Split F.Hiro - HOJP Le très peu voire pas du tout connu label associatif Rennais Ideal Crash se spécialise depuis 2005 dans la réalisation de splits d'artistes émergents français et étrangers, ce dans de beaux objets de collection en éditions limitées (citons en exemple le disque-poster 3 titres de Green Vaughan édité en 70 exemplaires). Voulant permettre aux musiciens d'"évoluer sans contraintes de formats ou de style tout en développant leurs projets, selon leurs envies et leurs influences, sans objectifs financiers ni contraintes artistiques", ce micro-label a crée une nouvelle collection depuis fin 2009, "The White Label Collection", imaginée par le duo de graphistes Rennais MTDM composé de Mathieu Tremblin et David Moreau. Cette série a l'allure d'une pochette vinyle mais en format CD, un joli clin d'œil à l'heure où le 33 tours refait progressivement surface dans toutes les bonnes (enfin, ce qu'il en reste) et mauvaises (suivez mon regard) crèmeries ; et où le CD n'a plus vraiment d'avenir. La dernière sortie en date, White Label Vol.3, offre l'occasion au groupe F.Hiro et à l'anglais House Of John Player de se présenter à un public amateur de pop-électro un tantinet ouvert aux expérimentations. Des artistes à l'image d'Ideal Crash (un lien avec l'album de dEUS ?) qui ont une vision clairevoyante de la musique à savoir une indépendance assumée et donc une liberté d'expression inaltérable. Six titres sont au menu, trois pour chaque groupe, l'honneur est aux locaux puisqu'F.Hiro débute en douceur par un "Ichigo no kumo" minimaliste mais dont les mélodies et les voix bercent nos oreilles. C'est propre et façonné comme l'est tout autant "She fools me" où l'univers est pour le moins différent. Plus dansant, ce titre est le plus accessible du split et semble faire un peu tâche au milieu des autres plus oniriques et dérangeants par moment à l'instar de ceux de HOJP. F.Hiro termine la première moitié de ce disque par l'envoutante "Alive" où le beat marque le pas sur d'amples nappes de claviers. Quand House Of John Player entre en scène, cela ne passe pas inaperçu car le one-man band anglais casse considérablement la dynamique engagée par les Rennais. "Fristaden" est une plage que l'on pourrait dédier à l'habillage sonore d'une conquête spatiale. Entre noise et shoegaze, le gaillard impose son style marqué de bricolages rythmiques, d'arrangements électroniques simplistes qui peut être agrémenté d'un apport vocal fort charmant ("Sleeping around"). Deux entités aux genres différents pour un seul et même disque, c'est le pari qu'a tenté ce jeune label qui n'a peut-être pas d'argent mais qui a des idées. On encourage cette belle initiative.