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Eyesberg, formation composée de Manu, Stef et Aldric, est une masse de glace flottante née en septembre 2007 et détachée des glaciers Clumsy, Blumen et Death by the Sin, pour mieux voguer en toute indépendance à travers les immensités arctiques. Après avoir tous évolué au sein de combos rock avec chanteur, les trois se trouvent alors un point commun : celui de vouloir orienter leurs compositions vers quelque chose de plus instrumental et sortir ainsi du strict cadre du format "chanson". Avides de sons "différents", ils recrutent alors Caroline au clavier et ajoutent des samples afin d'enrichir leurs morceaux. Le quatuor sort rapidement une première démo enregistrée en octobre 2007. Un "brouillon" fourmillant d'idées dans lequel le groupe se retrouve même s'il cherche à encore à affiner son style. Post-rock, Eyesberg l'est évidemment, mais le groupe, s'il utilise cette étiquette, c'est pour mieux l'assumer et guider l'auditeur à travers sa musique. En 2008, le quartet fait évoluer sa musique vers quelque chose de plus prog dans l'esprit, tout en gardant ses fondamentaux post-rock via un EP baptisé Crownland.

Eyesberg / Chronique EP > Crownland

eyesberg_crownland.jpg On pouvait penser (à tort) en écoutant les toutes premières secondes de Crownland qu'il s'agissait là d'un énième groupe de post-rock, sympathique mais finalement très quelconque. Une musique certes élégante mais qui après deux morceaux, aurait pu se retrouver piégée par la fonte des glaces dans quelque chose de trop restrictif pour un groupe qui revendique le désir de ne pas faire forcément la même chose que le voisin. Et si "-10°" est à ce titre un morceau post-rock pur fort sympathique, un essai au final éruptif à souhait qui suit le schéma de bons nombres de groupes contemporains, la suite surprend un peu plus. Eyesberg a décidé de jouer avec l'auditeur. Assumant parfaitement son étiquette post-rock, il l'aiguille dans ce genre pour mieux le faire dériver par la suite vers des horizons plus rock progressif. Car dès "-20°", le groupe densifie sa musique, rajoute quelques blocs de glace et sort les griffes pour assommer l'auditeur à coup de gros riffs incisifs et de section rythmique qui déroule, avant un final psyché "Floydien" à souhait. D'un point de vue instrumental, l'ensemble est maîtrisé, tant formellement qu'artistiquement, par contre, là où le bât blesse, c'est au rayon samples, qui bien souvent ne font qu'alourdir le propos du groupe ("-30°"). Climax de ce mini-album, "-40°" est un titre qui a la particularité de sublimer les défauts comme les qualités d'Eyesberg : orchestrations épiques, mouvements rock progressifs, guitares puissantes, mélodies au souffle métallique, le groupe hausse le ton et envoie les décibels. Le réchauffement climatique occupe les esprits, la nature doit reprendre ses droits, quoiqu'il en coûte. Dans cet esprit, "-50°" laisse entrevoir un groupe qui en avait sous la pédale et qui à l'heure de conclure ce Crownland lâche les chevaux pour imposer son jeu. Catchy, efficace, plutôt inspiré et particulièrement maîtrisé, Eyesberg séduit. Saura-t-il concrétiser prochainement toutes les attentes qu'il suscite désormais ? C'est tout le mal qu'on lui souhaite...