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Biographie > Du poisson-globe aux tournées

Fugu, c'est d'abord le nom d'un poisson, le poisson-lune ou poisson-globe, un mets particulièrement apprécié au Japon, qui s'il est mal préparé peut s'avérer mortel pour l'homme. Autant dire qu'on est loin, très loin, de la pop rêveuse distillée par Mehdi Zannad, alias Fugu. Seule analogie: comme le Fugu, le poisson, le Fugu popeux est très apprécié au pays du soleil levant, où il a déjà joué. Mais revenons un peu en arrière: au milieu des années 90, alors étudiant à Newcastle, il enregistre ses premières maquettes mais surtout rencontre le groupe Stereolab, qui lui propose une collaboration autour d'un single, qui remporta alors un vif succès outre-manche. Puis en 1998, c'est en solo que Fugu se fait reconnaître avec la sortie d'un premier single, "F31", alors diffusé sur Radio 1 par le regretté John Peel. Ses mélodies pop tombent alors dans les oreilles de Saint-Etienne qui le contacte pour remixer un de ses titres. Son premier album, Fugu 1, sort en 2001 chez le fameux label anglais Rough Trade. Fugu part ensuite en tournée avec Stereolab. Puis plus rien pendant quatre ans jusqu'à cet euphorisant As found, produit, quel hasard, par Tahiti 80 et sorti chez Third Side Records.

Fugu / Chronique LP > As found

Fugu : As Found Pourquoi, mais pourquoi, sortir un tel album en plein mois de novembre, alors que les premières averses et vagues de fraîcheur viennent nous glacer les os et nous plonger dans une déprime de saison ? Il semblerait tout simplement que ce ne soit finalement qu'un concours de circonstance puisque Fugu était à la recherche d'un label pour distribuer son album jusqu'avant l'été. Et puis finalement, tout ça tombe plutôt bien. Je ne me la suis jamais autant pété dans les embouteillages, les essuie-glaces puissance maximum, que depuis que ce As found de Fugu passe en boucle sur mon autoradio. Le sourire jusqu'aux oreilles, la tête battant la mesure de gauche à droite, je profite de ce petit bijou d'insouciance et m'imagine sous une averse estivale; et ce n'est que le peu de dignité qui me reste qui m'empêche de sortir du vide-poche mes lunettes de soleil, accessoire essentiel à cet album ensoleillé.
Les chansons acidulées de ce digne héritier des Beatles ("I give up"), Bee Gees ("Here today") et d'à peu près tout que la pop en B a enfanté d'euphorisant, Brian Wilson en tête, puisent toute le force dans des mélodies et des arrangements légers portés par la batterie, un clavier et une guitare. Avec sa voix d'adolescent fougueux, ses textes en anglais servis par un accent frenchy à point et sa pop planante, Fugu ne révolutionnera certainement pas le genre, mais sa production arrive à point nommé pour nous aider à passer l'hiver.
Seul bémol : à partir de la moitié du CD, les balades plus posées prennent le pas sur l'optimisme béat des premiers titres, pas toujours avec autant de bonheur. On appréciera malgré tout "Parking lots" qui rappelle vaguement certaines chansons de Queen.