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Biographie > Ersatz de Creed ?

En 2010, soit un an après sa création, Evenline avait signalé son existence sur notre forum, leur EP démo The coming life voyait le jour et le groupe francilien commençait à avoir de bons retours. Il décrochait même la première partie d'Alter Bridge au Luxembourg... Aujourd'hui, le quatuor est formé d'Arnaud au chant, Fabrice à la guitare, Thomas à la basse et d'Olivier à la batterie (les deux Julien ayant quitté le navire), a signé chez Dooweet, a enregistré son album avec Jim Dewailly, l'a fait masterisé par Tom Baker (dont le CV regorge de grandes références genre Stone Temple Pilots, Nine Inch Nails, Alter Bridge, Ministry ...) et le sort avec un artwork et un titre qui ravira les amateurs de la trilogie Matrix : Dear Morpheus.

Interview : Evenline, In interview (mars 2017)

Evenline / Chronique LP > In tenebris

Evenline - In tenebris Dés les premières secondes de ce nouvel album, on comprend que Evenline n'est pas resté campé sur sa position à jongler entre grunge et métal dans l'ombre de Creed / Alter Bridge, non, les mecs ont choisi de muscler leur jeu et leur son, on se retrouve donc avec une ambiance bien plus métallique. Avec un titre comme In tenebris, on pouvait s'y attendre mais entre vouloir assombrir le propos et réussir à ternir ses guitares, ses rythmiques et noircir le vocabulaire, il y a une marge. Evenline franchit donc "clairement" (ahah) un cap en présentant une facette plus obscure de sa personnalité.

Pour autant, que les fans de la voix d'Arnaud et de son style proche de Scott Stapp / Aaron Lewis soient rassurés, cette tonalité est toujours bien présente. C'est l'ensemble qui s'est métallisé, les frappes sont plus sèches, les distorsions plus agressives (avec même un mini solo sur "Straitjacket"), le chant lead garde ses charmes mais trouve des ressources pour envoyer des choeurs et des passages plus gras, mêmes les murmures deviennent rageurs ("All against me"). Le contraste entre les parties bien métal et le chant très pur donne beaucoup plus de relief à l'ensemble et promettent de la sueur en concert ("Silene capensis", "From the ashes"). Au milieu de ces vagues de riffs, Evenline a osé placer sa reprise de Jamiroquai, le faire en live, c'était déjà couillu, l'enregistrer et l'intégrer à l'album, ça l'est davantage et grâce à une intro bien travaillée, le "Deeper underground" du cowboy de l'espace passe comme une lettre à la poste (enfin, pas la poste du bled d'Aurelio, une poste qui fonctionne), la cover est suffisamment transfigurée pour être intéressante même si Arnaud a peut-être parfois un peu trop cherché à reprendre le phrasé si typique de l'original... alors que la fin plus brutale ne fait pas tâche.

Alors qu'après son détour acoustique (du plus bel effet), on pouvait penser qu'Evenline chercherait à arrondir davantage les angles et jouer sur la chaleur qu'ils sont capables de dégager pour séduire un public plus large, les Franciliens ont opté pour la difficulté et le durcissement de leur identité. Quand les prises de risques sont des réussites, il faut le dire alors je le dis, bravo les gars.

Evenline / Chronique EP > In the arms of Morpheus

Evenline - In the arms of Morpheus 2015 a plutôt réussi à Evenline qui a écoulé tout son stock de Dear Morpheus et a sorti un EP acoustique fin novembre intitulé In the arms of Morpheus. C'est cet EP que nous chroniquons aujourd'hui même s'il nous est offert en bonus de l'album réédité en version deluxe. L'opus ayant déjà fait l'objet d'un article, on se consacre donc uniquement au "bonus", à savoir la galette comprenant 5 titres en version acoustique (même si on te met l'artwork de la pochette de la version double CD). Gagnant encore en clarté, en luminosité, le dépouillement de ces titres efface quelque peu la référence Creed ... pour la remplacer par une autre, celle de Staind, Aaron Lewis ayant lui aussi cette facilité à nous toucher en quelques mots (qu'il soit seul avec sa guitare unplugged ou pas d'ailleurs). Parce qu'il faut bien l'avouer, plus qu'une influence, c'est la classe de l'ensemble qui nous submerge à l'écoute de cet EP sans faille, les morceaux sont retravaillés, le son est d'une beauté exceptionnelle et bien que tout en acoustique, In the arms of Morpheus nous électrise ! Chaire de poule, frissons, émotions, Evenline provoque de sacrées sensations preuve (s'il en fallait) que leurs compositions sont bonnes, quelles que soient leurs formes. Encore !

Evenline / Chronique LP > Dear Morpheus

Evenline - Dear Morpheus Ce cher Morpheus, celui qui croit en la prophétie et fera tout pour que l'élu libère les humains, c'est aussi celui qui a pour mission d'effacer les mauvais souvenirs pour Evenline dans le titre éponyme. Un titre qui comme beaucoup d'autres sonne énormément comme ceux de Creed (notamment celui de My own prison), la voix, le ton, le timbre, les attaques mélodieuses, tout chez Arnaud semble inspiré par Scott Stapp et comme ses comparses sont eux aussi amateurs du combo floridien (ou de ses suites comme Alter Bridge), Evenline me rappelle sans cesse Creed... que j'aime beaucoup. Du coup, je me retrouve aussi à aimer Evenline. Et oui, je suis toujours fan à la fois de grunge et de métal et quand des mecs mélangent les deux, ça me parle tout de suite... Ici, certains titres sont très agressifs (ce "Without you" dont j'ai du mal à me lasser, "Hard to breathe") et donc franchement métal et si cela permet au groupe de se démarquer de ses aînés, il est aussi un peu moins persuasif dans ce domaine, l'efficacité étant bien plus présente sur les passages "rock" voire même les parties plus langoureuses ("A letter to a grave", "Already gone", "Eternal regrets") que certains ne manqueront pas de tailler en pièce parce qu'il n'est toujours forcément pas bien vu de faire un "slow"...

Au final, les Parisiens ont les défauts de leurs qualités, à savoir qu'ils sont très bons dans ce qu'ils font (sorte de power grunge) mais que d'autres l'ont fait avant eux... Ce n'est qu'un premier album, laissons-leur le temps d'affiner leur propre identité et se détacher de leurs modèles.