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Biographie > ça siphonne

Filter c'est le groupe de Richard Patrick. Richard est né en 1968 et dés ses neuf ans il joue de la guitare... Il débute sa carrière "professionnelle" avec NIN comme guitariste de scène après avoir joué dans un groupe appelé The Akt (puis The Act) lors de ses études universitaires. Brian Liesegang rencontre NIN (et donc Richard) lors du tournage du clip de "Gave up", il devient le clavier live du combo de Trent Reznor, pendant ce temps-là Robert, le frère de Richard, joue au T-1000 dans Terminator II (c'est juste pour le dire, ça n'a aucun intérêt dans l'histoire de Filter, le seul rapprochement qu'on pourrait faire c'est X-Files puisque Robert intègre la série [pour l'achever] et Patrick compose un titre pour la BO du film). Ils quittent tous les deux NIN pour monter un projet solo, et finalement se retrouve ensemble vers 1993-1994 pour monter un nouveau groupe : Filter.

Filter / Chronique LP > Crazy eyes

Filter - crazy eyes La carrière de Filter joue aux montagnes russes, après une ascension fulgurante (oui, Title of record est pour moi le sommet), le groupe de Richard Patrick a soit descendu soit regrimpé dans notre estime. Après The sun comes out tonight, la logique voudrait qu'on remonte la pente... Si on ne sait pas trop quoi penser de l'artwork (si ce n'est qu'il colle bien au titre Crazy eyes), ce n'est qu'après plusieurs écoutes qu'on peut affirmer que la collection de titres envoyés par le Filter de 2016 est plutôt du genre à repropulser la machine vers le haut !

A part le frontman, tous les membres ont changé, bienvenu donc pour quelques mois (voire plus si affinités) à Oumi Kapila (guitare), Ashley Dzerigan (basse), Chris Reeve (batterie) et Bobby Miller (machines) qui ont du aimé le Filter des débuts plus que le récent car ils n'ont pas découragé Richard Patrick dans sa volonté de retourner vers le futur et dans l'ambiance de ses débuts, celle d'un rock alternatif sombre et industriel. Pour l'accompagner dans ce voyage, Richard a fait appel à Ben Grosse, déjà derrière la production de Title of record et Michael "Blumpy" Tuller connu pour avoir bossé avec Nine Inch Nails. Le mixage de Brian Virtue (30 Seconds To Mars, Deftones) ou le mastering d'Howie Weinberg (Soundgarden, The Mars Volta, Smashing Pumpkins, Staind...) sont bien entendu irréprochables. Côté nostalgie, son vieil ami Danny Lohner (NIN, A Perfect Circle...) est également passé filé un coup de main et dès "Mother E", titre introductif, tu sais que le Filter dérangeant et incisif est bel et bien de retour !

Et la locomotive Patrick emmène ses wagons sur des territoires assez modernes où les guitares crasseuses affrontent des machines électro ("City of blinding riots"), ce qui ravira les fans de Trent Reznor et nous ramène 20 ans en arrière ! Filter, c'est avant tout un groupe de rock et la dynamique de la plupart des titres est clairement dans le registre "alternatif des années 90's" amalgamant avec brio les parties les plus sourdes et froides aux plus acoustiques et chaleureuses (cette voix !). Bref, depuis Title of record, on tient peut-être là le meilleur opus de Filter, tout simplement. Impensable ? Ecoute "Nothing in my hands", il aurait pu être enregistré à cette époque-là !!!

Filter / Chronique LP > The sun comes out tonight

Filter - The sun comes out tonight Avec Filter, c'est un coup oui, un coup non. Si Anthems for the damned avait été un retour aux affaires un peu (voire beaucoup) faiblard du groupe de Richard Patrick, son successeur, The trouble with angels avait, un peu à la surprise générale, largement redoré le blason d'un groupe que l'on pensait un peu perdu dans les méandres de l'industrie du disque. Mais fatalement, on avait un léger doute au moment de s'attaquer à The sun comes out tonight et pour le coup, le flair du fenec sauvage se révèle affuté. Trop.

Car on ne va pas se leurrer bien longtemps, la mise en route du nouvel album des auteurs de Short bus, Title of record ou The amalgamut est au mieux particulièrement poussive... au pire salement putassière ("We hate It when you get what you want", "What do you say"). Un rock métallisé très paresseux, une prod' qui en veut mais des ficelles énormes cachant grossièrement l'ambition première du groupe. Plaire à tout prix à un public easy-listening. Quitte à commettre une ballade aussi pathétique que l'atroce "Surprise". Certains vendent leur âme au diable, eux ils la livrent en plus. Là, ça devient difficile et le sample électro de lancement de "Watch the sun come out tonight" laisse augurer le pire... qui arrive finalement avec l'infâme mixture rock FM pop daubesque digne du plus mauvais 30 Seconds To Mars mixé avec tout ce que l'on peut détester chez Filter. Violent.

Soit une absence totale de créativité rock, une énorme dose d'effets de production et autres artifices ne masquant absolument pas le niveau zéro (et on est soft) de composition d'un album qui se révèle un supplice à écouter sur ses cinq premiers titres. Et n'est guère meilleur sur la suite (pire c'était limite pas possible..). Par conséquent, "It's got to be right now" n'est pas terrible mais à côté du four intersidéral des morceaux précédents, on est presque soulagé (c'est dire l'ampleur du désastre créatif). Verdict assez similaire sur un "This finger's for you" pompier mais qui ne fait toujours pas décoller le niveau et en même temps, on ne s'y attendait pas. Puis comme le groupe a décider de vraiment se rater dans les grandes largeurs, il enchaîne avec un "Self inflicted" avant de se compromettre une nouvelle fois avec le piteux "First your break it". Pathétique.

On est alors à 8 titres sur douze et on n'ira pas plus loin tant The sun comes out tonight est à la fois affligeant et insultant de médiocrité crasse. Presque R.I.P Filter.

Filter / Chronique LP > The trouble with angels

Filter - The trouble with angels Alors on va la faire courte d'entrée : si le reboot de Filter à l'occasion d'Anthems for the damned ne vous a pas convaincu, vous pouvez quand même tenter votre chance avec ce The trouble with angels qui pourrait bien vous réconcilier avec les auteurs de Title of record et Short bus. Pour les autres... vous devriez quand même rester jusqu'à la fin. Ceci étant dit, voir le groupe signer chez Nuclear Blast a pu surprendre, le label étant entre autres derrière des noms de la trempe de Candlemass, In Flames, Meshuggah, Primal Fear ou Samael, (une opportunité de faire vibrer le tiroir-caisse ?)... que l'on se rassure (ou pas), Filter n'a pas pour autant viré de bord. Et livre avec ce nouvel opus un pur album de power-rock testostéroné, pop, électronique et mélodique comme il sait le faire...
Le cas Filter prête pourtant à controverse : entre les pour et les contre, la différence est considérable et pour cause, le groupe est depuis son comeback entre deux feux. Et ce ne sont pas les trois premiers titres de The trouble with angels "The inevitable relapse", "Drug boy" et "Absentee father" qui vont répondre à toutes les interrogations. Car ne serait-ce que sur le second cité, il y a du bon gros riff bien cartons, de l'énergie à revendre et quelques breaks percutants à souhait qui confèrent à l'ensemble une efficacité redoutable, quand bien même il manque un "truc" : de la finesse dans les mélodies, une prise de risques inconsidérés, en clair le petit plus qui fait que la musique du groupe nous fasse réellement décoller. Mais ça va venir. Pour l'instant, il s'agit de rôder la mécanique.
Car Filter a encore quelques cartes à abattre ; au choix un "No love" en forme de single "tubesque", une ballade romantique (mais pas trop) avec "No-re-entry" et pas mal de titres bien couillus aux mélodies pop certes, mais aux riffs tranchants comme aux plus belles heures de sa carrière, le tout agrémenté de quelques petites touches électroniques ("Down with me", "Catch a falling knife", "Clouds"). On y est, le groupe est en mode "reborn" après un Anthems for the damned aux résonances très politiques mais qui du fait manquait paradoxalement d'un peu de personnalité. Et ça fonctionne plutôt pas mal, voire très bien. D'autant qu'en mettant un point final à son The trouble with angels avec "Fades like a photograph (Dead angel)", il démontre que dans une veine pop comme dans un registre rock dur aux atmosphères travaillés et aux arrangements bien troussés, il peut mêler écriture personnelle et efficacité béton.

Filter / Chronique LP > Anthems for the damned

filter_anthems_for_the_damned.jpg Après la fausse bonne idée qu'était le all-star band de luxe (ou en carton, c'est selon...) Army of Anyone (Richard Patrick + les frères DeLeo, transfuges de Stone Temple Pilots + Ray Luzier) avec un premier album complètement hors sujet et un échec relatif en termes de ventes, Richard Patrick ressuscite Filter début 2007, six ans après la sortie de The amalgamut. Le buzz est immédiat, mais désireux de faire les choses avec classe, l'homme s'entoure de John 5 (ex-Marilyn Manson), Josh Freese (APC, NIN) et Wes Borland (Limp Bizkit, Black Light Burns) afin de constituer un line-up studio 4 étoiles, le tout, sous la houlette de Josh Abraham (Velvet Revolver) à la prod. Là forcément ça en jette... Sur CD, encore fallait-il que ça assure mieux que sur les extraits postés sur MySpace (en même temps, vue la qualité de l'encodage "made in MS", ce n'était pas difficile...).
Malgré un visuel très "G.I Joe"(ou alors c'est du second degré, sic), Anthems for the damned ne démarre pas si mal. "Soldiers of Misfortune", single évident et calibré pour passer en heavy rotation sur les radios US s'acquitte fort bien de sa tâche : soit braquer l'attention sur le come-back de Filter en sortant une mélodie rock FMisée à souhait et quelques refrains bien inspirés. Certes, c'est ultra-mainstream, mais c'est plutôt bien fait et ça passe finalement plutôt bien comme mise en bouche. Et si les inconditionnels de Short bus doivent alors avoir quelques sueurs froides, Filter remet les compteurs à zéro (ou presque) avec "What's next" et ses riffs 90's... tellement d'ailleurs qu'on se croirait l'espace d'une demi-seconde chez Prong (une demi-seconde on a dit). Le résultat est catchy, très typé néo (trop d'ailleurs) mais l'ensemble se laisse écouter sans déplaisir. En attendant une petite tuerie... qui ne viendra jamais. On attendait un vrai retour de Richard Patrick aux affaires du rock et là c'est le drame. Le néant. "The wake", "Cold", "Lie after lie" ou "Hatred is contagious" et ne suscite qu'un ennui poli. Entre du mauvais Audioslave et Army of Anyone, Filter n'arrive qu'à proposer du déjà archi entendu.
On savait Richard Patrick capable de mièvreries niaises, là il a mis le paquet ("Kill the day") pour faire grimper aux rideaux les jeunes post-adolescentes en fleurs (sic) à coup de mélodies insipides posées sur de riffs supposément rock mais plus certainement marshmallow. Devant l'ampleur des dégâts, on joue alors au sauveteur post-09/11 et on se met en quête de quelconque extrait de morceau capable de tenir la route histoire de sortir un peu la tête du puit. Et en fouillant bien on parvient à extirper un "The take" bien énergique et gorgé en électricité... salvatrice. Quelques discrètes textures électroniques, une batterie qui matraque, des riffs à la fréquence de pulsations particulièrement élevée et un voilà un Filter qui sort enfin les crocs. "I keep flowers around" puis "In dreams" confirment notre impression du moment, à savoir que le groupe s'est enfin réveillé et nous sort de la semi-léthargie dans laquelle nous avions sombré. Anthems for the damned va finir par tenir la route... (peut-être). Richard Patrick et sa bande nous servent quelques titres bien péchus avant de retomber dans ses travers sur les (très) poussifs "Only you" et bien nommé "Can stop this". Deux derniers titres qui concluent piteusement un album au final bien décevant... Dommage, il y avait matière à faire mille fois mieux.

Filter / Chronique LP > The Amalgamut

Filter : the Amalgamut Malgré tout, Filter tourne pour assurer la promo et tenter de donner vie à ces titres, une légende voudrait qu'ils donnent parfois de bons concerts, elle nous fait espérer et nous amène à aller les voir/revoir... Après la tournée et une peu de vacances, le groupe se remet au travail, Ben Grosse assure toujours la production avec Richard Patrick. "Where do we go from here", sorti avant l'album, nous rappelle de bons souvenirs, Filter est de retour avec de nouvelles compos imparables ! Si sur la pochette (d'assez mauvais goût) l'amalgame ne se fait pas réellement sentir, The amalgamut qui sort en juillet 2002 laisse plus de place aux musiciens qui entourent le boss et pour la première fois, quelques titres sont signés du groupe dans son ensemble. Difficile cependant de différencier ces titres des autres, "So I quit" est très punchy, métalisé, rapide alors que "It can never be the same" est plus posé, plus lourd, plus froid, la fusion du groupe et de son leader a donc apparement bien opéré. Enfin, c'est quand même toujours Richard Patrick qui est le maître de Filter, et avec la paternité des compos que sont le cadencé "American Cliché", le jouissif "Columind", le sublime "The missing" (-You love to be cruel-) ou le plaisant "God damn me", il est difficile de lui reprocher quoi que ce soit, tant ces/ses titres sont bons. A chaud, il n'est pas évident de savoir si cet opus aura autant d'impact que le précédent mais Filter a réussi à ne pas nous décevoir avec The amalgamut alors qu'on pensait être comblé avec Title of record. En bonus, une partie multimédia propose une vidéo (à leur gloire), des liens (dont un pour accéder à une partie exclusive) et un remix de "Where do we go from here". En concert, le groupe stagne dans une déconcertante médiocrité, ou plutôt Richard Patrick stagne dans une déconcertante médiocrité puisque le groupe, lui, offre au public ce qu'il est en droit d'attendre, les morceaux du groupe dans des versions live de bonne facture, seul le génial créateur n'est pas à son aise, ne se sent pas impliqué dans ses textes alors qu'il focalise l'attention de tous...

Filter / Chronique LP > Title of record

Filter : Title of record Filter s'est enrichi de trois membres pour assurer les concerts. Ils rencontrent Frank Cavanagh dans un bar, il devient bassiste, Geno Lenardo sera lui guitariste et Matt Walker est engagé comme batteur. Ce dernier rejoint les Smashing Pumpkins en septembre 1996 et est aujourd'hui batteur de studio. Il a été remplacé après la tournée par Steven Gillis. L'été 97 voit le départ de Brian Liesegang qui, certainement étouffé par Richard Patrick, désire monter un projet solo... Le frontman endosse la quasi totalité de la création d'un nouvel album, il ne laisse que des bribes de compos à Frank et Geno sur Title of record qui sort en 1999. Graphiquement, la pochette reste dans le même ton, musicalement, l'évolution passe par le son, la production étant nettement meilleure que sur le premier opus. Il y a à nouveau 11 titres, et cette fois-ci, tous peuvent devenir des hits absolus ! "Welcome to the fold", "Take a picture", "The best things" le deviennent sans problème. Le son est plus agressif, la basse bien plus présente, la batterie est sensationnelle ("Cancer" !!!) et Richard Patrick chante admirablement bien. L'album est un des tout meilleurs de la décennie 90' et Filter aurait du devenir un des groupes majeurs de la scène rock internationale. "Aurait" parce que le groupe a un talon d'Achille (voire une jambe d'Achille !) : ses prestations live sont aussi décevantes que peuvent être captivants leurs albums. Alors qu'ils ont les moyens de rendre leurs concerts incroyables, ils les détruisent par manque de concentration et de travail. A Paris, en méforme, Richard Patrick suicidera même le show après 4 titres... Les fans sont déçus et n'ont pour se consoler qu'à se replonger dans la mélancolie de Title of record. Les élans de "Skinny", les échos de "Miss Blue", la rage de "Welcome to the fold", l'incommensurable emprise de "Cancer" ne vivront jamais leur plénitude en live mais leur existence sur CD est plus qu'une compensation ! Au rayon raretés le groupe reprend "One", un titre d'Harry Nilsson des années 60' pour la BO de X-Files en 1998 (et pour la face B du single "Welcome to the fold").

Filter / Chronique LP > Short Bus

Filter : Short Bus En 1995 sort l'album Short bus, son premier titre "Hey man, nice shot" devient un hit absolu, l'album est disque de platine aux USA. Le rock proposé par Filter est frais et sombre, rafraichissant par le chant ceux qu'assombrissent basse, batterie, claviers et guitares. Le groupe travaille les ambiances malsaines ("Spent", "It's over"), c'est surtout en cela que l'on pourrait les comparer à NIN, mais c'est tout, Filter n'est pas une bouture de NIN ! Le sens des mélodies et l'attrait pour la guitare acoustique ("Stuck in here", "So cool") surprend l'auditeur qui s'attache très vite aux compositions de Richard Patrick qui sait aussi lâcher des riffs plus tranchants ("Dose", "Take another") ou plus lourds ("Under", "White like that"). Les deux années qui suivent la sortie de l'opus seront presqu'entièrement consacrées aux concerts... Ils enregistrent également des titres pour des compilations ou des films comme "Hey bro" pour Songs in the key of X et "Jurassitol" pour The Crow : La cité des Anges en 1996 puis "(Can't you) trip like I do" pour Spawn en 1997.