Flyin Saucers Gumbo Special - Swamp it up ''Tambouille festive et épicée dont les ingrédients sont issus des musiques de Louisiane.'' On n'aurait pas dit mieux. Voilà un album qui force le respect par sa classe et sa maîtrise totale du sujet. On se croirait en plein bayou, les fesses posées sur les planches poisseuses d'une barque pilotée par Matthew McConaughey, une bouteille de Whisky à la main avec le soleil qui tape sur la peau et les moustiques qui la piquent. Effectivement on entend de tout dans cet album qui ravira les amateurs de blues tiré à quatre épingles : de Earl King à Creedence Clearwater Revival en passant par Ray Charles et Stevie Ray Vaughan. La crème de la crème. On se laisse tout de suite embarquer dans des swings sexy, du cajun païen voire du funk par moment et un bon vieux parfum de 50's avec ce bon vieux sentiment de lassitude cool et ces paroles aux thèmes délicieusement anecdotiques (du genre « j'te parle de mon clebs » ou « si tu regardes ma meuf ça va mal se passer», des récits de vie quoi.).

''De la musique de vieux'' vous me direz, bah ouais. Mais vous serez bien forcé d'admettre que personne n'a jamais inventé de recette plus noble et plus efficace depuis bientôt un siècle. Et quand c'est des professionnels qui s'en occupent, comme c'est clairement le cas ici, on ne peut qu'applaudir. Les membres de ce charmant combo français connaissent indéniablement leur métier et l'accomplissent avec la précision du vieux et honnête artisan chez qui on continue d'aller parce qu'on sait qu'on y trouvera une valeur sûre.

Flyin' Saucers Gumbo Special ne réinvente pas du tout la formule et a clairement trouvé sa zone de confort. Mais elle est large cette zone de confort car les bougres connaissent leurs influences sur le bout des doigts et savent garder leur auditeur en transe jusqu'au bout, que ce soit en changeant régulièrement d'ambiance et de tempos ou même de voix (du chant féminin par-ci par-là ça réveille n'importe quel cow-boy).

On ne voit pas les minutes défiler et on se surprend à chantonner deux trois refrains encore quelques minutes après l'écoute. Rien de plus à dire si ce n'est que c'est à la fois simple et maîtrisé sur le bout des doigts, et que la première chose qu'on a envie de faire une fois l'album fini, c'est d'appuyer sur replay.

La classe, tout simplement.