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Biographie > Fucked Up, Got Ambushed, Zipped In

Fugazi 01 1983, Washington DC. Minor Threat rend l'âme brutalement. Comme la teneur de son punk-hardcore. Ian MacKaye, son illustre leader, ne supportant pas la volonté artistique de certains de ses partenaires de jeu, décide de côtoyer des gens ayant l'envie de jouer "sa" musique. Entre d'éphémères formations plus ou moins intéressantes dont la très emo Embrace, MacKaye commence à fréquenter le batteur de Dag Nasty, Colin Sears. Les deux montent en 1986 un groupe en trio avec Joe Lally, bassiste ayant œuvré au sein de Lunch Box et Pitbull. Peu après, Sears doit repartir dans son groupe originel et laisse sa place à Brendon Canty, un fana de jazz et batteur de Rites Of Spring, groupe reconnu comme étant le premier à avoir été estampillé "emo".

1987, les trois gaillards nomment leur groupe Fugazi. Ce nom est trouvé par Ian lorsque celui-ci tombe sur un bouquin intitulé "Nam" écrit par Mark Baker dont le contenu relatait les mémoires d'anciens soldats de la guerre du Vietnam. Lorsque ces derniers étaient dans une mauvaise posture pendant le conflit, ils utilisaient l'acronyme F.U.G.A.Z.I. pour "Fucked Up, Got Ambushed, Zipped In" (en VF : "Je suis foutu, je suis pris en embuscade, je peux plus sortir"). Cette situation était exactement identique à celle de Ian lorsqu'il vint à jouer son tout premier concert avec cette formation et qu'il lui fallait absolument trouver un nom de groupe. Dans un premier temps, Fugazi fait la part belle aux concerts, histoire de prendre le pouls du public et de faire tourner leur répertoire. Un roadie-guitariste les accompagne, fils d'un Sicilien, ami et ex-partenaire de Canty dans de nombreux groupes dont Rites Of Spring, qui a d'ailleurs été produit par Ian MacKaye himself. Il se nomme Guy Picciotto, un gars bourré de talents dont celui de composer d'excellentes chansons (il est multi-instrumentiste). Le trio l'a bien compris puisqu'il est "embauché" pour tenir le rôle de chanteur puis celui de chanteur-guitariste par la suite.

En 1988, le groupe souhaite retranscrire sur disque l'énergie de son post-punk-hardcore-emo diffusée lors de ses concerts et sort un premier EP éponyme produit par Ted Niceley puis un second l'année suivante intitulé Margin walker. A noter que les 13 titres de ces deux disques se retrouvent sur 13 songs. Dans un esprit purement DIY, Fugazi a toujours essayé de contrôler les prix de ses concerts et de ses disques en les tirant vers le bas et s'est toujours positionné contre l'industrie musical qui, selon Ian, n'a rien à leur offrir et oblige les groupes à perdre le contrôle de leur musique. C'est en ce sens que la formation de Washington sort tous ses disques sur son propre label à savoir Dischord Records fondé par MacKaye avec l'ancien batteur de Minor Threat, Jeff Nelson. Le groupe s'est vu à maintes reprises se voir offrir de juteux contrats mais a toujours décliné les offres.

Fugazi Live 01 En 1990, un EP 7" de 3 titres (3 songs) voit le jour suivi de près par le tout premier LP intitulé Repeater, produit une nouvelle fois par Ted Niceley, qui partageait alors son temps entre le studio le matin et son école de cuisine l'après midi. Sans véritable promotion, le disque se vend à 300 000 exemplaires en un an et demi grâce notamment aux nombreux concerts que livre le groupe à travers les Etats-Unis et l'Europe. De nos jours, c'est à plus de 2 millions de copies que se chiffrent les ventes de ce Repeater, devenu un grand classique de la formation. En 1991, le quatuor enchaine avec Steady diet of nothing (terme venant du comique de stand up trop tôt disparu Bill Hicks), deuxième album récompensé par un prix de la Washington Area Music Association. Produit par le groupe dans la difficulté, cet LP reste en terme de durée le plus court de sa discographie.

1993, année faste pour le groupe qui sort In on the kill taker du nom d'une lettre trouvée par terre par la bande de MacKaye pendant l'enregistrement du disque. Cette lettre est d'ailleurs visible dans le livret de la jaquette. Ce troisième album plus rythmée et agressif est souvent considéré par les fans de Fugazi comme étant le meilleur. Certains musiciens connus tels que Eddie Vedder de Pearl Jam, Michael Stipe d'R.E.M. et Kurt Cobain de Nirvana, tous de grands fans de Fugazi, le reconnaitrons également. Pour la petite histoire, les pre-sessions d'enregistrement de cet album ont été réalisée avec Steve Albini mais la formation a préféré laisser la production aux mains de l'habituel Ted Niceley. Notons que Fugazi, face à son succès, refuse un chèque de 10 millions de dollars provenant d'Atlantic Records ainsi que l'invitation à l'affiche du grand festival Lollapalooza, sans parler, bien évidemment, de toutes les sollicitations d'interviews.

Le groupe prend une petite pause bien méritée puis enregistre en 1995 Red medecine en auto-production. La critique applaudit sa direction plus expérimentale à base de jams noise, de dub et de touches psychés, impression que réfute Guy qui préfére le qualifier plutôt de "subtil". La formation part en tournée mondiale en passant notamment par Singapour et peut se vanter d'avoir tourner avec cet album dans chacun des 50 états des USA. Mais enchainer les concerts à gogo n'est jamais très bon pour la santé. Ian MacKaye en fait les frais et se tape une pneumonie en Australie, obligeant le groupe à repousser tous ses concerts. En avril 1998, Fugazi sort End Hits dans la continuité du précèdent disque. Son titre ainsi que la vie de famille de certains membres (mariage + enfant) nourrissent une rumeur de séparation auprès des fans, il n'en sera rien. En mars 1999, le groupe fait l'objet d'un documentaire filmé par Jem Cohen intitulé Instrument - Ten years with the band Fugazi comprenant des lives, des interviews et des scènes backstage. Le tout est accompagné un mois plus tard d'une BO contenant des demos et des raretés.

Fugazi 02 En octobre 2001, un nouvel album voit le jour. The Argument est primé par l'American Association of Independent Music en tant que meilleur album indé de l'année et est accompagné d'un 3 titres nommé Furniture. Après une dernière date à Londres le 4 novembre 2002, Fugazi se met en hiatus. Malgré cela, cela n'empêche pas certains de continuer d'autres aventures musicales. IanMacKaye a formé The Evens, un duo indie-rock avec la batteuse de The Warmers, Amy Farina. Il continue également son travail de production pour des artistes tels que l'ex-guitariste des RHCP, John Frusciante, Black Eyes ou Q And Not U. Guy Picciotto s'est quant à lui occupé de la production des New-Yorkais de Blonde Redhead. Joe Lally a monté Ataxia en compagnie de l'ancien et du nouveau guitariste des RHCP que sont John Frusciante et Josh Klinghoffer.

Le groupe est reconnu mondialement pour son intégrité, son éthique et sa loyauté tant dans la qualité de ses disques que dans ses prestations live où les moshs sont interdits. Pour revivre ces moments, Dischord Records a lancé en décembre 2011 les Fugazi Live Series, soit un projet d'archives massif compilant quelques 130 concerts de la formation, désormais disponibles en téléchargement légal via le shop du label. [ [us] Dischord Records: Site officiel (46 hits)External ]

Fugazi / Chronique LP > First demo

Fugazi - First demo Fugazi, c'est mon groupe préféré de tous les temps. Fugazi, c'est mon groupe préféré de tous les temps. Fugazi, c'est mon groupe préféré de tous les temps. Fugazi, c'est mon groupe préféré de tous les temps. Fugazi, c'est mon groupe préféré de tous les temps. Fugazi, c'est mon groupe préféré de tous les temps. Fugazi, c'est mon groupe préféré de tous les temps. Fugazi, c'est mon groupe préféré de tous les temps. Fugazi, c'est mon groupe préféré de tous les temps. Fugazi, c'est mon groupe préféré de tous les temps. Fugazi, c'est mon groupe préféré de tous les temps. Fugazi, c'est mon groupe préféré de tous les temps. Fugazi, c'est mon groupe préféré de tous les temps. Fugazi, c'est mon groupe préféré de tous les temps. Fugazi, c'est mon groupe préféré de tous les temps. Fugazi, c'est mon groupe préféré de tous les temps. Fugazi, c'est mon groupe préféré de tous les temps. Fugazi, c'est mon groupe préféré de tous les temps. Fugazi, c'est mon groupe préféré de tous les temps. Fugazi, c'est mon groupe préféré de tous les temps.

Voila. Au revoir. Ah zut, on me signale que cette chronique doit être un minimum construite et argumentée.

Alors, on pourrait te dire que le groupe a une discographie exemplaire et intouchable. Que le fait d'avoir une éthique assez ardue ne les a pas empêchés de se faire un max' de pognon et que c'est largement mérité. Que le groupe nous emmerde avec son hiatus même si les musiciens se sont tous brillamment illustrés au travers de projets tous plus intéressants que les autres (The Evens pour Ian MacKaye, les albums solos de Joe Lally... etc) et on pourrait te dire également que cette First demo documente de fort belle manière les débuts d'un groupe dont le degré d'exigence et l'aura artistique auront traumatisé positivement les musiciens du monde entier. Ces 11 pistes ne font que confirmer le talent déjà haut de gamme de musiciens qui avait su conjuguer la fougue du hardcore avec des prétentions arty.

Et cette First demo permettra surement à Ian MacKaye de financer encore 10 ans de sorties Dischord et ça, c'est le deuxième effet kiss cool.

Fugazi / Chronique LP > Red medecine

Fugazi-Red Medecine J'ai découvert Fugazi avec Red medecine. Et même si je chéris de la même manière toutes les œuvres de ce quatuor légendaire, cet album aura toujours pour moi une saveur particulière. Parce que je crois sincèrement que ce groupe était au sommet de son art à cette époque, si tant est qu'il y ait eu chez lui des hauts et des bas. Non, en fait, il n'y a définitivement jamais eu de bas chez Fugazi, discographiquement parlant. Ce n'est donc nullement un hasard que de me retrouver à parler de cet opus aujourd'hui. Il était temps car le simple fait de ne pas avoir de réponses en tapant Fugazi sur la barre de recherche du W-Fenec commençait à me filer de l'urticaire. Quatrième album studio du groupe, Red medecine fait son apparition dans les bacs en 1995 et a la lourde tâche de succéder à un album magistral, In on the kill taker. Difficile, en effet, de passer deux ans plus tard derrière ce succès, tant commercial que musical, où chacune des chansons le composant dévoilait la tension brute jouissive du punk tout en y conservant l'inévitable ADN emo de Washington DC. Mon collègue Cactus saura surement mieux que moi vous l'expliquer, toujours est-il qu'à cette période, les fans pouvaient peut-être espérer au mieux un album du même acabit. C'était bien mal connaître la bande de Ian MacKaye.

Cette "médecine rouge" n'est pas un rat de laboratoire, ni-même une tentative d'expérimentation quelconque, comme certains plumitifs de l'époque l'ont laissé croire après avoir découvert les premières notes saturées de "Do you like me" ou bien l'inquiétante introduction de "Birthday pony". En vérité, Fugazi s'est juste donné plus de liberté, a joué la prise de risques en élargissant son champ d'actions artistiques et ce, dans tous les compartiments. Les compositions de Red medecine sont un brainstorming méticuleux, des flux sonores qui s'entremêlent avec une inspiration rare. Quand l'excellente "Bed for the scraping" reprend les fondements emo-punk du quatuor en mettant cette fois-ci en exergue le rôle prépondérant des guitares, "Version" fait disparaître ces dernières pour laisser place à une clarinette naviguant sur les flots d'un dub instrumentale. Déconcertant aussi sont les efforts entrepris par le groupe pour repousser les limites de ses chants en leur insufflant de nouvelles formes, d'une placidité inquiétante pour Joe Lally sur la très noisy "By you" (l'occasion de l'entendre est assez rare) où d'une émotion crispante pour Picciotto sur "Forensic scene". Tout au long de ce périple médical, Fugazi donne libre cours à des structures plus ou moins biscornues agrémentées par moment de progressions pas toujours très évidentes de prime abord mais qui fonctionnent à merveille. C'est exactement là où se situe le génie de ce groupe : rendre simple et cohérents les aspects les plus compliqués et les plus tortueux de sa musique sans tomber dans l'excès. Et quand le quatuor renoue avec l'explosivité de son punk d'antan sur "Back to base", il ne fait que venir simplement rééquilibrer la balance d'un album juste inclassable et insaisissable. Tous ceux qui l'ont saisi, lui ont voué un culte. Vous comprendrez bien en le (ré)écoutant qu'il n'est pas chose aisée de leur donner totalement tort.