The Enterprise - The enterprise Faut croire que le désormais sanctifié Alain Bashung avait des dons extralucides en prédisant que sa petite The Enterprise ne connaitrait pas la crise : il avait sans aucun doute eu la vision d'un groupe made in Bayonne capable de déboiter une armée d'épaules blasées, comme ça, l'air de rien. Bien vu Alain.
Dès les premiers instants, le groupe affiche ses intentions avec un titre intitulé "Breaking III laws" : ça pue le Zeke qui s'adonne à une séance d'échanges de fluide avec les Victims : ça file tout droit, punk'n'roll as fuck, avec un traitement crusty totalement dévastateur. Le riff de "Master system", le second titre, n'est pas forcément méga-original mais on replonge avec un plaisir total dans le bain à remous : efficace, dans le sens noble du terme, et le meilleur reste à venir. Notamment avec la 3e confrontation sonore "Pluton and Prosperine" ou Emilie de Monarch! (ils sont issus du même coin) se frotte à un registre très aigu, complètement inhabituel pour elle, sur une torpille hard-rock'n'roll digne des derniers Motörhead : waouh, waouh, waouh !, il y a franchement de quoi jubiler sur la qualité de cette plage... D'ailleurs, en parlant de Monarch!, même si le morceau "Mega city one" repart sur les mêmes bases que les pistes précédentes, c'est à dire faster faster pussycat !, le groupe ralentit soudainement le rythme et part dans une direction drone-sludge digne de Mer morte : surprenant et carrément dépaysant pour le coup. Mais c'est qu'une intermède hein, il serait malheureux de taxer ce morceau de crise identitaire, le groupe se fait plaisir et c'est communicatif, si tu aimes la pesanteur... "Fondation" renoue le avec le melting-rock braillard tandis que sur "Behind the plan", The Enterprise se rapproche d'un Torche qui aurait gardé toutes ses aspérités. Il reste encore 4 titres et non des moindres, entre autres le jouissif et "desert-crust-rock" "Mulholland Drive", et deux choix s'offrent à toi : aller sur bandcamp et écouter le disque et/ou aller sur bandcamp et écouter le disque. Comment ça c'est la même chose ? Le W-fenec lève les deux pouces vers le haut.

Note de Cactus : le vinyle est vraiment classe de chez classe.