble n'avoir de dette envers personne. On repèrera peut-être une accointance avec Microfilm dans le choix d'extraits cinématographiques (et tirés d'un même genre de cinéma). Mais cela s'arrête pour ainsi dire là. Pour le reste, tu devrais comprendre que Generic, duo basse-batterie au cas où ta mémoire défaille, continue de faire voler en éclats les codes en se permettant le luxe d'inviter Seb de Stellardrive au piano... ainsi que d'immiscer de subtiles différences entre les versions CD et vinyl de son ouvrage.
Baroque et iconoclaste. Ce sont les termes qui conviennent le mieux pour synthétiser l'esprit de ce deuxième album. Du haut de ses six pistes étalées en trois quarts d'heure, II nous chahute et ses auteurs dévoilent leur aptitude à faire aussi bien montre d'une tendresse infinie que d'une bestialité sans faille... et parfois au creux d'un seul et même morceau ("Onze heures"). Pour être principalement confronté à la brutalité de nos protagonistes, il faut se prendre (dès l'ouverture des hostilités) "Mocushle" en pleine face alors qu'on fait le plein de mélancolie et d'introspection grâce au magnifique trajet effectué "Sur la route" (et en compagnie de Jack Kerouac ?). On est déjà abasourdi par ce qui est passé dans nos conduits auditifs, comprendre la frappe aussi colossale que millimétrée de Sylvain, le jeu monumental en toutes circonstances de Fred, les savoureuses apparitions de Seb et une multitude de sentiments associés, mais nous ne sommes pas au bout de nos surprises puisque le summum est sans nul doute atteint entre "Pneumatic" et "Jeff". Les adeptes de bûcheronnage intensif et de dialogues cinématographiques auront une préférence pour le premier tandis que la froideur électronique des pads, la virtuosité du piano et ce vibrant virage post-rock aussi bouillonnant qu'étincelant attirera infailliblement tout mélomane digne de ce nom (et pas seulement les adeptes du grand Jacques Brel à qui ce titre semble se référer). Et c'est lorsque se boucle sur elle-même l'écoute de II, avec l'arrivée de la dernière piste, éponyme, que l'on prend pleinement conscience de pourquoi ce disque aurait pu s'appeler Vivre tue. Irrésistible et bouleversant.

P.S. : Pour les heureux détenteurs du maxi promo (Generic) sorti au printemps 2009, ils peuvent faire précéder son écoute à celle de II : ça se passe comme sur des roulettes.

Generic / Chronique EP > Generic

Generic - Generic Il nous arrive parfois de recevoir des disques non destinés au public mais il est encore plus rare qu'on en relate l'existence. Oui mais voilà, lorsque c'est très bien ficelé et qu'on a un faible pour le groupe en question, impossible de ne pas vous narguer un petit peu.
"Ouch ! Ca va faire très mal" se dit-on alors que l'écoute de cet EP est à peine entamée. Et ceci pour une simple et bonne raison : la galette, enregistrée, mixée et masterisée au Cube Studio bénéficie d'un son à la hauteur de ce à quoi Generic est prêt à assurer en concert. En un mot : ébouriffant.
Morceau à couper le souffle, tout en tension, c'est donc "Albert said" qui s'offre à nous, une petite teinte eighties à la clef (notamment dans le traitement de la voix) mais qui ne gâche en rien la puissance de ses rythmes syncopés. On surfe entre post-hardcore canal historique et sa descendance de ce début de XXIème siècle, on est pas loin non plus d'un Doppler ayant croqué un gros bout de Rock, du grand art pour ainsi dire. Après nous avoir sérieusement décoiffé sous un déluge post-rockisant et afin d'illustrer ses personnalités multiples, (il serait aussi incomplet qu'inexact de se contenter de parle de dualité concernant ce binôme...), les Bisontins provoquent un grand frisson, loin du chaos technique du titre ouvrant ce disque. Donc, "Everything else about us", tout en retenue, prend lentement son envol vers d'autres horizons, à la fois spatiaux et fébriles, car ici Generic tutoie la stratosphère, rien que ça. Une émotion dépouillée, poignante, décharnée, livrée à vif avant que le pouls de "Georges Louis B" ne se fasse ressentir. Un pouls frénétique et tentaculaire initié par la basse de Fred sur lequel Sylvain n'est pas en reste en promenant sans cesse ses baguettes sur toms et cymbales, sans distinction. De la saturation hypnotique rondement menée lors des premières minutes de catharsis intense, le duo passe à l'acoustique et au contemplatif, aidé par des nappes électros de bon aloi, le tout sans changer de morceau puisque du haut de ses 13 minutes, "Georges Louis B" apparaît comme un diptyque monobloc lors duquel Generic s'exerce particulièrement bien à confronter ses contraires.
Décidemment, Generic rend encore plus crédible l'idée que le duo est une véritable cour des miracles sonores. Et en ressortant de derrière les fagots des plans fabuleux qui leur ont permis de remporter cette finale de tremplin régional (cf Brainans à Bourges 2009 (déc. 2008)), Generic nous fait déjà saliver devant ce que pourra donner leur deuxième album... ainsi que leurs futurs concert dont celui lors du prochain Printemps de Bourges.

Generic / Chronique LP > Open city


generic_open_city.jpg Commencer cette année rédactionnelle par la chronique d'Open city, le premier album de Generic, sonne comme une évidence... Une ouverture électro-acoustique éponyme, une mise en branle furieusement électrique, saturée et débridée ("Pink lady"), les deux ex-Second Rate mettent le feu aux enceintes en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. Pas grand chose à redire, d'entrée de jeu, ça décape sévère. Mené de main de maître, "Les folles avec les fous" fait ainsi parler les décibels. Energie rock punky, prod sèche et ultra-nerveuse, le son est rugueux, les riffs acérés, on se prend une belle déflagration rock dans les gencives mais on n'est pourtant pas au bout de nos surprises. Car Generic a décidé de jouer l'ouverture en prônant le mélange des genres. Aussi, des titres tels que les bombes incandescentes que sont "Paragraphe" et "Little yellow jacket", puissants manifestes rock alternatif aux effluves métalliques qui décapent tout sur le passage côtoient sans effort, "Le pont des suicidés", un morceau post-classique baroque et feutré. Le spectre musical est large. Entre rock/metal raffiné façon Deftones et post-noise-core saignant à la manière de Seaholder, le groupe réussit le hold-up parfait, s'invitant comme un véritable ovni au milieu d'un paysage musical hexagonal souvent sclérosé par son conformisme. Du rock bien trempé, sauvage et viril, une éléctro-pop feutrée (l'intense "Save me"), Generic touche à tous les styles, mélange les genres avec goût et un savoir faire qui ne souffre d'aucune contestation. Ainsi, le duo délaisse souvent les guitares pour s'amuser avec quelques trouvailles éléctro presque enfantines ("A-theme"), des cliquetis mécaniques sur lesquels viennent se poser des samples de films, ce qui confère à la musique des deux ex-Second Rate un côté schizophrénique qui a de quoi en scier plus d'un. Noise limpide, saturation électrique, rythmiques métronomiques, "Comtesse 666" investi les décors des séries B d'épouvante des années 60, quand "Barbara slow motion" développe des atmosphères planantes via des sonorités ambient/post-pop envoûtantes et des instrumentations extrêmement soignées. Une petite dose de riffs saillants injectée par intraveineuse plus tard (avec "Escher") et le duo retourne à ses expérimentations rock et ses mélodies aussi intenses que finement pensées ("Your brother is dead"). Pour être à la hauteur d'un album particulièrement riche en rebondissements, Generic avait plutôt intérêt à soigner la conclusion de son intrigue, voire à nous réserver un petit twist scénaristique final de derrière les fagots. C'est chose faite avec "Open city 2", tout aussi éléctro que son petit frère mais développé sur un format un peu plus long de manière à en faire un titre de l'album à part entière et non plus une introduction rapide pour chauffer les studios. Et le groupe de conclure tout en retenue, avec le très court et acoustique "Sub urban are", un titre élégant empreint d'un minimalisme feutré. Encore une excellente surprise de la part d'un Generic qui aura su sans cesse se remettre en question en se renouvelant d'un morceau à l'autre. Indéniablement, Open city est une vraie pépite et nous voilà avec déjà dans la main ce qui sera sans aucun doute l'un des meilleurs albums de l'année. Mais peut être est-ce tout simplement ça maintenant, un groupe de rock. une formation qui aurait suffisamment de background musical derrière elle pour briser les conventions, détourner les clivages et battre en brèche les clichés pour créer quelque chose qui sorte un peu d'un ordinaire tristement répétitif. Ce qui ne serait évidemment pas pour nous déplaire.