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Né en janvier 2002 du côté de Lille suite à la rencontre de 5 musiciens venus d'horizons assez divers, Errata est un groupe qui navigue selon son humeur à travers les différentes sphères du Rock avec un grand "R". Après trois années d'expérimentations diverses et variés afin de trouver une identité propre au groupe, Errata se décide à évoluer dans des registres indie-rock aux effluves post-rock mâtinées de screamo-post-hardcore. En 2008, les nordistes sortent leur premier EP autoproduit : Modus operandi.

Errata / Chronique LP > L'autre hémisphère

Errata - L'autre hémisphère Cinq longues années après le remarquable Modus operandi et avec un nouveau batteur, Errata revient hanter nos esprits avec son hardcore et son rock auxquels il faut impérativement ajouter le préfixe "post". Le groupe sait varier admirablement les passages calmes et clairs aux moments les plus mouvementés et criés, avec entre les ambiances instrumentales et les plus hurlés des temps où le chant nous parle pour mieux nous troubler ("Narcisse est mort" ou "Empreintes" sur lequel je pense à une version obscure d'Agora Fidelio), les textes sont alors plus compréhensibles (ils sont tous disponibles avec le CD), poétiques et sombres, ils sont personnels ("je", "tu", "nous" sont les sujets les plus utilisés) et ne permettent pas de trancher sur la question de L'autre hémisphère, est-il question de notre cerveau ou de géographie (plutôt des deux si je devais choisir...). Des mots poignants ou absents (quelques lignes seulement durant les 9 minutes de "Dernière escale avant naufrage ") durant cette heure passée en compagnie des Lillois qui excellent aussi dans l'utilisation de leurs instruments, sachant en sortir toute la douceur ou tout le venin qu'il faut quand il faut.

Des références citées par le passé, je n'en retiendrais qu'une : Cult of Luna, tant ombre et lumière se côtoient avec délice sur ces huit pistes, un talent rare plutôt bien représenté par les Suédois. Avec une production plus musclée (notamment la batterie dont les frappes sur les peaux sont un peu étouffées), les Nordistes pourraient même rivaliser avec d'autres comparses au niveau international ! Véritable démonstration de ses forces, l'album d'Errata atteint toutes les cibles, touchant en plein coeur par les attaques d'un chant hurlé, tailladant l'épiderme avec des riffs abrasifs, tapant au foie avec une rythmique pénétrante puis pansant les plaies avec de somptueuses harmonies à la délicatesse incandescente dont on doit se méfier, mais telles les coulées de lave d'un volcan, on est hypnotisé par leurs beautés et on finit par s'y brûler.

Au rayon post-hardcore de grande classe, L'autre hémisphère se place comme l'un des disques de l'année (même si Vertikal a frappé fort). Ceux qui avaient oublié Errata auront l'agréable surprise de se prendre cette jolie mandale et surveilleront les dates de concert du groupe pour ne pas les rater, ce serait criminel.

Errata / Chronique EP > Modus operandi

Errata - Modus operandi Quatre titres seulement, mais plus de 36 minutes de musique, Errata prend le temps d'explorer les sphères du rock au sens large tout en flirtant avec ses frontières les plus éloignées. N'hésitant pas à partir d'une base rock indie ascétique pour se laisser aller à céder aux tentations post-hardcore corrosives d'un screamo-rock littéralement éruptif, le début d'"Adventice" s'inscrit ainsi dans la lignée de l'artwork de ce Modus operandi, ombrageux mais épuré, naturaliste et ambivalent. Entre clair et obscur, le groupe développe une musique au faux-rythme assumé avant de laisser éclater sa rage dans des élans screamo-post-hardcore mordant, acerbes et bouillonnants d'une furie à peine contenue. Une efflorescence métallique, des instrumentations plus rock indé, un spoken words habité, Errata navigue à vue entre apaisement méditatif et crescendo abrasif poussés au bord de la rupture. Paradoxale sinon lunatique, la musique des lillois se nourrit de ces deux visages composant les versants antagonistes d'une même oeuvre de nature finalement très humaine. La lumière semble faire oublier la douleur, mais les ténèbres ne sont jamais loin et les fantômes qui viennent hanter l'âme d'Errata rodent en permanence autours de cet effort.
Entre Mogwai et Explosions in the Sky d'un côté, Shora et Cult of Luna de l'autre, la formation lilloise trouve le parfait point de convergence des identités musicales et s'en empare pour les apprivoiser puis en distiller l'essence à travers "Comme un arrière de goût de cendre". Un substrat rock aux effluves métalliques que le groupe dévoile à l'auditeur en se jouant des ambiguïtés d'une fusion contre-nature, de cette collision claire/obscure aux innombrables dégradés de couleurs. Noir ou blanc, blanc ou noir... et au milieu, la fin, la désolation... ou au contraire, le renouveau, une renaissance après le chaos portée par des guitares toujours sur le fil du rasoir et un chant qui exsude une colère froide, une rage brute qui ne demande qu'à enfoncer les cloisons, craquer une allumette et purifier les enceintes par les flammes. Des textes sombres et lucides, une fragilité apparente et la conscience des faiblesses que supposent la condition humaine. A travers les ténèbres, le désespoir et finalement, l'ultime soupçon d'espoir qui transparaît à travers l'envolée mélodique de l'éponyme "Modus operandi", le groupe navigue entre ombre et lumière. En guise de conclusion à cet EP, Errata nous dépose délicatement entre les tympans l'abrasif et impétueux "Nephelion". Un dernier titre fleuve (onze minutes et des poussières) accentuant la confusion de nos sentiments, mettant tous nos sens en alerte, guitares qui s'enflamment au contact des geysers d'eau brûlante, nous poussant ainsi dans l'oeil d'un cyclone émotionnel à nul autre pareil... Classe.