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Rock
Enhuma
Biographie > Inhumer l'inhumain
Né en 2003 à Brest, Enhuma a eu le temps, depuis, de donner une trentaine de concerts, enregistrer une démo, remporter un challenge de la ville de Brest et le prix de la créativité 2005 de la Sacem, et fonder une association "Figurine burlesque". Tandis que l'asso organise son premier concert il y a un an, le groupe enregistre en autonomie son premier album au printemps 2006. C'est en octobre que le groupe, composé de David (chant et clavier), Pascal (guitare), Eric (basse) et Olivier (batterie), sort La tête dans la chèvre, un album de fraggle rock.
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Enhuma / Chronique LP > La tête dans la chèvre
Et dire que j'ai failli ignorer cet album ! En effet, les premières écoutes de La tête dans la chèvre n'ont pas été très convaincantes. Cet assemblage d'idées, fusant de toute part, sans réelle colonne vertébrale n'a guère retenu mon attention. Mais comme le travail apporté à la production, au packaging (un digipack sympa) et au visuel était réalisé consciencieusement, sans compter que l'ensemble n'était tout de même pas imbuvable, le disque avait droit à sa petite rotation hebdomadaire... jusqu'à ce que je consacre un peu plus de temps à la galette. En effet, à force d'écoutes, la chèvre que j'avais dans la tête (pardon, on me souffle que c'est le contraire) a fini par se laisser domestiquer.
Avant de tenter toute comparaison, il semble utile d'exposer ce que le groupe entend par "fraggle rock" : une musique sans réelle limite, divaguant du rock au jazz, du funk à la pop sans oublier des ajouts noise ou même des ingrédients coreux. Autant dire qu'Enhuma (se) distrait en propageant des morceaux non conventionnels, au contenu hétéroclite dont on ne peut nier les allures de "Pattoneries".
Enhuma fait donc partie de ses groupes de "rock passé au checker", passant de plans funky au métal, variant d'un chant planant à des passages hurlés, le tout couvert d'un amoncellement d'élucubrations plus ou moins amusantes. Pour orienter votre boussole, les amateurs de Delicatessen (pour les séquences les plus ambiantes, étalant des moments de doute comme "Paul"), d'Anthurus D'Archer (et leur folie sanguinaire de melting-pot acoustique), de Flying Pooh (et de Viva san-antonio en particulier), d'Empalot (pour les timbres de voix et la liberté de traitement (thermique) de son métal), de Ed Mudshi ou de Psykup (et les agitations qu'ils peuvent générer) et enfin de Biocide (et leurs frasques intergalactiques) trouveront sûrement de quoi se satisfaire avec tout ou partie de cet album.
Enhuma a construit un patchwork multi-textures et multicolore, n'hésitant pas à générer un fossé entre des atmosphères souples et des beuglements bien plus primitifs. La durée des morceaux varie d'une poignée de secondes (le grindcoreux "Gi-17") à 8 minutes (l'épreuve réussi de "Porky pink lady") et le joyeux décalage s'insère jusque dans les titres choisis : "Stridulation gourmande à coeur ouvert", "##" ou "White cowboy without shoes".
Dommage tout de même que La tête dans la chèvre ne retienne pas l'attention plus rapidement et ne soit pas plus unifiée dans sa diversité, ce qui en font quelques faiblesses. Des armes qui manquent encore au groupe mais Enhuma pourrait surprendre la prochaine fois si ils parviennent à s'en emparer !
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