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Biographie > ils vont foutre le feu

Grenoble est une terre de rock, Virago nous avait ouvert les oreilles et aujourd'hui la ville et la région fourmillent de bons groupes et d'assos qui font bouger l'Isère et la France... Et aujourd'hui, arrive ce qui arrive ... A savoir Firecrackers ! Un groupe composé de quatre lascars qui imposent ce nouveau nom uniquement avec leur CV ! A Elevate Newton's Theory ou Feverish qui se sont faits remarqués au niveau national, il suffit d'ajouter Un Dimanche, le label plutôt pop qui a le nez creux pour avoir un mélange détonnant... qui se nomme Firecrackers ! Le quatuor (Yann au chant et à la guitare, Jose au chant et la basse, Tony à l'autre guitare et Dennis à la batterie) se forme en 2004, compose à 200 à l'heure, enregistre 6 titres en 2 jours et met le tout (intitulé She demon) dans les bacs pour la rentrée 2005, maintenant, place aux concerts !!!

Interview : Firecrackers, Firecrackers : Dennis (fév. 2009)

Interview : Firecrackers, Firecrackers : Tony (fév. 2009)

Interview : Firecrackers, Firecrackers : Yann (fév. 2009)

Interview : Firecrackers, Firecrackers : Seb (fév. 2009)

Interview : Firecrackers, Fire cracké (oct 2005)

Firecrackers / Chronique EP > Pinball machine blues

Firecrackers - Pinball machine blues Il faut bien l'admettre, ils sont plutôt dans le coup chez April 77 Records. Et pour cause : le vinyle revient à la mode depuis deux/trois ans, beaucoup croient en la musique dématérialisée (là, c'est déjà moins évident...), Firecrackers est un groupe qui n'a certainement jamais aussi bon que sur son dernier album éponyme (sorti il y a quelques mois et chroniqué dans nos pages), alors quoi de mieux que de sortir un 2 titres des Grenoblois sur ce double format ? Niveau marketing, c'est plutôt finement joué. Et tant pis pour les fétichistes forcenés du CD, en même temps, il a le vinyle (très classe d'ailleurs) pour compléter sa disco personnelle. Alors qui dit mieux ? Certainement pas nous bien qu'on n'aurait pas été contre un ou deux morceaux de plus...
Dix-septième volet de la série "Single club" initiée par le label il y a deux ans et réunissant notamment Black Acid, les Riot girls de Decibelles, Invasionen (side-project de Dennis Lyxzen / Refused) ou Stuck in the Sound, ce Pinball machine blues s'inscrit à la fois dans la ligne éditoriale du label et dans ce qu'ont toujours su faire les Firecrackers : soit un ébouriffant cocktail de rock bluesy aux effluves garage, old-school et rockabilly. Face A : on a droit à "Pinball machine blues", pur condensé de fièvre rock'n'roll made in 60's et revisité à la sauce Grenobloise. Une mélodie qui colle à la peau, une fausse nonchalance groovy, une légère atmosphère western/country au second plan, résultat : une efficacité absolue pour un premier titre dont on a bien du mal à décrocher. Face B : "Wasteman" déboule toutes guitares dehors en nous emporte dans une véritable tornade de stoner-rock façon "Firecrackers' touch". A écouter de toute urgence...

Firecrackers / Chronique LP > Firecrackers

Firecrackers - Firecrackers Rock'n'Roll baby ! Les Firecrackers sont de nouveau dans les bacs avec un Long Play ! S'ils ont toujours le sens du groove, des riff et des mélodies qui accrochent, ils ont en plus réalisé un gros travail sur les sonorités de leurs instruments, quittant les rivages scandinaves modernes pour voguer davantage vers les sources du rock qui défrise : les sixties et les seventies. Ca sonne donc désormais plus à l'ancienne que "garage" et on peut imaginer que s'il avait 40 ans de moins le groupe pourrait partir en tournée avec des potes en "The" (Who, Animals, Kinks, Yardbirds, Shadows...), ou qui portent un nom en deux mots (Status Quo, Canned Heat, Led Zeppelin, Deep Purple, Black Sabbath...) et je passe forcément sur pas mal de références de l'époque bénie des tubes rock qui demeurent indémodables. Parmi les titres de la rondelle, on pourra trouver quelques clins d'oeil plus ou moins évident à d'autres stars de l'époque, qui entendra ici un son à la Jimi Hendrix, qui se remémorera là un plan de Creedence Clearwater Revival, qui reconnaîtra le "Darling be home soon" des Lovin'Sponful à la fin du 33 tours (cette reprise bonus n'est dispo que sur la version vinyle). Si les allusions au passé sont nombreuses, les Grenoblois sont également bien dans le temps présent puisqu'ils ont invité les Decibelles à faire les choeurs sur "The dance is over", le trio féminin donne par ses voix une ambiance très ricaine qui ne déplairait pas au dernier combo en date de Jon Spencer (Heavy Trash). Est également de la partie Robert Dahlqvist guitariste et chanteur des Hellacopters (et de Thunder Express), il lâche son solo sur "Give away" et se fond dans le collectif isérois très facilement. Entre passé et modernité, ce sont The Chameleon's Day qui assurent la liaison puisque leur "Out of gazoline" extrait de Tired of the old world paru en 1988 est repris par le quatuor.
Voilà pour le ton d'ensemble, pour ce qui est de mon avis personnel, c'est simple "Wasteman", "Still alive", "I must protect my soul", "Go right on and shoot me" et "I start a fire" sont des bombes et j'aime beaucoup l'orgue Hammond du morceau caché intitulé "Flashback". Ceux qui pensent que le Rock est mort ferait bien de se caler le disque dans les oreilles et de se raviser...

Firecrackers / Chronique LP > You gotta love it

Firecrackers : You gotta love it ! We won't make any deal, kill kill kill ! ou Driving fast is fun babe !, une de ces deux phrases pourrait également très bien aller comme titre de ce premier album des Firecrackers, mais il faudrait changer la pochette et ça, non, jamais ! Car il est clair que l'invitation de la pin-up ne se refuse pas et comme en plus elle promet que You gotta love it... on n'hésite pas bien longtemps.
Toujours aussi furieusement rock'n'roll, le all star band de Grenoble impose une vitesse de croisière assez élevée tout en respectant les règles du rock "à l'ancienne" : rythmes ultra carrés, breaks attendus, gimmicks de guitare pour la relance, son "garage" du meilleur effet, petit solo à droite à gauche, chant accrocheur avec ou sans filtrage, refrains qui font mouche... Le potentiel mis à découvert par She demon est formidablement bien exploité et malgré la trop courte durée de la rondelle (à peine trente minutes...), les Firecrackers arrivent à nous en faire voir de toutes les couleurs : des choeurs féminins et de l'orgue sur "Gotta love it", un festival de rythmes sur "Psycho", un esprit cow-boy sur "Home again", qelques titres où José prend le micro à Yann (dont "Break out"), un sample extrait de film pour l'intro de "Easy way"...
Si le tempo de "Gotta go" n'est pas franchement endiablé, c'est qu'il fallait se préserver pour la suite... Car les deux derniers titres de You gotta love it sont tout simplement des tubes blindés de fraîcheur et d'énergie. Les derniers seront les premeirs, je commence donc par la furie "Big empty times", c'est une Corvette lancée à 200 à l'heure à travers le désert sur la route 66 et son conducteur adresse aux flics qui viennent de le flasher sur le bord de la route un magnifique "fuck" ! Après ça, il peut retourner sa main et replier son majeur pour tendre son auriculaire et son index car le skeud, en mode repeat, a remis les gaz avec "Bootleg babies"...
Ca aurait fait une belle outro mais il me faut absolument dire un mot sur mon titre préféré : "Kill kill kill" ! Les guitares sont accrocheuses et percutantes, sortent une cascade de note pour finir les riffs et sans qu'on ne puisse le voir venir on se prend le refain Kill kill kill en pleine face ! Deux breaks monumentaux avec une basse puis un piano en feu et le morceau s'achève trop vite, mais pas la peine de discuter, les Firecrackers ne négocieront pas. I love that, I love it !

Firecrackers / Chronique EP > She demon

firecrackers : she demon Cette rentrée 2005 est marquée par la sortie de l'énième album studio des Rolling Stones, légende vivante du rock qui sort des albums pour pouvoir payer l'entretien du yacht et faire le tour du monde gratos et y délivrer quelques concerts hors du temps et de l'ordinaire... La presse non spécialisée et une certaine presse spécialisée va se dépenser en articles et dossiers sans compter, on rabachera aux moutons telle ou telle histoire de rencontre, le nombre de semi-remorques qui promènent leur scène et on montera en épingle le titre "brulôt anti-Bush", autant de diversions qui montreront que les légendes sont toujours là et éviteront de parler frontalement d'album assez mauvais... Quel rapport avec les Firecrackers ? Aucun. Si ce c'est que des putains de groupes de rock n roll, ça existe encore !!! Des groupes comme ça, il en existe plein mais trop peu en parlent, mettez-les à l'affiche comme les Stones et le rock "mort et enterré" paraîtra lui aussi plus en forme que jamais... Et pas seulement dans les supermarchés et sur papier glacé, les Stones ont fait beaucoup mais ce ne sont pas des survivants, ils sont déconnectés du monde réel, celui des arrière-salle, des amplis posés entre deux tables, des line-checks en direct, du bassiste qui réclame une bière au patron entre deux titres, de la sueur non épongée, du public qui vient là gratos et évite les coups de manche des guitares comme à la parade... Le rock vivant, pas un putain de truc légendaire ! Un rock réel, un rock qui naît en 2005 sans avoir rien à foutre de ce qu'il sera dans 40 ans, un rock qui n'a pas non plus peur de sortir des "vieux solos" ("Burning the disaster"), qui filtre sa voix sans honte sur un blues ("Devil doll blues"), qui envoie le bois en se souciant des mélodies ("She demon")...
Stoner ? Rock ? Speed Blues ? Là encore, on et ils s'en tapent, les Firecrackers sont là pour les riffs (et les gonzesses ?), tout feu tout flamme, ils existent grâce au passé mais jouent dans le présent là où certains jouent du passé pour exister dans le présent. Il est là l'album du mois.